LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Anouk Grinberg "la fin de l'homme rouge

"La Fin de l’homme rouge" de Svetlana Alexievitch

1h45
À retrouver dans l'émission

"La Fin de l’homme rouge" fait résonner les voix des témoins brisés de l’époque soviétique, voix suppliciées des Goulags, voix des survivants et des bourreaux, voix magnifiques de ceux qui ont cru qu’un jour "ceux qui ne sont rien deviendraient tout", et sont aujourd’hui orphelins d’utopie.

Anouk Grinberg "la fin de l'homme rouge
Anouk Grinberg "la fin de l'homme rouge Crédits : ©n_Martinez

C’est dans l’intention de  soutenir l’écrivaine et prix Nobel de littérature Svetlana Alexievitch  et de «  faire du bruit » autour d’elle comme elle le demandait à son éditrice suédoise au cas où elle soit arrêtée, que nous avons décidé de programmer un cycle  composé de lecture  et  spectacle tirés de son œuvre dans les programmes de fiction. Ce cycle s’ouvrira avec l’adaptation  radiophonique  du livre  La fin de l’homme rouge, d’après la mise en scène de Emmanuel Meirieu et se poursuivra avec la lecture en 5 episodes dans le feuilleton de la supplication, texte magistral sur les conséquences de l’explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl. Dans tous ses livres, Svetlana Alexievitch a  recueilli la parole des survivants, ceux du système communiste comme ceux d’une des plus grandes catastrophes du 20 eme siècle. Elle a fait de cette parole une véritable œuvre littéraire et politique. Elle en paie le prix aujourd’hui et est menacée dans son pays.  Faire entendre son œuvre portée par des comédiens et des comédiennes est une part du soutien que nous pouvons lui apporter aujourd’hui.          
Le 11 septembre dernier, une tribune signée par des artistes et des intellectuels a paru dans le Monde pour venir en aide à l’écrivaine. En voici un extrait : « Parce qu’elle a mené tous ces combats littéraires et politiques, les ecrivains du monde entier sont en dette vis-à-vis de Svetlana Alexievitch. Elle nous le rappelle : on n’écrit pas de très grands livres impunément. On n’écrit pas de très grands livres sans faire preuve d’un courage immense. Sans s’enfoncer aussi dans une solitude sans retour ». (…)          
Nous ne réagissons pas seulement parce que Svetlana Alexievitch est une immense écrivaine ; si nous lui témoignons aujourd’hui notre admiration et notre soutien, c’est en espérant faire pression sur l’Union européenne pour qu’elle vienne en aide au peuple bielorusse résumé dans la personne de  cette femme au courage extraordinaire. Et parce qu’il faut se savoir  soutenu pour être en mesure de se tenir soi-même.

Blandine Masson

Pendant quarante ans, Svetlana Alexievitch a parcouru ce pays qu’on appelait l’URSS et enregistré des centaines de témoignages. "Ce qui m’intéresse, écrit-elle, c’est le petit homme, le grand petit homme car la souffrance le grandit. Dans mes livres, il raconte lui-même sa petite histoire, et en même temps, il raconte la grande histoire." D’une personne à l’autre, de voix en voix, elle a écrit six livres qui n’en font qu’un seul, un livre sur l’histoire d’une utopie : le socialisme. La Fin de l’homme rouge fait résonner les voix des témoins brisés de l’époque soviétique, voix suppliciées des Goulags, voix des survivants et des bourreaux, voix magnifiques de ceux qui ont cru qu’un jour "ceux qui ne sont rien deviendraient tout", et sont aujourd’hui orphelins d’utopie. "J’ai cherché ceux qui ont totalement adhéré à l’idéal. Ils n’ont pas été capables de lui dire adieu, se perdre dans une existence privée, vivre, tout simplement. J’ai été choquée et horrifiée par l’être humain, j’avais envie d’oublier ce que j’avais entendu. Et plus d’une fois aussi, j’ai eu envie de pleurer de joie devant la beauté de l’être humain. Ce qui m’attirait, c’était ce petit espace, l’être humain. Juste l’être humain. En réalité, c’est là que tout se passe. Je suis entourée de ces voix, ces centaines de voix, elles sont toujours avec moi. J’aime les voix humaines solitaires, c’est ce que j’aime le plus, c’est ma passion". 

Emmanuel Meirieu

Mise en scène et adaptation : Emmanuel Meirieu
Traduction : Sophie Benech
Réalisation : Alexandre Plank et Emmanuel Meirieu

Evelyne Didi
Evelyne Didi Crédits : ©n_Martinez

Avec Stéphane Balmino, Evelyne Didi, Xavier Gallais, Maud Wyler, Anouk Grinberg, Jérôme Kircher, André Wilms et la voix de Catherine Hiegel
Musique : Raphaël Chambouvet
Prise de son, montage, mixage : Mathieu Touren
Assistante à la réalisation : Manon Dubus

Production : La Criée - Théâtre National de Marseille / Le Bloc Opératoire
Coproduction : ExtraPôle Provence-Alpes-Côte d’Azur, Les Gémeaux/Sceaux/Scène nationale, Les Théâtres – Théâtre du Jeu de Paume à Aix-en-Provence, Le Liberté, scène nationale de Toulon, Le Théâtre National de Nice – CDN Nice Côte d’Azur, L’Arc Le Creusot, Châteauvallon Scène Nationale, DSN Dieppe Scène Nationale.

Une fiction enregistrée en septembre 2019 au Théâtre des Bouffes du Nord.

La Fin de l’Homme Rouge est publié chez Actes Sud. Svetlana Alexievitch, Prix Nobel de littérature en 2015.

Jérôme Kircher "la fin de l'homme rouge
Jérôme Kircher "la fin de l'homme rouge Crédits : ©n_Martinez

Suivie de un extrait de la série d'entretiens "A voix nue" avec Svetlana Alexievitch, au micro de Jean- Pierre Thibaudat, diffusé en 2005 sur France Culture.

Écouter
9 min
Extrait du 5ème entretien "A voix nue" de Sveltana Alexievitch

Svetlana Alexievitch est écrivain et journaliste biélorusse, elle poursuit depuis plus de quarante ans le projet de constituer l'archive subjective et souterraine de la Russie contemporaine. La Supplication, ce témoignage sur le monde après Tchernobyl, reste peu diffusé en Biélorussie, où les autorités s'acharnent encore à dissimuler la vérité sur la catastrophe, et l'auteure est régulièrement attaquée par le régime qui l'accuse d'être un agent de la CIA. La traduction de son dernier livre est parue en 2013 chez Actes Sud sous le titre La Fin de l'homme rouge. Il s'agit cette fois du recueil de la parole de ceux qui ont vécu l'effondrement de l'URSS et le basculement de l'ancien empire communiste dans l'âge capitaliste. Svetlana Alexievitch a reçu le prix Nobel de littérature en 2015.

Au moment où elle s'exprime à l'antenne de France Culture, dix ans avant de se voir décerner le Prix Nobel de Littérature 2015, Svetlana Alexievitch s'est installée en France après un premier exil en Italie. Retournée à plusieurs reprises dans son pays d'origine au cours de ces quatre années en occident, elle témoigne d'une dégradation de la situation en termes de libertés publiques.

Lorsque Svetlana Alexievitch est reçue dans "A voix nue" en 2005, Derniers témoins est son dernier ouvrage paru. Ce cinquième volet de la série d'entretiens lui est plus particulièrement consacré, et l'écrivaine biélorusse raconte que cet ouvrage avait été largement censuré. Une moitié de son travail avait ainsi été biffée de l'édition russe. Pour sa parution en France, elle en a retravaillé le texte, incluant de nouveaux témoignages, au cœur de son dispositif d'écriture. Parmi ces témoins, uniquement des adultes, souvent âgés, mais qui ont en commun d'avoir été enfants durant ce conflit particulièrement âpre derrière le front Est.

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Bibliographie

L'équipe
Avec la collaboration de
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......