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Prométhée

1h59
À retrouver dans l'émission

Cycle consacré à Antonio Negri

France Culture et l’Odéon-Théâtre de l’Europe ont décidé de s’associer au TGP-CDN de Saint-Denis pour soutenir et porter ensemble la parole dramatique de l’écrivain AntonioNegri, en particulier sa dernière œuvre inédite, La Trilogie de la critique .

Nous avons imaginé autour de la création en novembre au TGP, un programme et un partenariat en trois temps : en juillet 2011, la lecture et l’enregistrement par France Culture, en avant-première à Avignon au musée Calvet, de L’Homme qui rit (critique de la politique) et de Renzo le partisan (critique des armes). Le 12 novembre, la lecture et l’enregistrement à l’Odéon Théâtre de l’Europe de la troisième pièce de la trilogie, Prométhée (critique du divin ). Enfin, du 20 novembre au 4 décembre, la diffusion sur France Culture de l’ensemble de la Trilogie de la critique , enregistrée à Avignon et à l’Odéon. Nous avons confié la direction de ces lectures à Barbara Nicolier, metteur en scène, marquant ainsi la fidélité de France Culture à son égard et à l’égard de son engagement vis-à-vis d’Antonio Negri. En 2008, France Culture avait coproduit et enregistré la lecture au Théâtre National de la Colline de La Trilogie de la différence , lecture dirigée par Barbara Nicolier et réalisée pour la radio par Jean Couturier.

France Culture et l’Odéon-Théâtre de l’Europe, coproducteurs de la lecture de Prométhée (critique du divin) ont souhaité inscrire cette pièce d’Antonio Negri dans le cadre d’un cycle intitulé « Littérature et politique », cycle décliné tout au long de la saison. Ainsi, il nous a semblé juste et nécessaire de porter à la connaissance du public l’œuvre théâtrale d’Antonio Negri, dans laquelle l’auteur italien interroge les valeurs fondatrices de la démocratie et de notre monde contemporain : « les thèmes qui travaillent cette trilogie sont d’une pièce à une autre, ceux de l’engagement politique, du problème politique, éthique, de l’usage de la violence, de la solitude et de la volonté de communauté, de la puissance créative des hommes et des femmes envers et contre tout, même quand tout semble désormais saturé de souffrance. Ils se déploient dans trois espace-temps différents et créent par là-même un jeu de renvois et d’échos destiné à interroger notre propre présent : le monde contemporain, la période de la guerre partisane en Italie, et enfin le récit mythologique » (Judith Revel).

Antonio Negri est aujourd’hui une figure incontournable de la pensée politique. Jeune professeur de philosophie et directeur de l’institut d’études politiques de l’université de Padoue, il fut, durant les années 60 et 70, l’un des principaux penseurs des mouvements autonomistes italiens. De ses racines modestes et communistes, il gardera la volonté de défendre paysans et ouvriers au sein des mouvements marxistes dans les années 1960 et 70. En 1979, il est accusé de complicité dans l’assassinat de l’homme politique Aldo Moro. Il fera quatre ans de préventive dans les prisons italiennes. Son élection comme député au Parti radical italien en 1983 lui permet de bénéficier de l'immunité parlementaire temporairement. Il fuit en France où il est protégé par la « doctrine Mitterrand » jusqu’en 1997. Après son retour volontaire en Italie, il sera définitivement libéré en 2003 mais reste toujours associé, surtout en Italie, aux Brigades Rouges.

Il a enseigné à l’Université de Paris VIII, à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm et au Collège international de Philosophie et est l’auteur de nombreux essais sur la pensée philosophique moderne (en particulier sur Descartes, Spinoza, Marx ou Leopardi) et de nombreux livres d’analyse politique, dont Le Pouvoir constituant (1995) ou La Fabrique de porcelaine (2006). Son essai Empire, co-écrit avec Michael Hardt, suivi de Multitudes et Commonwealth, est devenu dans les années 2000 un best-seller mondial et sert depuis de repère théorique, en particulier aux mouvements altermondialistes.

Son théâtre, à ce jour composé de deux trilogies, est le prolongement de sa pensée et de sa pratique politiques. Il se veut « un dialogue théâtral capable de dire la résistance, les doutes, les choix, les nécessités, la douleur, mais aussi le désir de vivre – ensemble –, avec moins de souffrance. » Les trois pièces de sa Trilogie de la Critique, développent une « critique de la politique », « des armes », puis « du divin ».

Trilogie de la critique : Prométhée (critique du divin) Réalisation : Barbara Nicolier et Blandine Masson.

Tournant le dos à la petite histoire de la naissance du feu, le Prométhée d’Antonio Negri est un héros politique anti-Protagorassien qui se cache dans le commun des hommes et s’insurge contre le divin. Il refuse de collaborer avec l’ordre naturel des dieux qui veulent marchander le feu et instaurer la religion, et deviendra constructeur des multitudes en lançant contre le palais d’hiver de l’Olympe une forêt d’oliviers. Il trouvera le moyen d’accomplir un acte juste, un acte qui puisse construire la réalité et exalter le commun de la vie, changera la physique et la métaphysique du monde et, finalement, dissoudra le ciel.

Enregistré en public le 12 novembre à l’Odéon-Théâtre de l’Europe, dans le cadre du « cycle Littérature et politique », en partenariat avec le TGP-CDN de Saint-Denis

Avec : Julie Pilod, Nina Greta Salomé, Pierre Felix Gravière, Marc Bodnar, Gilles Davis de la Comédie Française, André Marcon, Laurent Poitrenaux, Vincent Schmidt

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