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Couverture du recueil de poésies "Ca va bien !", publie pour les 10 ans de la Revolution d'Octobre de 1917

Ça va ! Poèmes d’Octobre de Vladimir Maïakovski

56 min
À retrouver dans l'émission

Cent ans après la Révolution d’Octobre, un concert-fiction exceptionnel qui ressuscite la poésie incandescente de Maïakovski. Le poète chante l’épopée Bolchévique, avant la pleine conscience du désastre qui le conduira au suicide.

Couverture du recueil de poésies "Ca va bien !", publie pour les 10 ans de la Revolution d'Octobre de 1917
Couverture du recueil de poésies "Ca va bien !", publie pour les 10 ans de la Revolution d'Octobre de 1917 Crédits : Leemage - AFP

Musique originale de Jonathan Bepler
Réalisation Christophe Hocké
Conseillère littéraire Caroline Ouazana

  • Enregistré en public au Studio 104 de la Maison de la Radio le samedi 16 septembre 2017 dans le cadre des Journées européennes du patrimoine et des 80 ans de l’Orchestre philarmonique de Radio France
L'orchestre Philarmonique de Radio France
L'orchestre Philarmonique de Radio France Crédits : France Culture - Radio France

Une coproduction France Culture, Orchestre philharmonique et Chœur de Radio France, dans le cadre des 80 ans de l’orchestre

Denis Lavant récitant

Cent ans après la « Révolution » d’Octobre 1917, Radio France propose un concert fiction exceptionnel ressuscitant la poésie incandescente de Vladimir Maïakovski (1893-1930). Dans 150 000 000, La quatrième internationale et surtout le célèbre Ça va !, poème fleuve de 3000 vers écrit en 1926 et 1927, Maïakovski chante l’épopée bolchévique de son peuple. Avant la pleine conscience du désastre qui le conduira au suicide le 14 avril 1930, le poète laisse éclater son génie dans cette « langue de feu » qui l’a rendu si célèbre en sa patrie.

Guillaume Poix dramaturgie

Solistes du choeur de Radio France :
Daia Durimel (alto)
David Lefort (tenor)
Mark Pancek (baryton)
Sylvain Levasseur (basse)

Solistes de L’orchestre Philharmonique de Radio France
Jonathan Bepler direction
André Markowicz choix des textes, traduction et présentation

Note d’André Markowicz

« Il y a ce géant, Vladimir Maïakovski (1893-1930), qui, dans ses premiers chefs-d’œuvre comme Le nuage en pantalon, La flûte vertébrale ou Un homme, casse tous les codes de la poésie russe, brise les rythmes réguliers, trouve, en le détruisant, un chant entièrement nouveau et fait jaillir l’énergie brute de chaque mot, dans une violence géniale et destructrice, mettant sans cesse en compte sa mort ou son suicide, — un poète qui, au sens propre du terme, quand il se met à déclamer ses vers, de sa voix de stentor, fait trembler les vitres. Un jeune homme qui révolutionne la langue même. Et il y a cette révolution dans laquelle il se lance à corps perdu, pensant que, comme lui change la langue, trouve du nouveau en cassant l’ancien, l’enkysté, l’encroûté, elle, cette révolution, et eux, les Bolchéviks, les révolutionnaires, vont changer la vie — parce que la poésie, elle n’est pas pour les salons, pour les bureaux, elle est pour cette Russie immense, affamée, ce monstre de misère et d’espérances, et qu’il faut absolument, absolument changer les choses.

Et il y a la façon dont, de lui-même, au service de ce qui est devenu une terreur de masse, il casse sa propre voix, il « marche sur la gorge de son propre chant ». Comment, ce qui, en 1915-16, était d’une complexité magnifique, réellement révolutionnaire, devient, volontairement, transparent, direct, déclaratif. Comme cette langue de feu qui se transforme en une langue de slogans — une langue de propagande, délibérément utilitaire. Et, peu à peu, pas seulement pour répandre des notions élémentaires d’hygiène ou l’instruction publique, ou pour faire des chansons destinées aux soldats qui se battent contre les Blancs, mais aussi pour exalter la terreur, chanter la gloire de ceux-là même qui noient le pays bouleversé dans une tempête de sang.

Et il y a, en même temps, la conscience de cette transformation — ou bien, comme on voudra, de cette révélation : ceux qui cassent tout l’ordre ancien, — un ordre de privilégiés, un ordre inacceptable, — deviennent les nouveaux privilégiés, et s’enkystent, eux aussi, très vite, dans la bureaucratie. Et, ce qui dirige le pays, ce n’est plus l’espérance d’un homme renouvelé sur une terre fraternelle, mais l’administration tatillonne, grise, pusillanime, qui élimine toute étincelle de vie. Et il y a, en même temps, lui, Maïakovski, devenu une icône soviétique, qui devient un homme riche, achète à Lili Brik, cash, la première Renault qui roulera à Moscou, et profite d'un système de mensonges qui inspire l’espoir à tous les opprimés du monde.

Et il y a sa poésie des années vingt, et son théâtre, dans la toute fin des années vingt : une lucidité de son désastre. Il écrit un long poème à la gloire d’Octobre, « C’est bien », — pour célébrer les dix ans du coup d’Etat qu’on appelle « Révolution », — et non, ce n’est pas bien. Et il y a sa solitude d’homme, et sa solitude d’icône, et il y a son suicide, le 14 avril 1930. Un suicide qui, pour chacun en URSS, annonce les grands massacres. »

Equipe de réalisation Julie Briand,

Chroniques
21H57
38 min
Fictions / Théâtre et Cie
Année 17, conférence d'André Markowicz
L'équipe
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