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Dieu peut-il tenir promesse ? (1/2)

58 min
À retrouver dans l'émission

Avant-dernière journée du Forum de cette année. Pour évoquercette première partie de la promesse dans les textes religieux, nous écoutons Delphine Horvilleur, rabbin MJLF et Jean-Luc Marion, philosophe spécialiste de la phénoménologie française. La seconde partie, diffusée demain, s'intéressera à la promesse dans le Coran, avec Rachid Benzine.

Israel's Sephardi Chief Rabbi Shlomo Amar (R) attends a news conference with Ashkenazi Chief Rabbi Yona Metzger at the Ciampino
Israel's Sephardi Chief Rabbi Shlomo Amar (R) attends a news conference with Ashkenazi Chief Rabbi Yona Metzger at the Ciampino Crédits : Reuters

Delphine Horvilleur, rabbin de la communauté MJLF, nommée au Conseil national du Sida, est également directrice de la rédaction du magazine trimestriel Tenou'a, après avoir été journaliste à France2 et à RCJ.

Son enseignement s'attache à rouvrir le Texte à l'art de l'interprétation. Elle nous captive dans un exposé riche des multiples promesses de la religion juive.

Dans une partie du monde juif, toute parole de promesse, toute parole projetée dans le futur, compte "pour du beurre". Du point de vue rabbinique, toute parole engage. Cela génère ainsi une angoisse de tout ce qui serait énoncé et non réalisé, une peur de tout epromesse non tenue. La promesse est ainsi considérée comme un manque d'huimilité, comme une terrible arrogance : comment savoir que la parole pourra bel et bien être tenue ?

Il est nécessaire d'avoir conscience de que l'homme peut prédire et prévoir. Toute parole formulée au futur, parce-qu'elle resemble à une promesse, par esseence dangereuse et engageante, doit immédiatement être annulée par une formule consacrée... telle que "avec l'aide de Dieu" ou "si Dieu veut" ou "sans rien promettre". Delphine Horvilleur s'attache à nous donner des exemple précis et concrets de ce rapport à la promesse. Seul Dieu peut promettre !

Jean-Luc Marion, membre de l'Académie française et spécialiste de la phénoménologie française, est traduit dans une quinzaine de langues européennes. Il est aussi philosophe de l'art et s'est ainsi intéressé à la peinture de Mark Rothko et de Gustave Courbet (Courbet ou la peinture à l’œil , Flammarion, 2014) ou encore à Hergé, auquel il a consacré un Hergé - Tintin le terrible ou l'alphabet des richesses, publié avec Alain Bonfand (Hachette, 2006).

Dans son intervention, il nous explique pourquoi la promesse est une accusation... d'autant plus forte qu'elle est toujours justifiée... par elle-même. La promesse est constamment contredite par le temps et pourtant nous faisons confiance à la promesse de l'autre. Car la promesse est la condition sine qua non de la vie sociale : une société où le mensonge serait la règle disparaîtrait.

Quant à "Je t'aime", il toujours une promesse et, même, une promesse d'éternité... Pourtant, elle dit infiniment plus que ce que chacun d'entre nous peut tenir : elle ouvre tout simplement l'avenir à la possibilité d'aimer.

Spécificité de Dieu : il ne peut prendre à témoin de la promesse que lui-même ! L'origine et le contenu de la promesse est en Dieu. Nous, humains, ne sommes ainsi que des imitateurs de la promesse...

Intervenants
  • rabbin et directrice de la rédaction de la revue Tenou’a
  • professeur à l'université de Chicago, professeur émérite de l'université Paris-Sorbonne, membre de l'Académie française
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