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Cycle Bertolt Brecht- Quatrième émission -"La pièce de Heiner Müller : Germania 3 Les spectres du Mort Homme"

2h
À retrouver dans l'émission

Atelier Brecht, etc…

Un cycle Bertolt Brecht

Proposé et produit par Jean Jourdheuil et Jean-Louis Besson

Réalisation de Jean-Matthieu Zahnd

« Il s’agit d’appréhender l’œuvre de Brecht comme un travail d’atelier supposant l’existence et la participation de collaborateurs et collaboratrices : le décorateur Caspar Neher, le metteur en scène Erich Engel, les collaboratrices littéraires : Elisabeth Hauptmann, jusqu’au départ pour l’exil et de nouveau après le retour à Berlin-Est, Margarete Steffin pendant l’exil scandinave, Ruth Berlau, à partir du séjour danois et surtout après le décès de Margarete Steffin et aussi quelques comédiens et comédiennes, Helene Weigel, bien sûr, qui après le retour d’exil sera la pierre angulaire du Berliner Ensemble, mais aussi, momentanément, Charles Laughton qui, aux USA, créera le rôle de Galilée. Le théâtre de Brecht n’est pas une pure entreprise littéraire c’est le résultat d’un travail d’atelier comme il y eut, à la Renaissance, des ateliers constitués autour de tel ou tel peintre et rassemblant disciples et collaborateurs. L’atelier Brecht fut dans l’exil un espace utopique qui deviendra, non sans mal, en Allemagne de l’Est le Berliner Ensemble. »

Jean Jourdheuil et Jean-Louis Besson

Quatrième émission

La pièce de Heiner Müller : Germania 3 Les spectres du Mort Homme.

L’Atelier Brecht, etc … va survivre à la mort de Brecht et à la canonisation dont il fera l’objet dans les années 60. De là le Etc… La mauvaise herbe brechtienne passera le cap des années staliniennes et post-staliniennes. Certes, les prolongements ne se laissent plus subsumer sous le nom de Brecht mais ils n’explosent pas non plus dans toutes les directions. Or il se passe avec Heiner Müller, dans la postérité brechtienne, un phénomène qui retient l’attention. Müller commence à écrire pour le théâtre immédiatement après la mort de Brecht sa première pièce L’Homme qui casse les salaires fait de lui un candidat sérieux au titre d’héritier et de successeur de Brecht. Mais, en 1961, l’interdiction de sa pièce La Déplacée ou la vie à la campagne et son exclusion de l’Union des écrivains confrontent Heiner Müller à la précarité de sa situation. Pendant une bonne décennie il se retrouve, dans son pays, au ban de la République des Lettres. Son expérience vécue et ses curiosités littéraires le conduisent à conjuguer de fait, dans les pièces qu’il écrit alors et qui ne sont pas représentées, des ambitions littéraires diverses et apparemment incompatibles : Brecht, Beckett et Genet. C’est ainsi qu’il en vient, par la force des choses et par la grâce des punitions et vexations qui lui sont infligées, à prolonger Brecht tout en le renversant, en l’inversant. Le Philoctète de Müller est à cet égard exemplaire. Mais on pourrait aussi citer Hamlet-machine , La Mission et Quartett trois pièces écrites après un séjour de neuf mois aux États Unis à l’invitation d’un groupe de germanistes brechtiens de l’Université d’Austin (Texas) en 1975-76. La pièce Germania 3 Les spectres du Mort Homme dont il achèvera la mise au point aux États Unis quelques mois avant sa mort peut être lue comme un panorama du XXème siècle en pointillé, de la Première Guerre mondiale à la chute du mur de Berlin et la réunification allemande. Cet arc tendu à travers le siècle passé s’organise autour de deux figures doubles, deux têtes de Janus : Hitler-Staline et Brecht-Müller. Heiner Müller, en effet, durant les dernières années de sa vie avait été la figure emblématique du Berliner Ensemble sa dernière mise en scène fut La Résistible ascension d’Arturo Ui – qu’il voulait intituler : L’Irrésistible ascension d’Arturo Ui , mais les héritiers Brecht s’y opposèrent – et il invita, la même année, l’auteur et metteur en scène Einar Schleef à mettre en scène Maître Puntila et son valet Matti . Schleef jouait lui-même le rôle de Puntila. Müller et Schleef, faisant de Brecht un spectre, plaçaient ainsi son œuvre et le souvenir de sa personne sur une orbite shakespearienne. La doxa brechtienne était retournée comme un gant.

Avec : Paul Adam, Quentin Baillot, Pierre Baux, Christian Benedetti, Marc Berman, Bernard Bouillon

Marion Bottolier, Lara Bruhl, Samuel Churin, Jean-Luc Debattice, Simon Duprez, Alain Fromager

Jean-Pierre Kalfon, Jean-Marc Lallement, Guillaume Marquet, Claire-Anne Menaucourt, Miglen Mirchev, Geneviève Mnich, Philippe Morier-Genoud, Martine Pascal, Gérard Watkins, Cédric Weber, Marc Wells

Assistante de réalisation : Lise-Marie Barré

L'équipe
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