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Soirée Chantiers d'Europe - Dramaturgies italiennes et grecques

1h59
À retrouver dans l'émission

En direct et en public du studio 105 de la Maison de Radio France

Deshonorée de Saverio La Ruina

Traduit de l’italien (Calabrais) par Federica Martucci et Amandine Mélan

Réalisation Laure Egoroff

Lecture de Martine Schambacher , accompagnée par Johann Riche , à l’accordéon

Souvent en écoutant les histoires dramatiques de femmes dans des pays musulmans, l’auteur Saverio La Ruina entend l’écho d’autres histoires. Histoires de femmes de Calabre du début du siècle dernier, de la fin du siècle dernier ou même d’aujourd’hui. Lorsque le deuil des veuves durait toute une vie, les contraignant à ne porter que du noir. Femmes victimes de la loi des hommes, esclaves d’un « padre-padrone » et que le crime d’honneur frappaient impunément. À partir de la petite mais emblématique « histoire » d’une femme calabraise Pasqualina, le texte évoque la condition des femmes d’ici et d’ailleurs. Le récit de Pasqualina évolue entre le tragique, le grotesque, le comique et toujours sur le fil d’une ironie amère.

Saverio La Ruina est acteur, auteur et metteur en scène. Diplômé de la Scuola di Teatro de Bologne, il fonde en 1992, avec Dario De Luca, la compagnie Scena Verticale à Castrovillari en Calabre. Toujours avec Dario De Luca et la compagnie Scena Verticale, il prend la direction artistique du festival de théâtre Primavera dei Teatri en 1999, qui a fêté en 2014 sa 15ème édition. En Octobre 2014, son texte Arrange-toi sera créé au TNP de Villeurbanne (mise en scène de Antonella Amirante avec Federica Martucci et la chanteuse Solea Garcia-Fons, coprod. TNP et théâtre de Vienne).

Ce texte a fait l’objet d’une sélection dans le cadre de Face à Face. Retrouvez toute une programmation autour du Théâtre contemporain italien du 18 au 22 juin à la Colline – Théâtre national.

suivi de

Lycaon ou l’apologie du désir de Dimitris Dimitriadis

Traduction Michel Volkovitch

Lecture dirigée par Caterina Gozzi

Collaboration artistique Laurent Charpentier

Musique Antonia Gozzi

Réalisation Blandine Masson

Avec François de Block et Philippe Girard

Lycaon est la prise de décision par Socrate, l'alter ego de Platon, de ne plus être celui qui a été façonné par les textes platoniciens, et d’assumer sa propre vérité qui est a contre-courant de l'ensemble de ce que fut le système philosophique du penseur grec.

Un simple toucher, un corps à corps, un attouchement de la chair, suffisent à révéler la faille, le noyau malade, le faux-pas, l'erreur fondamentale de toute une conception de la vie humaine.

« La vérité, que Socrate assume, est celle que notre monde refuse non seulement d'intégrer dans la structure des relations interhumaines, mais il s’agit surtout de faire de cette vérité la base et le point de départ d'un autre humanisme, celui qui ne serait pas organisé sur la séparation, l'exclusion, la scission, mais sur l'acceptation de la totalité de l'être humain, dont la substance, cette chair même, fut maltraitée, bannie, condamnée, au nom d'un autre monde, d'un Bien suprême qui appartient à un autre monde, tandis que Socrate, et Lycaon avec lui, ne veulent que ce monde-ci, cette chair-ci, mortelle mais la seule qui fait de l’homme ce qu'il est. »

Dimitris Dimitriadis

« Dimitris Dimitriadis m'a confié son Lycaon il y a quelques mois et j'ai immédiatement voulu le porter à la scène. Il s'agit d'un brûlot d'une rare violence contre les valeurs établies depuis la Grèce Antique. C'est un texte qui appelle l'action, qui oblige le passage à l'acte. Un texte de vérité, un texte du désir pur. Dans une nature électrique précédant la tempête, au crépuscule, entre chien et loup, dans la campagne d’Athènes, le philosophe Socrate parle à un jeune homme appelé Lycaon.

Que lui dit-il ? qu'il va agir, qu'il ne dira plus "les mots qu'on lui a mis dans la bouche", qu'il va commettre, sur l'agora, le seul acte viable, intolérable, le seul capable d'engager l'homme dans sa vérité : le geste – dérisoire mais total – de caresser la peau de la poitrine nue de l’éphèbe Charmide. Il ne parlera pas comme il en a l'habitude, il effleurera seulement sa chair. Formidable paradoxe d'une parole appelant à son propre silence. À cet acte culturellement impie, la société d’Athènes répondra par la mise à mort de Socrate, par son lynchage public. Il y a quelque chose de la brutalité du mythe moderne de Pasolini dans ce Socrate dé-platonisé. Et Dimitriadis nous pousse une fois encore aux confins de nous-mêmes, aux limites de nos mensonges et de nos compromis. Il faut l'entendre. »

Avec

Caterina Gozzi et Laurent Charpentier

Ecrivain et traducteur, Dimitris Dimitriadis vit à Thessalonique, en Grèce. Sa première pièce, Le Prix de la révolte au marché noir, a été montée en 1968 par Patrice Chéreau. Plusieurs de ses œuvres ont été mises en scène par Anne Dimitriadis, Yannis Kokkos , Giorgio Corsetti et Caterina Gozzi . Un cycle lui a été consacré sur France Culture et à l’Odéon – Théâtre de l’Europe, en 2010.

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