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Voix de femmes : Amélie Nothomb

1h59
À retrouver dans l'émission

Lecture par Amira Casar d’un extrait de Pétronille de Amélie Nothomb

Suivie d’un entretien par Jean Birnbaum, responsable du Monde des livres, avec Amélie Nothomb

Enregistré en public à l’Odéon-Théâtre de l’Europe le 16 mars 2015

Coproduction Odéon-Théâtre de l’Europe / France Culture, en partenariat avec le Monde des livres

Réalisation : Baptiste Guiton

Conseillère littéraire Caroline Ouazana

Pour la deuxième saison, France Culture, l’Odéon-Théâtre de l’Europe et le Monde des livres se sont associés pour un cycle de lectures intitulé Voix de femmes.

Quelles sont ces voix que nous avons convoquées sur le plateau de l’Odéon ? Catherine Millet, Linda Lê, Amélie Nothomb, Mona Ozouf, autant d‘auteures qui occupent une place centrale sur la scène littéraire et intellectuelle française. Ce que nous avons souhaité par-dessous tout, c’est créer la rencontre entre une artiste et un texte, en leur donnant du temps. Nous avons choisi des femmes dont nous aimons les livres, qui creusent patiemment le sillon d’une œuvre. Cette série se déroule à chaque fois en deux temps : en première partie, la lecture par une grande comédienne d’un extrait d’une œuvre, suivie par un entretien conduit par Jean Birnbaum avec l’auteure.

Pétronille d’Amélie Nothomb est publié chez Albin Michel

« L’ivresse ne s’improvise pas. Elle relève de l’art, qui exige don et souci. Boire au hasard ne mène nulle part.

Amelie Nothomb
Amelie Nothomb Crédits : Radio France

Si la première cuite est si souvent miraculeuse, c’est uniquement grâce à la fameuse chance du débutant : par définition, elle ne se reproduira pas.

Pendant des années, j’ai bu comme tout le monde, au gré des soirées, des choses plus ou moins fortes, dans l’espoir d’atteindre la griserie qui aurait rendu l’existence acceptable : la gueule de bois a été mon principal résultat. Je n’ai pourtant jamais cessé de soupçonner qu’il y avait un meilleur parti à tirer de cette quête.

Mon tempérament expérimental a pris le dessus. À l’exemple des chamans amazoniens qui s’infligent des diètes cruelles avant de mâchouiller une plante inconnue dans le but d’en découvrir les pouvoirs, j’ai eu recours à la technique d’investigation la plus vieille du monde : j’ai jeûné. L’ascèse est un moyen instinctif de créer en soi le vide indispensable à la découverte scientifique.

Rien ne me désole plus que ces gens qui, au moment de goûter un grand vin, exigent de « manger un truc » : c’est une insulte à la nourriture et plus encore à la boisson. « Sinon, je deviens pompette », bredouillent-ils, aggravant leur cas. J’ai envie de leur suggérer d’éviter de regarder de jolies filles : ils risqueraient d’être charmés.

Boire en voulant éviter l’ivresse est aussi déshonorant que d’écouter de la musique sacrée en se protégeant contre le sentiment du sublime.

Donc, j’ai jeûné. Et j’ai rompu le jeûne avec un veuve-clicquot. »

«La France est pour moi l’exotisme absolu ; on dira jamais assez à quel point je ne suis pas française.» Fille de diplomate belge, Amélie Nothomb est né en 1967 à Kobé, au Japon. Depuis 1992 et Hygiène de l’assassin , son premier roman, tous les livres d’Amélie Nothomb ont été publiés en France aux éditions Albin Michel. Elle a reçu, entre autres, le prix Chardonne, le Grand prix du roman de l’Académie française, le prix de Flore, et le Grand prix Jean Giono pour l’ensemble de son œuvre qui est traduite dans quarante langues, des USA au Japon.

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