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"Penthésilée"

2h
À retrouver dans l'émission

Traduction : Ruth Orthmann et Eloi Recoing Partenariat avec la Comédie Française Réalisation : Catherine Lemire La pièce Penthésilée, de Heinrich von Kleist, traduite par Ruth Orthmann et Eloi Recoing, mise en scène par Jean Liermier, a été présentée à la Comédie Française (salle Richelieu) du 26 janvier au 1er juin 2008. La version radiophonique du spectacle a été réalisée par Catherine Lemire. Avec : Martine Chevallier (le Grande Prêtresse de Diane), Catherine Sauval (Prothoé), Thierry Hancisse (Ulysse), Cécile Brune (Méroé), Sylvia Bergé (Astérie), Eric Ruf (Achille), Bakary Sangaré (Diomède), Léonie Simaga (Penthésilée), Gregory Gadebois (Antiloque), Géraldine Martineau (Io), Denis Moreau, Sébastien Raymond et Bertrand Tschaen (Captifs Grecs). Penthésilée, Reine des Amazones, viole l'inexorable règle de la fête des roses en tombant passionnément amoureuse de son adversaire, le héros grec Achille. Sur le champ de bataille opposant les Grecs aux Troyens, les deux fiers amants, irrésistiblement attirés l'un vers l'autre, s'affrontent dans une lutte perdue d'avance, chacun devant vaincre l'autre pour l'emmener dans son royaume et célébrer l'union. Tragique histoire d'un amour farouche empreint d'une incommensurable tendresse, d'un combat contre les pulsions de vie et de mort, d'un désir de possession charnelle maculée de sang, Penthésilée est relatée par Homère. Heinrich von Kleist se réapproprie le mythe à partir de 1806, s'inspirant probablement d'autres variantes tirées du célèbre Dictionnaire fondamental de mythologie de Benjamin Hederich. C'est dans cette tragédie fascinante, où le sublime côtoie le monstrueux, qu'Heinrich von Kleist, poète et dramaturge allemand (1777-1811) reconnaît avoir livré « à la fois toute la souillure et tout l'éclat de son âme ». Personnalité complexe, tourmentée, il partagea sa vie entre l'écriture, des études de droit et de philosophie, des responsabilités administratives et un engagement militaire dont il espérait une mort glorieuse. Publiée intégralement en 1808, un an après la paix de Tilsit qui libéra Kleist de prison, Penthésilée témoigne de sa fascination pour la mort, de l'angoisse de sa propre folie et de son insatisfaction affective. Goethe, en réponse à Kleist qui lui avait envoyé Penthésilée « sur les genoux de son coeur », affirme ne pas se familiariser avec cette pièce « d'un genre si étonnant ». A Weimar, où la création théâtrale innove peu, l'oeuvre atypique suscite l'effroi et l'admiration. En 1811, quelques mois après avoir achevé d'écrire Le Prince de Hombourg, Kleist tue son amie Henriette Vogel avant de mettre fin à ses jours.

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