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Kaboul, en 2006

"Indja Kabul" de Fabrice Melquiot

1h33
À retrouver dans l'émission

Commémoration du 11 septembre 2001 Comment écrire le réel ?

Kaboul, en 2006
Kaboul, en 2006 Crédits : Thomas Koehler - Getty

Il me semble que , à l’instar d’autres crimes commis contre des êtres humains partout dans le monde au nom d’idéologies et de religions diverses, les attentats contre le World Trade Center ne peuvent être compris qu’à partir des individus, car si nous perdons de vue le particulier - la souffrance et la perte subies par un homme, une femme ou un enfant - nous risquons de perdre de vue notre commune humanité, et cela, ce serait une forme de cécité, à l’égard non seulement des autres mais aussi de nous-mêmes.  

Siri Hutsvedt - 2002

Le 11 septembre 2001, les écrivains du monde entier ont été brutalement confrontés à l’un des évènements les plus sidérants de l’histoire mondiale. Comment s’en sont-ils emparés ? Certains  étaient physiquement proches, comme les New-Yorkais. D’autres séparés par un océan ou un continent. Romanciers ou dramaturges, beaucoup ont écrit à partir ou autour ou en mémoire de ce 11 septembre. France Culture a régulièrement donné voix à ces textes en les enregistrant avec des comédiens et comédiennes. A l’occasion de cette nouvelle commémoration des attentats, nous avons fait un choix de textes dramatiques, romanesques ou poétiques, que nous avons rassemblés afin de les réexposer  dans le cadre d’une programmation spéciale, à la fois sur l’antenne et sur le site de la chaine.  Ainsi les auditeurs pourront  avoir accès de nouveau à des textes d’écrivains américains comme Israel Horovitz, Siri Hutsvedt, Jonathan Safran Foer, mais aussi  des dramaturges français comme Michel Vinaver et Fabrice Melquiot.  Tous ont écrit dans le sillage de cet évènement, dans la proximité immédiate comme Vinaver ou Horovitz ou plus tard comme Fabrice Melquiot engagé dans le soutien aux femmes afghanes, en particulier des comédiennes et parti en 2006 à Kaboul pour écrire à partir de ces rencontres. Ces textes sont de toute nature : fictions, monologue dramatique, texte  autobiographique, pièce polyphonique, poème. Ils ont tous été écrits et publiés dans la décennie qui a suivi la tragédie. Chacun, comme l’écrit Siri Hutsvedt, s’attache d’abord à l’individu, à chaque être humain. Chacun s’attache à raconter « le mélange inextricable de ce qui est immense et ce qui est minuscule » ( Vinaver), à éprouver ce que peut être le plus petit evenement pris dans le plus grand evenement. Tous écrivent contre le silence.  Surtout, ils ont tout simplement de la compassion.
Et l’on pense alors à Dante, dans la Divine comédie : "Tant de gens - je n’aurais pas cru que la mort eut d’effets - Tant de gens".
Blandine Masson

Indja Kabul de Fabrice Melquiot
Réalisation : Christine Bernard-Sugy
Carnet de voyage
Commande de France Culture
Diffusée la première fois en 2007
Avec
L’homme qui court contre une montre cassée : Quentin Baillot.
La femme vêtue en nuit : Marie Céline Tuvache.
L’homme à l’avant du brise-glace : Eric Challier.
La femme dans les langes de la rue : Marianne Denicourt.
La femme qui voulait voir : Corinne Jaber.
Le fantôme de Nahid : Marie Nicolle.
Le kid : Benjamin Guillard.
Ahmad Shah Massoud : Aziz Kabouche.
G. W.Bush : Jean O’Cottrell.
Oussama Ben Laden : André Marcon.
Hatif : Mouss.
La femme qui chante pour cesser de mourir : Nathalie Kousnetzoff.
La jeune femme qui cherche son frère dans les rivières : Muriel Brener
L’homme qui a épousé une statisticienne : Didier Brice
Le chœur des murs : Nathalie Pivain, Mathieu Bonfils, Guillaume Clausse, Pierre François Doireau, Julien Goetz, Julien Turgis.
Le chœur des Moudjahidine : Olivier  Arrighi,  Mathieu Bonfils, Guillaume Clausse, Pierre François Doireau, Julien Goetz, Gregory Quidel, Julien Turgis.
Et les voix de Florence Raonaq, Nathalie Pivain.
Bruitage : Patrick Martinache
La voix du Commandant Massoud est extraite du film de Christophe de Ponfilly Massoud l’Afghan édité chez Montparnasse.

En juin 2006, Fabrice Melquiot est parti à Kaboul à la demande de la comédienne Corine Jaber et dans la perspective de travailler avec un groupe d’actrices afghanes pour l’écriture d’une pièce de théâtre. France Culture lui a passé commande à cette occasion d’un carnet de voyage, textes et sons, en 5 épisodes. Nous avons assemblé ces épisodes en une seule émission radiophonique, véritable plongée dans l’Afghanistan de l’après 11 septembre. 

J’ai pendant des jours conversé avec un groupe d’actrices afghanes, je prenais des notes en les écoutant, parfois elles improvisaient sur les canevas proposés, et chaque matin j’écrivais. Le texte  Indja Kabul (ici Kaboul) a été imaginé là-bas, c’est une composition radiophonique : un long poème en lambeaux, au milieu duquel éclate un réel en marche tonitruante, monologues esseulés, dialogues en cut-up, chansons, carnets de voyage, archives…                      
Un texte sonore pour dire une ville dans un pays, en 2006, dilater le temps et déployer une langue, dans l’espoir qu’elle sache mordre dans sa lenteur, davantage qu’une image dans son immédiateté .

Fabrice Melquiot.

Indja Kabul de Fabrice Melquiot sera suivi de la lecture d’un extrait d’un roman de Atiq Rahimi, lu par l’auteur :  

_La balade du Calame - portrait intime d_e Atiq Rahimi
Publié aux éditions de l’iconoclaste en 2015
Diffusé pour la première fois le 28 juillet 2015, dans « Les bonnes feuilles », émission produite par Sandrine Treiner.
Atiq Rahimi lit lui-même les premières pages de son roman, cette lecture est précédée d'un poème de Henri Michaux
La balade du Calame, est une méditation sur ce qui reste de nos vies quand on perd sa terre d’enfance » nous dit l’éditeur du livre :  

Écouter
17 min
Atiq Rahimi présente et lit les premières pages de "La Ballade du calame. Portrait intime", son roman

“L’exil ne s’écrit pas.il se vit. Alors j’ai pris le calame, ce fin roseau taillé en pointe dont je me servais, enfant et je me suis mis à tracer des lettres calligraphiées, implorant les mots de ma langue maternelle. Pour les sublimer, les vénérer. Pour qu’ils reviennent en moi. Pour qu’ils décrivent mon exil”.              
Atiq Rahimi 

Né à Kaboul, Atiq Rahimi est un romancier et réalisateur de double nationalité, afghane et française. Il a reçu le prix Goncourt en 2015 pour son roman Syngué Sabour . Pierre de silence.

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