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Arne Lygre

"Nous pour un moment" de Arne Lygre

1h41
À retrouver dans l'émission

Arne Lygre explore les relations ambiguës qui nous lient aux autres, qu’ils soient amis, ennemis, simples connaissances ou parfaits inconnus

Arne Lygre
Arne Lygre Crédits : © Photo Andreas Bache-Wiig

« […] Le Moi selon Lygre est en quelque sorte poreux. Les êtres qu’il crée sont souvent anonymes, comme si un nom était déjà un excès de définition, risquait de trop fixer leur(s) personnalité(s). Ils n’en sont pourtant pas dépourvus, mais elle se présente selon les moments sous des formes plus ou moins concentrées. Comme si chacun, face à autrui, risquait à tout moment d’être traversé par des fantômes surgis de partout, hanté par l’autre aussi bien que par soi. Aux yeux du dramaturge, note Stéphane Braunschweig, « le rapport à l’autre », toujours mouvant, devient ainsi source d’angoisse, « tant par la menace que l’autre constitue pour l’autonomie du Moi, que par le danger que l’on constitue soi-même pour l’autre ». D’un autre côté, cependant, l’établissement de frontières trop fermes et définitives suscite à son tour « une terreur spécifique liée à la fixation de l’identité, ou à la façon dont l’autre vous fixe dans une image, qui peut vous convenir un moment, mais seulement un moment… Pouvoir y échapper est salvateur, mais le besoin d’échapper à la solitude n’est pas moindre : tragique contradiction ». Cette dialectique du lien à l’autre, ce paradoxe de l’identité qui se noue et se débat dans ce lien, animent Nous pour un moment de part en part.

À nouveau traducteur de Lygre, Stéphane Braunschweig a choisi de transposer le titre (effectivement intraduisible) de sa dernière pièce : La deg være. Littéralement, ces mots signifieraient quelque chose comme « Te laisser être » ou « Laisser que tu sois ».

Cette injonction à « laisser être » l’autre est explorée en six scènes de longueur décroissante, à travers une chaîne de cinq « rôles relationnels » qu’incarnent successivement une vingtaine de personnages. Pour ses lecteurs, Lygre désigne ces cinq rôles comme étant « une personne », « un-e ami-e », une « connaissance », « un-e inconnu-e », « un-e ennemi-e ». Pour ses spectateurs ou auditeurs, c’est une autre affaire : en l’absence d’indices explicites, ces différentes catégories ne se laissent cerner que peu à peu au fil de la représentation ou de l’écoute. Cette identification progressive et comme en filigrane des êtres mis en jeu, par le biais des relations qu’ils entretiennent (et parfois redéfinissent, car ces rôles, remarque le metteur en scène, « sont aussi comme des destins à assumer ou contourner »), constitue l’un des ressorts secrets qui confèrent à Nous pour un moment sa tension si particulière, à la fois contemplative et dramatique. » Daniel Loayza

La pièce (dont le titre original est La deg være) a été créée le 9 septembre 2016 au Théâtre National d'Oslo, dans le cadre du Ibsen Festival.

Traduction du norvégien par Stéphane Braunschweig et Astrid Schenka    Réalisation Alexandre Plank  
Conseillère littéraire :Caroline Ouazana

Avec Virginie Colemyn, Boutaïna El Fekkak, Glenn Marausse, Sébastien Pouderoux − pensionnaire à la Comédie-Française, Chloé Réjon, Marie Rémond, Jean-Philippe Vidal.

L’Arche éditeur est l’agent théâtral des pièces de Arne Lygre pour la langue française.

Né à Bergen en 1968, auteur de romans et de nouvelles, Arne Lygre écrit pour le théâtre depuis 1998.
Dès ses premières pièces (il en a publié huit à ce jour), il se fait connaître hors des frontières de la Scandinavie. Traduites dans une douzaine de langues, elles sont jouées au Danemark, en Italie, au Portugal, au Brésil, en Allemagne.

En France, un premier texte dramatique est traduit en 2000 par Terje Sinding.

Mais sa véritable notoriété date des mises en scène de Claude Régy (Homme sans but, Odéon, 2006) et de Stéphane Braunschweig, qui nourrit pour l’écriture de Lygre une véritable passion. Dès 2011, le directeur du Théâtre national de la Colline met en scène Je disparais dans une traduction d’Eloi Recoing et décide de faire connaître l’auteur au public le plus large en programmant son œuvre non dans le Petit Théâtre, mais pendant plus d’un mois dans la Grande Salle. Un an plus tard, il crée Tage unter (Jours souterrains) en langue allemande à Berlin et Düsseldorf avant de présenter à Paris sa mise en scène surtitrée. Enfin, en 2014, il traduit lui-même Rien de moi avec la collaboration de la dramaturge Astrid Schenka et en dirige la création française, toujours au Théâtre de la Colline.
Présentation de l’Odéon-Théâtre de l’Europe

Equipe de réalisation : Bruno Mourlan, Sébastien Royet, Laure-Hélène Planchet

Lecture suivie d'une rencontre avec Arne Lygre et Stéphane Braunschweig.

Enregistré en public à l’Odéon-Théâtre de l’Europe le 3 octobre 2016, dans le cadre du cycle Nouvelles dramaturgies européennes, en partenariat avec l’Odéon-Théâtre de l’Europe et avec la Maison Antoine Vitez

Chroniques
22H42
14 min
Fictions / Théâtre et Cie
Pages arrachées au journal inédit de Michel Leiris
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