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La place royale de Corneille

2h
À retrouver dans l'émission

Nous avons souhaité célébrer l'oeuvre de Pierre Corneille avec la reprise exceptionnelle de « La Place Royale », mise en scène en 1992 par Brigitte Jaques-Wajeman, dans une version radiophonique. Et, pour prolonger cette célébration, nous diffuserons en février un cycle consacré à Corneille, conçu et proposé par Brigitte Jaques-Wajeman. « Dans La Place Royale, Corneille met en scène (en 1634) une nouvelle génération de filles et de garçons qui s'aiment et se déplacent librement dans Paris (sans parents ou suivantes), qui se rencontrent dans des lieux publics nouvellement à la mode, des lieux branchés (la Place des Vosges, dite Place Royale), et parlent énormément d'amour. Corneille a 28 ans lorsqu'il invente une nouvelle forme de théâtre et décrit un nouveau discours amoureux sur l'impossible accord de l'amour et de la liberté. Dans La Place Royale, les trois personnages principaux sont amoureux de la même femme, Angélique. Alidor qui l'aime et est aimé d'elle depuis un an est sur le point de l'épouser. Il recule et provoque la rupture. La raison de cette rupture est très énigmatique et cette énigme est toute la pièce. Peut-être est-ce la peur du mariage et plus précisément de la consommation du mariage qui se manifeste ici ? Son ami Cléandre, qui désire la jeune femme, lui demande clairement : « Crains-tu de posséder un objet qui te charme ? ». « Ne parle point d'un noeud, dont le seul nom m'alarme » lui répond-il. Et plus tard, lorsqu'il se refuse à l'enlever, Angélique lui lance : « Alidor ( quel amant !) n'ose me posséder ». Dès que son ami lui avoue qu'il aime la jeune fille, Alidor trouve là un moyen de la quitter et de la posséder à travers, dit-il « un autre moi-même » ; il s'en débarrasse (cruellement) et peut en jouir malgré tout à travers un autre. La pièce prend alors un tour pervers intéressant. Avec La Place Royale, Corneille semble livrer quelque chose de lui-même, cette peur de l'amour, comme envahissement physique et mental, qu'il poursuivra dans toute son oeuvre. En règle générale, les comédies s'achèvent bien, mais dans La Place Royale, les amants se séparent. Angélique, blessée à mort, se retire du jeu, du théâtre du monde ; Alidor se réjouit de sa liberté retouvée et décide de se façonner à la mesure de ce monde changeant. La comédie de Corneille est la matrice d'un genre qu'on retrouvera chez Marivaux et que le cinéma a magnifiquement illustré : on s'amuse de la manière dont les humains n'arrivent pas à s'aimer. Les alexandrins de la pièce épousent parfaitement la vivacité des corps, la torsion des sentiments. Nous avons expérimenté avec les acteurs une sorte d'exaltation physique, quasi-acrobatique de la diction. Comme ses contemporains, Corneille usait de l'alexandrin parce que ce vers de douze pieds s'approche le plus de l'unité de souffle nécessaire à une phrase de langue française. Il fait, dit-il, de « la prose rimée ». On ne dit pas assez que l'alexandrin tend à la conversation qui est tout l'art de ce théâtre. Tout l'art de l'acteur doit tendre au plus de naturel, tout en jouant avec les points obligés, les règles de diction de l'alexandrin ». Brigitte Jaques-Wajeman Avec : Philippe Demarle (Alidor, amant d'Angélique), Eric Génovèse (Cléandre, ami d'Alidor), Scali Delpeyrat (Doraste, amoureux d'Angélique), Eric Petitjean (Lysis, amoureux de Phylis), Anne Consigny (Angélique, maîtresse d'Alidor) , Marie-Armelle Deguy (Phyllis, soeur de Doraste), Laurent Charpentier (Polymas, domestique d'Alidor), Pascal Bekkar (Lycante, domestique de Doraste) Réalisation : Jean Couturier En direct et en public du studio 106 à la Maison de Radio France

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