LE DIRECT

"Tous contre tous" suivi de "Le temps vivant"

1h59
À retrouver dans l'émission

Cycle Arthur Adamov : la radio et le politique 2/2

Sur une idée de Gabriel Garran

Choix des textes : Laura Tirandaz

Conseillère littéraire : Laurence Courtois

« Le temps est venu de dissocier Adamov de la « troïka », et de considérer en soi son œuvre. Il n’a pas bénéficié d’une œuvre-socle comme Beckett avec En attendant Godot ou Ionesco avec Les Chaises , bien que des hommes comme Jacques Lemarchand et Jean Anouilh dans les colonnes du Figaro l’ont défendu corps et ongles. Ce qui le différencie, c’est qu’il s’y implique à partir de sa vie d’écorché et s’immerge dans une dramaturgie obsessionnelle.

La clé d’Arthur Adamov, son fil conducteur réside dans la névrose et les rêves. Ses thèmes et personnages pivotent autour du binôme écartèlement / persécution, son théâtre parfois sardonique inclut une terreur sourde derrière les mécanismes du réel. »

Gabriel Garran dans ses notes sur Adamov pour la présentation des Retrouvailles.

Adamov a beaucoup écrit pour la radio : France Culture, mais aussi pour les radios allemandes, qui ont été à l’origine de beaucoup de textes radiophoniques. C’est ainsi qu’a été redécouverte la pièce Les Fêtes de l’Indépendance , écrite pour Radio Stuttgart, et publiée par André Dimanche Editeur.

Ce cycle consacré à Adamov s’est donc organisé autour de la radio – comme origine des oeuvres mais aussi comme élément dramaturgique –, et de la politique, un des grands thèmes d’Adamov, qui prend un écho et une dimension particulière dans notre époque.

Ce cycle n’aurait pas vu le jour sans l’impulsion de Gabriel Garran, qui oeuvre continuellement à la redécouverte et à la transmission de l’œuvre d’Adamov.

Tous contre tous

Réalisation, Jean Matthieu Zahnd

Conseillère littéraire : Laurence Courtois

Ecrit en 1952, Tous contre Tous nous plonge dès les premières répliques dans un climat de terreur et d’oppression politique.

Nous sommes dans un pays occidental, la crise fait rage, les gouvernements se succèdent, impuissants pour lutter contre le chômage et la misère sociale. La foule des ouvriers au chômage focalise sa frustration et sa haine contre les réfugiés, qu’on reconnaît à leur boitement. Les gouvernements soufflent pour attiser et calmer alternativement les braises de la xenophonbie, leur seul programme politique.

Jean Rist, autrefois pauvre ouvrier miséreux, a bâti sa carrière politique sur la haine : Zenno, un réfugié qu’il avait jadis sauvé de ses poursuivants, a séduit et conquis le cœur de sa petite amie Marie.

Une pièce politique qui, au-delà du cadre historique schématique, aisément identifiable à l’époque de Vichy, permet à Adamov d’aller sonder les revers et les opportunismes de ses personnages, la force productive de la haine chez Jean Rist, les lâchetés flagorneuses de Zenno, les mécanismes de la politique chez Darbon. Le seul espoir de pureté et de salut est porté par les figures des deux femmes, Noémi et Marie. Mais l’espoir n’est pas permis.

Avec

Zenno, David Geselson

Jean, Quentin Baillot

Darbon, Hervé Furic

Le jeune homme, Vincent Bramoullé

Marie, Flora Brunier

La mère, Anne Canovas

Noémi, Sarah Capony

La jeune femme, Pauline Ziadé

Le premier garde et le second partisan, Donatien Guillot

Le second garde et le premier partisan, Grégory Quidel

Le boutiquier et l’ouvrier, Régis Chaussart

L’homme, Guy Lamarque

La boutiquière, Nathalie Kanoui

La voix radio, Laurent Cléry

Bruitage, Jean-François Bernard-Sugy

Prise de son, montage et mixage, Pierrick Charles et Kevin le Bars

Assistante à la réalisation, Chloé Mauduy

Tous contre tous est publié aux éditions Gallimard

Suivi de :

Fragments autobiographiques, Voix d’Arthur Adamov (André Dimanche éditeur):

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9 min
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Suivi de la rediffusion d’un extrait de :

Le Temps vivant

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19 min
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Réalisation : Claude Roland Manuel

Cette œuvre traite des troubles de la notion de temps à travers deux cas cliniques et un cas de simulation, imaginés à l'époque du nazisme. Dans un asile de Dresde, Karl Brachtel est un aliéné incurable. Il s'est créé entre le passé et l'avenir dont il a également peur, un jour "tampon" où il demeure immobile, inactif. Dans le même asile, se trouve un simulateur, Georg Bauer. C'est un militant anti-nazi qui s'est réfugié là grâce à la complicité du médecin-chef, mais qui voudrait sortir, pour participer à la lutte. Parallèlement, à Paris, une jeune femme, Henriette Sénéchal, fiancée au résistant Louis Boulanger est hantée par la fuite impitoyable du temps qui l'entraîne. Pour elle, tous les instants se valent et se répètent, sans aucun sens. Quand Hitler décide de supprimer les bouches inutiles et notamment les pensionnaires des asiles, Karl et Georg meurent, l'un dans la passivité, l'autre dans l'espoir. Mais à Paris, devant le danger couru par son fiancé, Henriette triomphe de son obsession. Lorsque les miliciens l'interrogent pour savoir où se cache Louis qui a abattu un collaborateur, elle domine suffisamment sa maladie pour la simuler et permettre ainsi à Louis de prendre la fuite. Au prix d'un mois de prison et d'horreur, elle guérit et peut avec Louis, la Libération venue, affronter la vie.

Création pour la radio par Claude Roland-Manuel, diffusé pour la première fois sur les antennes de la RTF le 12 janvier 1963.

Avec :

Roger Blin, Micheline Bona, Nelly Borgeaud, Michel Bouquet, R.-J. Chauffard, Pierre Decazes, René Farabet, Judith Magre, Pierre Trabaud, ainsi que Geneviève Bray, Henri Cérmieux, Pierre Garin, Renaud Mary, Jean Mauvais, Bernard Mongourdin, Raymond Pelissier, Arlette Thomas.

La suite de l’extrait choisi est à retrouver dans le coffret qu’André Dimanche Editeurs a consacré au Théâtre radiophonique d’Arthur Adamov.

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