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S'engager ? Correspondance Vinaver-Camus suivi de La Terre Vague

1h59
À retrouver dans l'émission

France Culture a souhaité saluer l’écrivain Michel Vinaver par un double programme d’entretiens et de lectures.

Fictions et Magazine s’associent donc pour lui donner la parole.

Nous ne diffuserons pas de pièce de théâtre dans les programmes de fictions mais deux lectures qui nous ramènent aux origines de l’écriture pour cet écrivain, d’une part la correspondance entre Vinaver et Albert Camus, d’autre part, la traduction par Vinaver du poème de TS Eliott, « The Vaste land ».

En 1946, Vinaver commence sa vie d’écrivain, il a 19 ans, il rencontre Albert camus, qui a 33 ans et déjà célèbre. Ils commencent à s’écrire et cette correspondance durera 10 ans.

Il découvre cet été là, The Vaste land, le poème de TS Eliot. C’est le choc, Big Bang, dit Vinaver à propos de cette lecture. L’année suivante, de retour en France, il traduit le poème en français, traduction restée inédite très longtemps, jusqu’à sa présentation dans la revue Poèsie.

Le texte d’Eliott sera fondateur pour l’œuvre à venir du jeune Vinaver, je lui laisse la parole : En tant qu’écrivain de théâtre…….

Parce que ce texte a joué un rôle essentiel dans la vie de Vinaver, nous avons souhaité l’enregistrer, et le faire entendre dans cette émission liée aux origines. C’est Anouck Grinberg, comédienne et fille de Michel Vinaver qui interprète « The waste land ». Cette lecture suivra la Correspondance d’Albert Camus et Michel Vinaver enregistrée en Septembre 2012, à Théâtre Ouvert…………….

Blandine Masson

S'engager ? Correspondance (1946-1957) d'Albert Camus et Michel Vinaver Réalisation de Gilles Davidas

Enregistré à Théâtre Ouvert le 24 septembre 2012.

Lorsqu'ils se rencontrent, en 1946, Camus a trente-trois ans, Vinaver dix-neuf. Camus est un auteur célèbre, Vinaver fait ses premiers pas comme écrivain. Ils font connaissance et s'écrivent. Une pensée se déploie, étonnamment vive et libre, au long de cette correspondance s'étendant sur dix ans. Inédite jusqu'à ce jour, son actualité, après soixante ans "dans le tonneau", ne s'est pas éventée.

S’engager ? L’enjeu tient dans le point d’interrogation. Camus et Vinaver ont tous les deux hésité, ils ont perçu quels écueils menaçaient la littérature engagée. « J’aime mieux les hommes engagés que les littératures engagées, écrivait Camus dans ses Carnets de l’automne 1946. Du courage dans sa vie et du talent dans ses œuvres, ce n’est pas si mal. » N’empêche qu’il a aussi pensé qu’écrire oblige. Vinaver avait le désir farouche, en tant qu’homme et citoyen, de s’engager dans les combats sociaux et politiques de son temps (comme le prouve son engagement militaire, à 17 ans, dans l’Armée française de la Libération). Il reproche même à Camus de se montrer trop prudent, réaliste, ou défaitiste. Mais c’est sur le plan de l’écriture que Vinaver formule une idée tout-à-fait nouvelle et puissante : l’écrivain n’a pas à s’engager, il doit écrire au hasard, avec sincérité, et un effet se produira quand même, et peut-être plus sûrement encore. Un trop fort sentiment de responsabilité s’avère fatal à la créativité aussi bien qu’à l’efficacité des textes produits.

L’indifférence, l’engagement, l’objection… différentes attitudes vis-à-vis du réel, dont le sens et les tensions, par-delà les années, nous aident a penser et a affronter l’aujourd’hui.

La correspondance est publiée à L'Arche Editeur.

Extraits de la correspondance lus par Jacques Bonnaffé, Simon Chemama, Edward Greaves et Michel Vinaver.

Suivi de :

La Terre vague La Terre vague , (The Waste Land) de T.S. Eliot :

Écouter
42 min
La terre vague de T.S. Eliot

Traduit par Michel Vinaver

Réalisation Blandine Masson

« J’avais 19 ans et suivais pendant l’été 1946, à Wesleyan University, Middletown (Connecticut), un cours de Newton Arvin, sur la poésie américaine contemporaine. Découverte de The Waste Lang. Big bang. L’année suivante, retour en France, je traduis, ce travail dur, à peu près un an. Puis je découvre la traduction de Pierre Leyris, que publie Le seuil en 47.

Il me paraît qu’il ne peut pas y avoir plus grande différence de « rendu » qu’entre ces deux traductions que leur coexistence en édition se justifierait. Mais ma traduction reste inédite (jusqu’à ce jou)r. »

Michel Vinaver

La Terre vague, «The Waste Land » dans la traduction de Michel Vinaver, est publié dans la revue Poésie n° 31 de 1984.

Lu par Anouk Grinberg

Prises de son, montage et mixage Claire Levasseur et Julien Doumenc

Assistants à la réalisation Vivien Demeyère et Louise Loubrieu

L'équipe
Conseiller(e) littéraire
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