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Cargo de marchandises

Rappel en trouble de Michel Sidoroff

1h58
À retrouver dans l'émission

Navigation radiophonique, le scénario suit la formation et le parcours d’un groupe de six auteurs, conviés à une résidence sur un cargo à travers la Méditerranée et la mer Noire, de Marseille à Odessa.

Cargo de marchandises
Cargo de marchandises Crédits : Allili Mourad - Sipa

Réalisation Michel Sidoroff

Conseillère littéraire Emmanuelle Chevrière

Rappel en trouble trouve son origine dans une résidence effectuée par l'auteur sur un cargo, en compagnie de cinq autres, organisée par le Centre National du Théâtre, et soutenue par la SACD. Au cours de cette résidence, entre Dunkerque et Pointe-à-Pitre, puis en Guadeloupe-même, l'auteur eut l'idée d'un grand scénario, qui mettrait en scène six auteurs imaginaires, embarqués sur un cargo, dans des conditions et pour des enjeux tout autres que ceux qu'il avait connus dans l'atlantique. Son propre journal de bord alimenta ce projet, qui prit deux années.

L’un d’eux, André Voronej, personnage principal, fait à cette occasion l’expérience d’un retour du passé, et de son achèvement longtemps différé, à travers la survenue d’une figure féminine jadis aimée, Flora Désert. L’urgence d’honorer enfin une promesse oubliée l’entraîne dans une série d’actions qui ont valeur de rédemption auprès de cette femme ressurgie du passé. Mais ces actions étant aussi celles de ses compagnons de voyage, la sensation qu’André écrit ce voyage s’affirme de jour en jour. La fréquentation, confinant à l’obsession, d’un roman du XIIème siècle, Le Chevalier au Lion, de Chrétien de Troyes, donne au personnage d’André la fonction d’orienter le récit des aventures du groupe. Yvain, trop absorbé par les plaisirs de la vie aventureuse, “oublie” la date ultime de retour auprès de sa Dame. Rejeté, répudié par elle, il n’aura de cesse de la reconquérir en se mettant au service des femmes opprimées. Ainsi, le temps aura en quelque sorte été vaincu. Yvain est secondé dans ses exploits par un lion, animal reconnaissant. Cette figure du merveilleux est présente sous une forme humaine dans le scénario. Des extraits sont donnés du Chevalier au Lion. Ils le sont en ancien français, avec leur nouvelle traduction par l'auteur, en octosyllabes rimés, afin de préserver une musicalité et une densité de langue pour les auditeurs.

Rappel en trouble renvoie à une notion quelque peu oubliée du vocabulaire cinématographique: un procédé de remontée du passé par l’apparition de plus en plus nette d’une image tirée du flou. C’est aussi le titre d’un texte présenté par l’un des auteurs de cette navigation, qui joue sur la polysémie du mot “rappel”, concept familier des alpinistes.

Le cadre choisi pour cette aventure de six auteurs sur un cargo est celui de la méditerranée, étendue jusqu’à la mer Noire, où les montagnes et les volcans se jettent parfois dans la mer. La méditerranée, aux dimensions plus étroites que celle de l’océan, est susceptible de résonner avec le sentiment d’étouffement, mais aussi de révolte, d’auteurs confrontés à une Europe tournée désormais vers le profit de quelques-uns et la misère du plus grand nombre, fût-ce au risque de la guerre.

Les productions des six auteurs, présentées dans diverses villes du bassin méditerranéen, ont une double fonction: permettre le surgissement d’aventures que rencontrent tous les personnages, en résonance avec l’histoire d’Yvain, le Chevalier au Lion, et proposer diverses formes dramatiques ou littéraires susceptibles de connaître un prolongement et une réalisation à la radio, au théâtre ou dans le roman. La notion de jeu y trouve toute sa place. Un “journal de bord” vient constituer un autre fil directeur, permettant à d’autres personnages de suivre de plus loin les aventures du groupe des six. André présentera-t-il sa version personnelle du Chevalier au Lion? Dans cette histoire de temps, où le retour d’un amour passé vient bouleverser les signaux attendus d’une chronologie tyrannique, il se peut que la vie elle-même devienne l’allégorie de l’aventure romanesque.

Les éléments sonores utilisés dans la réalisation ont été enregistrés par l'auteur pendant sa résidence à bord du cargo, ainsi qu'à bord d'un navire de marins en grève, à Marseille. La musique est de Sylvain Kassap, qui est entré dans les strates du projet en délicieuse complicité.

Michel Sidoroff

Avec

Déborah Amsens : Stéphanie

Georges Claisse : Le commandant

Arnaud Bedouet : André

Vanda Bénès : Françoise

Marc-Henri Boisse : Laurent

Jean-Luc Debattice : Charles

Marie-Armelle Deguy : La patronne

Amandine Dewasme : Cécile

Simon Duprez : Le second

Vitia Ponomarev : Léo

Chloé Réjon : Flora

Roland Timsit : Dominique

Et avec

Marc Berman, Sophie Daull, Elena Falgheri, Rémi Goutalier, Dimitri Koundourakis, Charlie Nelson, Clara Noël, Mantelena Anipsitaki, Myren Astrée, Jana Bittnerova, Anne Caillère, Arturo Armone Caruso, Emilie Chertier, Franck Chevallay, Jean-Charles Delaume, Stéphane Djordjevic, Corneliu Dragomirescu, Pauline Dragon, Jean-Christophe Frèche, Nadia Jandeau, Bruno Labrasca, Grégory Le Fourn, Fany Mary, Florent Oullié, François Pérache, Camille de Sablet, Artémis Stravidis, Luciano Travaglino, Elodie Vincent, Anton Yakovlev, Emilie Yannovkos

Bruitages : Bertrand Amiel

Musique originale et clarinette : Sylvain Kassap

Harpe : Hélène Breschand

Batterie, percussions : Philippe Foch

Violoncelle : Didier Petit

Prise de son, montage, mixage : Jehan-Richard Dufour, Nicolas Slimani, Elodie Royer

Assistante à la réalisation : Cécile Laffon

Auditeur depuis l'enfance, Michel Sidoroff est venu à la radio à la fois par désir de prolonger sa pratique de la poésie et de donner une forme à son besoin d'aventure.

Après le passage du concours de réalisateurs et une solide formation à l'INA et à Radio France, en compagnie de cinq autres camarades, sa première émission dramatique fut une adaptation de la nouvelle de Cesare Pavese, "L'Idole". Très tôt, l'écriture s'est tressée avec son travail de réalisation, dans des adaptations ("Meurtres pour mémoire", de Didier Daeninckx, "La Flèche jaune", de Victor Pélévine), mais aussi dans des émissions documentaires ou littéraires.

Premier scénario original: "La Dérive des glaciers", récemment rediffusée, mêlant son expérience d'alpiniste à la réflexion politique sur la réaction régionaliste en Lombardie et en Savoie.

"Beth-Saïda" est la suite réfractée, dix ans plus tard, d'un travail de recherche mené avec le linguiste Henri Cottez sur une des trois proses dites "johanniques" de Rimbaud, assez peu connues. L'étude fut publiée en 1992 dans la NRF, grâce à Jacques Réda. Le scénario, centré sur les aventures poétiques, amoureuses et politiques de deux jeunes femmes, entremêle une recherche sur Rimbaud avec une enquête journalistique menée dans les Ardennes, à propos de la laïcité menacée par les cléricaux d'aujourd'hui.

"Un homme dans la brèche", terminé à bord de sa résidence à bord d'un cargo en 2012, met en scène un jeune soldat français au milieu des soldats russes vendus à la France par le tsar en 1915, et mutinés en 1917 à l'appel de la Révolution russe. Il s'interroge sur le rôle de l'individu dans l'histoire, interrogation présente dans tous ses scénarios.

"Artémisia, claire, obscure", feuilleton en dix épisodes, coécrit avec Andréa Finck, s'interroge aussi sur les rapports entre l'histoire (politique, picturale, musicale, scientifique et littéraire) et un individu qui est une femme et une artiste puissante.

Le scénario "Rappel en trouble" est son premier "long métrage" radiophonique.

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