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Le schisme de schiste

5 min
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« Je voudrais attirer votre attention sur l’article 6 paragraphe 1 de notre règlement concernant l’utilisation de l’espace de notre Parlement », alarmait, la semaine dernière, ses collègues du Parlement de l’Union Européen à Strasbourg l’eurodéputé allemande du parti vert Rebecca Harms. Selon elle, cet espace a été utilisé par les industriels faisant du lobbying juste avant le débat parlementaire sur le sujet touchant les intérêts de ces mêmes industries.

Effectivement, pendant que Rebecca Harms alertait la salle, de l’autre coté de la passerelle marquant la frontière entre l’hémicycle et les halls, on a commencé à ranger les caisses des bouteilles vides. Le cocktail a été offert par une entité qui porte le nom La Coalition des Citoyens « Energie Responsable ».

En arrivant au cocktail mes collègues de la télévision estonienne ont pensaient qu’il s’agissait d’une énième initiative pour faire économiser l’énergie, encore ce truc écolo occidental, haha ! Mais, les écrans vidéo en face du bar témoignaient plutôt d’un cauchemar pour la plupart des écologistes européens : on y diffusait l’apologie du gaz de schiste !

Ceux qui parlaient étaient des Polonais. Les logos des sponsors de cette « coalition » étaient également Polonais. Et le débat sur le gaz de schiste de l’autre coté de la passerelle était également initié par un polonais.

L’ancien dissident polonais et notre ancien collègue de RFI aujourd’hui membre du Parti Populaire, Boguslaw Sonik appelle les eurodéputés à ne pas voter un amendement à son rapport intitulé « Incidences sur l'environnement des activités d’extraction de gaz de schiste et de schiste bitumineux ». Un amendement proposé par les Verts et qui proposait de suivre le chemin français : renoncer aux techniques de fracturation hydraulique purement et simplement ! C’est un cas intéressant d’inversement des rôles. Car c’est le rapport de Monsieur Sonik qui joue de facto le rôle d’un amendement. Les chantiers d’exploration entrepris dans son pays ont déjà attiré 1,2 milliard d’euros d’investissements. Imaginez que l’idée française fasse son chemin vers les organes du pouvoir à Bruxelles et qu’on aille vers l’interdiction à l’échelle de l’Union ? Un débat et une résolution préventive donc. Afin de pousser Bruxelles à légiférer dans l’autre sens : laisser chaque pays décider de poursuivre l’exploration ou pas...

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