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Discours sur le colonialisme

1h59
À retrouver dans l'émission

Cycle consacré au théâtre de Aimé Césaire
Dimanches 17, 24 Novembre et 1 er Décembre 2013

En 2013, Aimé Césaire aurait eu Cent ans. A l’occasion de la création d’Une saison au Congo à Villeurbanne puis à Sceaux, dans la mise en scène de Christian Schiaretti, directeur du TNP, nous avons voulu, sur France Culture marquer ce centenaire, à travers l’œuvre théâtrale de l’écrivain.

Aimé Césaire est un très grand dramaturge, capable d’écrire pour de très nombreux acteurs, et embrassant l’histoire et les mythes dans des pièces amples, se déroulant comme des épopées. L’écrivain a écrit quatre grandes pièces, La tragédie du roi Christophe, Une tempête, Et les chiens se taisaient, et enfin Une saison au Congo. Ce cycle diffusé dans Théâtre&Cie, fera donc entendre deux de ces pièces : Une tempête (enregistré avec les élèves du Conservatoire national Supérieur d’art dramatique de paris) et la captation de l’excellent spectacle Une saison au Congo, captation diffusée le dernier jour de l’exploitation du spectacle à Sceaux.

Dans une troisième émission, nous diffuserons Le discours sur le colonialisme, un texte important, engagé, qui avait été lu en public et enregistré pendant le festival d’Avignon en 1989 par le metteur en scène Antoine Vitez.

Aimé Césaire vu par Daniel Maximin

Poète, dramaturge et homme politique, passeur considérable du XXe siècle,

Aimé Césaire a joué un rôle essentiel dans la prise de conscience des acteurs politiques et culturels de la décolonisation avec, notamment, ses frères poètes Léopold Sédar Senghor et Léon Damas.

Né le 26 juin 1913 à la Martinique, sa mort, le 17 avril 2008 à Fort de-

France, lui a valu en France des obsèques nationales suivies dans le monde entier.

Dès son premier texte de 1939, Cahier d’un retour au pays natal, et tout au long de son œuvre, s’affirme la volonté de peindre la métamorphose de cette foule inerte, brisée par l’histoire, « l’affreuse inanité de notre raison d’être », et par la géographie – « îles mauvais papier déchiré sur les eaux » – en un peuple à la fin debout et libre, debout

à la barre, « debout à la boussole, debout à la carte, debout sous les étoiles ». Dans son théâtre, Et les chiens se taisaient, 1946, La Tragédie du roi Christophe, 1963, Une Saison au Congo, 1966, et Une Tempête, 1969, défilent une galerie de bâtisseurs ni dieux ni diables, manifestant lucidement la renaissance de la tragédie sur les ruines de l’histoire pour l’enracinement de la liberté : « Invincible, comme l’espérance d’un peuple… comme la racine dans l’aveugle terreau. »

Daniel Maximin

Présentation de la soirée par Blandine Masson et Daniel Maximin :

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9 min
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Rediffusion du 18/09/1989

Discours sur le colonialisme, d’Aimé Césaire

Lu par Antoine Vitez

Le Discours sur le colonialisme est un pamphlet anticolonialiste d'Aimé Césaire, paru aux éditions Réclame en 1950, puis à Présence africaine en 1955. L'auteur dénonce avec force la barbarie interne à la civilisation occidentale, qui trouva un exutoire en dehors de l'Europe, avec l'implantation coloniale. À des territoires européens de droits et de libertés, Césaire oppose des territoires extra-européens colonisés, soumis à l'oppression et à la haine, au racisme et au fascisme. À des pratiques démocratiques et policées en Europe, il oppose des actions violentes et criminelles commises dans les colonies. Ainsi, moins d'un an après le début de la guerre d'Algérie, il s'élève contre la torture infligée par l'armée française aux Algériens. Césaire critique violemment la position de la classe bourgeoise qu'il qualifie de décadente, car ne connaissant plus de limites dans le mal qu'elle commet au travers du système économique capitaliste.

Chargée de réalisation Marie-France Thivot

Enregistré en public au Festival d'Avignon le 17 juillet 1989

Suivie de L’or noir parArthur H

Accompagné de Nicolas Repac, guitare et balafon

Mise en espace Kên Higelin , montage des textes Nadine Eghels

Enregistré le 31 mars 2011 à l’Odéon-Théâtre de l’Europe

Réalisation : Laure Egoroff

« Black gold, l’or noir, l’exploration du sexe, du sens, du sens lié à la sensualité, du contact si ressourçant avec l’âme et la beauté de la nature et du corps, l’oppression intérieure et la libération intérieure, le grand métissage mondial, la perte de l’identité ancienne et le rêve d’une nouvelle, tout cette floraison poétique et philosophique si actuelle, si juste dans les désirs qu’elle soulève. La poésie noire, d’Aimé Césaire à Dany Laferrière, du Sénégal à Haïti, est un miroir précieux qui me recentre, qui me reconnecte. J’ai essayé de trouver le son et le rythme de ces mots et de m’effacer derrière leur musique. » Arthur H

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