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Les bourreaux au chômage

6 min
À retrouver dans l'émission

Dans le quartier musulman de la capitale de l’Etat le plus peuplé de l’Inde, l’Uttar Praddesh, à Lucknow, vit un bourreau, Ahmadullah. Dans les colonnes du journal Mumbay Mirror il raconte son histoire.

« Quand j’ai exécuté ma première pendaison je n’avais que 16 ans. Le condamné était aussi un jeune garçon, Majid. Il a été condamné pour un meurtre sauvage. Je ne l’oublierai jamais. Il a été mon premier…»Ahmadullah ne fait que perpétuer une tradition familiale – son père était, lui aussi, bourreau. Le bourreau-en-chef de Lucknow ! Mais les images des autres pendus ne le quittent jamais non plus. « En tout, il doit y avoir entre 20 et 30… Je me souviens de trois frères… Je les ai pendus ensemble… Un parmi eux avait l’air innocent. Il m’a dit qu’il n’avait rien fait. Moi, je lui ai répondu, excuse-moi, tout ce que je peux faire c’est t’accorder cinq minutes de vie supplémentaires».

Pour ne pas être constamment hanté par les visages des pendus Ahmadullah a une méthode imparable : dès qu’ils surgissent dans son esprit il commence à penser à leurs crimes. Ahmadullah ne sait pas si Dieu va apprécier son professionnalisme (il essaye de faire en sorte que les pendus souffrent le moins possible) ou bien s’il va le punir pour les meurtres. Ahmadullah a le blues, parce que, dit-il, « quand un médecin tue – c’est par erreur, quand un policier tue – c’est par obligation, mais quand un bourreau pend – c’est un meurtre ».

Pour télécharger l'émission en mp3

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