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Le prince travesti

1h59
À retrouver dans l'émission

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France Culture et La Comédie Française présentent

Le Prince Travesti de Marivaux Réalisation : Michel Sidoroff

L’action se passe à Barcelone. Même s’il ne donne aucune précision d’époque, Marivaux s’inscrit , par cette référence « exotique », dans une tradition de transpositions géographiques bien commodes dans un XVIIIème siècle friand de réflexions philosophiques. L’Espagne est de nouveau à la mode, comme elle le fut au début du siècle précédent.

Le prince de Leon, curieux de connaître le monde et, qui sait, le visage de sa future épouse, parcourt le monde sous le travestissement d’un aventurier, Lélio. Une sorte d’ancêtre du chevalier errant. Sur sa route, il a sauvé héroïquement d’une attaque de brigands une princesse du sang, alors mariée – et fort mal --, Hortense. Cette jeune princesse deviendra veuve peu de temps après. Entré au service de la princesse de Barcelone, Lélio fait montre de talents militaires qui lui valent l’admiration et l’amour de la souveraine. Il lui a permis en effet de remporter une importante bataille.

Au moment où la gloire de Lélio s’affirme, le roi de Castille, désireux d’épouser la princesse de Barcelone, se présente à la cour sous l’identité d’un ambassadeur…de sa propre cour. Lélio, homme loyal, ira jusqu’à défendre l’ambassadeur auprès de la princesse. De son côté, la princesse de Barcelone, hésitant, essentiellement pour des raisons d’étiquette, à déclarer sa flamme directement à Lélio, charge Hortense de la commission. Lélio et Hortense, tous deux loyaux et dévoués mais terriblement amoureux l’un de l’autre, vont se défier et se déchirer tout au long de la pièce, jusqu’à l’heureux dénouement.

L’intrigue est compliquée par l’action de deux personnages grotesques et complémentaires : le ministre Frédéric, mauvais conseiller de la princesse, et Arlequin, serviteur de Lélio, dévoué mais aimant beaucoup l’argent.

Frédéric, jaloux de Lélio, veut le déconsidérer auprès de la princesse.

Hortense a chargé Arlequin de remettre une lettre à Lélio. Frédéric l‘ayant appris, il soudoie Arlequin dans le but d’espionner Lélio. Arlequin empoche l’argent mais refuse d’espionner son maître. Frédéric charge alors Lisette de séduire Arlequin… Au prix d’une ruse surprenante, consistant à demander à son maître de l’autoriser à l’espionner, Arlequin provoquera l’échec des menées de Frédéric et la disgrâce de ce dernier.

La princesse, d’abord furieuse contre Lélio, le fera arrêter, mais le courage d’Hortense, l’intervention imprévisible d’Arlequin et la perspicacité du roi de Castille, endossant finalement un rôle d’alcade, auront raison de la colère de la princesse. Celle-ci acceptera, se soumettant à la raison et non à sa passion, d’épouser le roi de Castille, qui aura révélé son identité en même temps que celle de Lélio.

La pièce s’achève ainsi sur une note douce-amère, le croisement des intrigues amoureuses ayant enfanté un mariage d’amour et un mariage de raison.

La princesse de Barcelone, qui a été, on l’a vu, dans l’impossibilité de déclarer sa flamme à Lélio, se trouve logiquement incapable de forcer cet illustre aventurier à l’aimer. Quant à Hortense, sa droiture est récompensée, comme celle de Lélio. Toutefois, la leçon morale de la pièce serait impossible sans l’intervention, même si elle est particulièrement brouillonne, d’Arlequin : sans l ‘action de l’argent et des forces matérielles qu’il représente, la situation ne pourrait se dénouer.

Cette réflexion sur le pouvoir, si importante chez l’auteur nous vaut une défense en règle de la monarchie éclairée et l’expression de la crainte de l’absolutisme chez Hortense et Lélio.

La réalisation s’est attachée à rendre sensible dans le jeu des acteurs cette menace permanente sur la vie des personnages que représente le pouvoir personnel, absolu. Opprimant l’objet de son désir, la princesse n’est pas libre de l’aimer. Quant aux autres, réaliser leur désir implique de contrer ou de contourner le pouvoir absolu. Cet avant-goût de la dialectique du maître et de l’esclave impliquait dans cette pièce une utilisation géométrique de l’espace, où les plans et les directions pussent rendre compte des rapports de force.

Loin de tendances récentes à jouer Marivaux comme on parle au quotidien, une attention particulière a été apportée à serrer au plus près la langue de l’auteur. Les gesticulations sont vaines à la radio, et les acteurs portent les choix dramaturgiques et leurs conséquences scénographiques dans leur propre jeu. La question du pouvoir et de sa nature fut d’un bout à l’autre notre préoccupation centrale.

Michel Sidoroff

Avec :

Anne Kessler : Hortense

Alain Lenglet : Frédéric, ministre de la princesse

Céline Samie : Lisette, maîtresse d'Arlequin

Jérôme Pouly : Arlequin, valet de Lélio

Laurent Natrella : Ambassadeur, roi de Castille

Loïc Corbery : Lélio, le Prince de Léon

Marie-Sophie Ferdane : Princesse de Barcelone

Samuel Martin : Garde de la princesse

Bruitage : Bertrand Amiel

Prise de son, montage et mixage : Serge Ristitch et Marie Lepeintre

Assistant de réalisation : Guy Peyramaure

L'équipe
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