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Sophonisbe

1h59
À retrouver dans l'émission

Réalisation : Michel Sidoroff

D'après la mise en scène de Brigitte Jaques-Wajeman

Conseillère littéraire Laurence Courtois

La scène se passe en 203 avant J. C. à Cyrthe, capitale du Royaume de Syphax (aujourd’hui Constantine en Algérie), à la fin de la seconde guerre punique (la guerre entre Rome et Carthage). Hannibal, le grand général carthaginois est encore en Italie, où il a menacé Rome. Scipion, consul de Rome, a décidé de porter la guerre en Afrique du Nord (alors appelée Numidie).

La Reine Sophonisbe, carthaginoise, fille d’Hasdrubal, a dû épouser le Roi Syphax, qui vient de défendre la ville de Cyrthe contre les Romains. Elle a connu autrefois à Carthage le prince Massinisse, autre Roi de la Numidie, et ils étaient épris l’un de l’autre. Massinisse est à présent l’ami des Romains, commandés par le consul Lélius (lieutenant de Scipion). Massinisse et son armée sont devant Cyrthe, et Lélius, qui arrive de la ville d’Utique (au nord de Carthage) approche aussi de Cyrthe.

Lorsque la pièce commence, une trêve vient d’être demandée par les Romains entre l’armée romaine et celle de Syphax. Après la fin de la pièce, et donc après la mort de Sophonisbe, Scipion écrasera Hannibal, rappelé à Carthage, et ce sera la fin de la seconde guerre punique (202 av. J.C.)

« Dans Sophonisbe (1663), se mêlent des haines politiques féroces (entre Carthage et Rome) à une atmosphère érotique très intense… La figure de Sophonisbe est admirable de grâce et de violence, de courage et de folie.

Princesse carthaginoise, fille du général Hasdrubal, fiancée à Massinisse, jeune roi de Numidie orientale, elle a dû épouser Syphax, le vieux roi de Numidie occidentale et sacrifier son amour de jeunesse à sa patrie. Ce sacrifice a été pour elle un arrachement et déterminera tout son comportement durant la pièce. Malgré son dévouement à Carthage, la jalousie, funeste passion, prendra le pas sur toute autre considération et conduira la jeune femme au suicide. Après Carthage, Rome conquérante impose son empire sur toute l’Afrique du Nord.

Résistance et collaboration, révolte et soumission, répugnance et fascination s’entremêlent inextricablement dans les intrigues politiques de Sophonisbe et Pompée [les deux pièces ont été mises en scène en même temps par BJW]. L’intérêt des situations est redoublé par le fait que, souvent, les opprimés se révèlent odieux et les oppresseurs plutôt généreux ! Le désir insatisfait et la guerre constituent l’arrière-plan de Sophonisbe .

À la lumière de l’actualité, printemps arabes, guerres en Afrique, affrontements des puissances occidentales et du Moyen-Orient, cette profonde réflexion sur l’histoire coloniale, éclaire singulièrement notre propre condition. Comme Shakespeare, Corneille a osé mélanger les deux registres de la comédie et de la tragédie, ce qu’on lui a reproché longtemps. Son « impureté » fait aujourd’hui sa modernité, car nous vivons des temps impurs.

Brigitte Jaques-Wajeman

Avec : Aurore Paris, Malvina Morisseau, Bertrand Suarez-Pazos, Pascal Bekkar, Marion Lambert, Thibault Perrenoud, Marc Arnaud, Sophie Daull, Eric Jacobiaj, Anthony Audoux, Yacine Aït-Benhassi

Pierre Corneille , né à Rouen le 6 juin 1606 et mort à Paris le 1er octobre 1684, est un dramaturge français, frère de Thomas Corneille. Ses pièces les plus célèbres sont Le Cid, Cinna, Polyeucte et Horace . La richesse et la diversité de son oeuvre reflètent les valeurs et les grandes interrogations de son époque.

Formée dans les classes d’Antoine Vitez, Brigitte Jaques-Wajeman travaille en tant que comédienne dans plusieurs de ses spectacles de 1969 à 1974. En 1974, dans le cadre du Festival d’Automne à Paris, elle réalise sa première mise en scène en créant, pour la première fois en France, la version intégrale de L’Éveil du printemps de Frank Wedekind, dans une nouvelle traduction de François Regnault. En 1976, elle fonde, avec François Regnault, la Compagnie Pandora, qui devient le Théâtre de la Commune-Pandora au Centre dramatique national d’Aubervilliers lors de sa nomination à la direction en 1991 jusqu’en 1997.

Puisant dans les répertoires classiques et modernes, elle a mis en scène plus d’une trentaine de pièces présentées lors de festivals et dans de nombreux théâtres, en France et à l’étranger (Comédie-Française, Chaillot, Odéon, Athénée, Théâtre de la Ville…). Ayant le souci de la langue et, particulièrement, de la langue versifiée, Brigitte Jaques-Wajeman s’emploie à révéler la dimension charnelle, sensuelle, des mots. Pierre Corneille étant son auteur de prédilection, elle monte neuf de ses textes.

Musique originale de : Marc Olivier Dupin

Bruiteuse : Sophie Bissantz

Prise de son, Montage et Mixage : Jean Richard Dufour et Ludovic Auger

Assistante à la réalisation : Marion Guilhen

L'équipe
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