LE DIRECT
15/11/2000 Roger Planchon, jouant dans "Le cochon noir", farce paysanne dont il est l'auteur
Épisode 1 :

1ère Partie

1h51
À retrouver dans l'émission

Les libertins,c'est le crépuscule des aristocrates qui, dans la nuit du 4 août, saluaient la révolution en renonçant à leurs privilèges et qui, quelques mois plus tard, prenaient le chemin de l'exil.

15/11/2000 Roger Planchon, jouant dans "Le cochon noir", farce paysanne dont il est l'auteur
15/11/2000 Roger Planchon, jouant dans "Le cochon noir", farce paysanne dont il est l'auteur Crédits : Jean-Pierre Muller - AFP
  • Cycle Roger Planchon

Roger Planchon est mort il y a presque dix en mai 2009.  Il se décrivait volontiers comme "Artisan de théâtre pour des acteurs, pour la troupe du Théâtre de la Cité qui devint celle du Théâtre National Populaire de Villeurbanne ". Metteur en scène, chef de troupe, acteur lui-même, directeur de théâtre, artisan de la décentralisation théâtrale, il était aussi écrivain, auteur dramatique. Il a écrit 7 pièces.        
Deux ans avant sa mort il nous fit l'amitié d'offrir ces pièces pour la radio. Nous choisîmes de créer Les libertins, en deux parties.  Sous la houlette de la réalisatrice Christine Bernard Sugy, Roger Planchon interprète lui-même le rôle de l'Évêque. Il est entouré d'acteurs prestigieux, encore peu connus en 2008 comme Judith Chemla.        
51 ans après sa création dans la Cour d'honneur du Palais des Papes en Avignon, nous rediffusons la création par France Culture de cette  pièce alors inédite de Roger Planchon, Les libertins.        
Elle sera suivie par Infidèles, un scénario non tourné de Ingmar Bergman, dans lequel Roger Planchon interprète Bergman.         
Deux grands metteurs en scène fascinés par le théâtre et le cinéma se retrouvent ainsi confrontés l'un à l'autre à travers l'écriture.

Blandine Masson 

Les libertins, c'est une histoire d'aristocrates du XVIIIème siècle qui, entre 1787 et 1800, traverse ces années chaudes. En 1965, des cercles philosophiques les plus pointus aux journaux les plus populaires, "Révolution politique" et "Libération sexuelle" sont les deux volets du paysage mental européen. A l'aube du XXIème siècle "Les lendemains qui chantent" ont disparu. "Le sexe" est toujours le sujet des essais philosophiques et la couverture des hebdos "people" européens. Dans La remise je présente en cherchant à le comprendre un monde paysan qui vit une agonie. Dans Les libertins, le crépuscule des aristocrates qui, dans la nuit du 4 août, saluaient la révolution en renonçant à leurs privilèges et qui, quelques mois plus tard, prenaient le chemin de l'exil. Face à eux, des Robespierristes sincères qui, en 1800, se retrouvent derrière Bonaparte. En 1965, quelques-uns s'interrogeaient et cherchaient à comprendre pourquoi les révolutionnaires du XX ème siècle sont devenus staliniens. Beaucoup d'autres, plus nombreux, ne voulaient dans les théâtres européens que de pieuses images révolutionnaires exaltantes. Depuis, le Mur de Berlin est tombé et le Petit Livre Rouge du Président Mao est devenu une curiosité. Auteur, metteur en scène, chef de troupe, j'appartiens à un petit groupe qui a combattu du mieux qu'il a pu deux épidémies mortelles : le Théâtre de Propagande si lourd et le Formalisme si brillant, et creux, si souvent. Hier des spectacles naïfs de propagande exaltaient et gangrenaient les têtes, aujourd'hui le théâtre est contaminé par un virus séduisant et redoutable : le Formalisme vide. Artisan de théâtre pour des acteurs, pour la troupe de Théâtre de la Cité qui devint celle du Théâtre National Populaire, j'ai tenté d'écrire un théâtre franco-français, d'offrir aux acteurs des rôles. Trop de pièces modernes offrent à ceux-ci peu de blé à moudre, trop peu à jouer. Un théâtre épique, historique, populaire. Vilar un jour - et cela peut faire ricaner les cyniques - me fit lever la main et jurer "d'écrire pour le public populaire même si -ajouta-t-il- sa présence dans nos salles est assez discrète." A Jean Vilar qui aimait Les libertins et qui les programma dans la Cour d'Honneur d'Avignon en 1967 et à France Culture qui en offre aujourd'hui la production radiophonique, MERCI." 

Roger Planchon 

Avec : 

David Geselson (Aubier),
Judith Chemla(Maurille),
Roger Planchon (L'évêque),
Serge Kribus (L'Abbé Judrin),
Colette Dompietrini (Mlle Mignot),
Régis Royer (Edouard),
Julie-Anne Roth (Adélaïe),
Quentin Baillot (Cyprien),
Pierre Santini (Boriani),
Brigitte Catillon (Mme Renoir),
Hélène Babu(Gabriella),
Anne Benoit (Mme Clair),
Alain Libolt (M. Descombes),
Thomas Cousseau(Chevalier des Rougettes),
Roger Souza (Hilaire),
Marie Réache (Rose),
Jacques Frantz(Le colonel),
Vanessa Larré (La voix) 

Bruitage: Bertrand Amiel
Prise de son, montage, mixage: Claude Niort, Sébastien Royer
Assistante réalisation: Alexandra Malka

Les Libertins, et 7 autres textes de Roger Planchon sont réunis dans un ouvrage « Théâtre complet » publié chez Gallimard en 2010

Bibliographie

L'équipe
Coordination
Avec la collaboration de

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......