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Une journée avec..."a la recherche de l'esprit Européen"

Une journée avec..."A la recherche de L’esprit européen"

1h58
À retrouver dans l'émission

A la veille des élections européennes en France, le samedi 25 mai, France Culture et le Théâtre de la Ville s’associent pour interroger à travers des textes de quatre écrivains, l’esprit européen....soirée enregistrée le 25 Mai

Une journée avec..."a la recherche de l'esprit Européen"
Une journée avec..."a la recherche de l'esprit Européen" Crédits : ©théâtre de la Ville

Ces écrivains décrivent une « Europe mentale » comme l’écrit Paul Valéry, construite et reconstruite sur des cendres. Stefan Zweig en 1916 voit l’Europe comme une nouvelle Tour de Babel, à rebâtir éternellement, une Tour défaite par l’histoire mais s’élevant toujours plus haut grâce aux artisans polyglottes que nous sommes, une Tour symbole du dialogue des nations.  Tous aspirent à une unité spirituelle de l’Europe. De Paul Valéry en 1919 à Laurent Gaudé, Emmanuel Ruben ou Erri de Luca en 2019, tous explorent ce sentiment d’appartenance qui leur permet ou leur permettra de prononcer ces mots « je suis européen » et d’éloigner le spectre de la guerre, plaidant plus que jamais pour la paix et le dialogue. voici les textes dont seront lus des extraits

La Tour de Babel de Stefan Zweig, lu par Valérie Dashwood

En rien épargné par la vague belliciste qui secoue l’Europe en 1914, Zweig se convertit progressivement au pacifisme sous l’influence de Romain Rolland. Il publie ce texte d’abord en français dans la revue de Rolland Le Carmel à Genève en avril puis dans le Vossische Zeitung à Berlin le 8 mai 1916 sans qu’il ne soit censuré. Le texte prend l’allure d’un conte biblique. L’auteur y explique la guerre, le saccage de l’esprit européen qui était en cours d’édification, par la colère divine. La Tour de Babel est un chant d’amour à l’unité européenne et au génie de l’Homme

La crise de l’esprit de Paul Valéry, Première lettre-NRF, 1919, lu par Hugues Quester 

Au lendemain de la première guerre mondiale, Paul Valéry publie dans la NRF du 1er août 1919, La crise de l'esprit dont l'incipit : « Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles » demeurera fameux. L'âme européenne, si riche pourtant de ses grands esprits est presque morte dans ce conflit mondial et il s'agit de comprendre les raisons de cette faillite. La guerre, l'histoire, le déclin, l'identité, autant de questions qui vont hanter durablement le continent européen durant le XXème siècle. Aujourd'hui encore, à une époque de monde globalisé, ces mêmes problématiques traversent de manière sensible et parfois douloureuse l'Europe et les nations qui la constituent.
Né à Sète le 30 octobre 1871 et mort à Paris le 20 juillet 1945, Paul Valéry est un écrivain, poète, philosophe et épistémologue français. En 1890, sa rencontre avec Pierre Louÿs est déterminante pour l'orientation de sa vie de poète. Ce dernier lui présente André Gide et l'introduit dans le cercle étroit de Stéphane Mallarmé, dont il restera un ami fidèle. En 1892, Valéry décide de consacrer l'essentiel de son existence à ce qui appelle "la vie de l'esprit". En 1894, il s'installe à Paris où il se lie avec Paul Léautaud et devient rédacteur au ministère de la Guerre. Paul Valéry a laissé une œuvre considérable parmi laquelle on trouve des écrits poétiques, des essais littéraires, artistiques et philosophiques. Sous l'Occupation, Paul Valéry, refusant de collaborer, prononce en sa qualité de secrétaire de l'Académie française l'éloge funèbre du « juif Henri Bergson ». Cette prise de position lui vaut de perdre ce poste, comme celui d’administrateur du Centre universitaire de Nice. Paul Valéry a été inhumé au cimetière marin de Sète après des funérailles nationales.

Lettres à un ami allemand de Albert Camus, éditions Gallimard, 1945, Lu par Valérie Dashwood 

Je ne déteste que les bourreaux. Tout lecteur qui voudra bien lire les "Lettres à un ami allemand" dans cette perspective, c'est à dire comme un document de la lutte contre la violence, admettra que je puisse dire maintenant que je n'en renie pas un seul mot.

Albert Camus (1948)
Les quatre "lettres à un ami allemand" ont été écrites sous l'occupation. Destinées à des publications clandestines, elles sont nées du combat résistant de Camus, s’y appuient et en proposent une interprétation à la fois morale et politique. La troisième lettre sort du cadre purement français pour souligner que le combat contre la barbarie nazie se joue aussi dans toute l’Europe, riche de la diversité de ses cultures, « ma plus grande patrie », dit l’auteur. Cette lettre ainsi que la préface expriment la foi européenne de Camus et reflètent son action dans le mouvement Combat en 1944, en liaison avec le mouvement fédéraliste européen en particulier italien.

Sur la route du Danube d’Emmanuel Ruben, éditions Rivages, Lu par Irène Jacob
A l'été 2016, Emmanuel Ruben entreprend avec un ami une traversée de l'Europe à vélo. En quarante- huit jours, ils remonteront le cours du Danube depuis le delta jusqu'aux sources et parcourront 4 000 km, entre Odessa et Strasbourg. En choisissant de suivre le fleuve à contre-courant, dans le sens des migrations, c'est l'histoire complexe d'une Europe qui se referme que les deux amis traversent. Mais, dans les entrelacs des civilisations déchues et des peuples des confins, affleurent les portraits poignants des hommes et des femmes croisés en route, le tableau vivant d'une Europe contemporaine.

Nous, l’Europe – le banquet des peuples, de et lu par Laurent Gaudé, éditions Actes Sud.
L’Europe, l’ancienne, celle d’un vieux monde bouleversé par la révolution industrielle, et l’union européenne, belle utopie née sur les cendres de deux grandes guerres, sont l’alpha et l’oméga de ce texte en vers libres relatant un siècle et demi de constructions, d’affrontements, d’enthousiasmes, de défaites et d’espoirs. A l’heure où certains doutent, où d’autres n’y croient plus, ce récit européen humaniste rappelle qu’une mémoire commune, même douloureuse, est un ferment d’avenir. 

Europe, mes mises à feu, Tracts, n°2, de Erri de Luca, éditions Gallimard (extraits), lus par Marie Vialle
Dans cet essai inédit, prolongé par quelques textes d’intervention précédemment parues dans la presse, Erri De Luca exprime son attachement à une Europe ouverte et humaniste. Revendiquant son devoir d’ingérence au nom de la mixité des cultures, il nous offre, par ses mises à feu, sa vision d’une communauté humaine au-delà des frontières – telle que la littérature sait l’incarner : «Le remède obligatoire et immunitaire reste la lecture des livres du monde. Je leur dois d’être porteur de citoyennetés variées et de fraternité européenne.»

Equipe de réalisation : Antoine Viossat, Stéphane Desmonds et Pablo Valero

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