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Cycle Bertolt Brecht-Deuxième émission- "L’Achat du cuivre, la Weigel, Shakespeare"

2h
À retrouver dans l'émission

Atelier Brecht, etc…

Un cycle Bertolt Brecht

Proposé et produit par Jean Jourdheuil et Jean-Louis Besson

Réalisation : Jean-Matthieu Zahnd

« Il s’agit d’appréhender l’œuvre de Brecht comme un travail d’atelier supposant l’existence et la participation de collaborateurs et collaboratrices : le décorateur Caspar Neher, le metteur en scène Erich Engel, les collaboratrices littéraires : Elisabeth Hauptmann, jusqu’au départ pour l’exil et de nouveau après le retour à Berlin-Est, Margarete Steffin pendant l’exil scandinave, Ruth Berlau, à partir du séjour danois et surtout après le décès de Margarete Steffin et aussi quelques comédiens et comédiennes, Helene Weigel, bien sûr, qui après le retour d’exil sera la pierre angulaire du Berliner Ensemble, mais aussi, momentanément, Charles Laughton qui, aux USA, créera le rôle de Galilée. Le théâtre de Brecht n’est pas une pure entreprise littéraire c’est le résultat d’un travail d’atelier comme il y eut, à la Renaissance, des ateliers constitués autour de tel ou tel peintre et rassemblant disciples et collaborateurs. L’atelier Brecht fut dans l’exil un espace utopique qui deviendra, non sans mal, en Allemagne de l’Est le Berliner Ensemble. »

Jean Jourdheuil et Jean-Louis Besson

Suivront 2 autres émissions les :

6 Mars r 2011, 20h – 22h

Brecht et ses musiciens : Kurt Weill, Hanns Eisler, Paul Dessau

13 mars 2011, 20h – 22h

La pièce de Heiner Müller : Germania 3 Les spectres du Mort Homme.

Deuxième émission

L’Achat du cuivre, la Weigel, Shakespeare

Outre le système d’échos entre les pièces et les fragments de L’Achat du cuivre , le fil rouge de la deuxième émission pourrait être le parcours d’Helene Weigel. Brecht avait remarqué le jeu de cette comédienne à la fin des années 20. Il l’épousa, lui fit jouer, en 1932, le jour anniversaire de l’assassinat de Rosa Luxemburg, le rôle de « la mère » dans la pièce, qu’il avait écrite à partir du roman de Maxime Gorki. Peu après ils partirent pour l’exil. Helene Weigel, ne parlant que l’allemand, jouait rarement elle était « la mère », elle élevait les enfants. A Paris, pour un public d’exilés allemands, elle joua quelques scènes de Grand’peur et misère du IIIème Reich notamment La femme juive : Weigel était juive de nationalité autrichienne. Elle fit son retour sur les planches après la guerre une fois revenue en Europe, à Coire, en Suisse, en 1948, dans le rôle d’Antigone. Pour ce spectacle Brecht adapta la traduction de la pièce de Sophocle par Hölderlin et écrivit un prologue qui est un petit chef d’œuvre d’écriture littéraire brechtienne dont on retrouve les échos dans certains textes de la pièce de Heiner Müller La Bataille . Le retour théâtral de Brecht et de Weigel à Berlin-Est fut, en 1949, la représentation de Mère Courage et ses enfants dans une mise en scène de Brecht par la troupe du Berliner Ensemble sur la scène du Deutsches Theater. Ce spectacle fut présenté à Paris en 1954. Le compte-rendu de cette représentation par Roland Barthes donna le coup d’envoi du « brechtisme français ».

Brecht n’obtiendra son théâtre, le Theater am Schiffbauerdamm, qu’en 1954. Mais dès la fin des années 40 il se pose le problème de rassembler et de penser la cohérence de l’ensemble de son œuvre : les pièces des années 20, celles d’avant l’exil, celles écrites durant l’exil scandinave puis américain, et plus tard le théâtre à inventer à Berlin-Est au temps de la « guerre froide » entre le bloc de l’Est et le bloc de l’Ouest. Sa mort prématurée mettra fin à cette tentative de rassemblement des membres épars d’une œuvre constamment remise sur le métier depuis Dans la jungle des villes jusqu’à Maître Puntila et son valet Matti et au delà. L’Achat du cuivre demeura inachevé. La grandeur de ce texte est dans son inachèvement.

Une autre préoccupation court à travers l’œuvre de Brecht, une ambition récurrente : Shakespeare. Cette préoccupation s’exprime ponctuellement dans L’Achat du cuivre à propos de pièces variées : Hamlet , Le roi Lear , Macbeth , mais elle est manifeste aussi dans l’écriture de La vie d’Edouard II d’Angleterre d’après Marlowe (en 1924), de Mère Courage et ses enfants (en 1939-1941) ou dans l’adaptation de Coriolan (au début des années 50), à chaque fois à travers les filtres différents des divers contextes historiques dans lesquels Brecht formule et reformule cette ambition shakespearienne. Le problème pour lui n’est pas seulement de mettre en scène « un » Shakespeare, son ambition est d’une autre nature.

Merci au Berliner Ensemble pour les archives sonores de leurs spectacles.

Avec :

Bernard Ballet, Philippe Morier-Genoud, Christophe Brault, Cedric Weber, Christian Benedetti, Jean-Pierre Kalfon, Dominique Reymond, Pierre Baux, Flora Brunier, Marion Bottollier, Jean-Paul Bezzina, Claire-Anne Ménaucourt, Alexandre Aubry, Julien Lacroix, Martin Selze, Vincent Joncquez

Etienne Enselme, Géraldine Navel, Guillaume Marquet, Luce Mouchel, Laurent Lederer, Florence Le Corre, Andrea Schieffer

Equipe de réalisation : Serge Ristitch et Eric Villenfin

Assistante de réalisation : Delphine Lemer

L'équipe
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