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Seva Gakkel, l’ange du rock russe

5 min
À retrouver dans l'émission

Pourquoi écouter du rock russe quand on peut écouter The Cure, The Smiths ou New Order ? On peut dire la même chose des autres chanteurs et groupes rock, qu’ils soient français, brésiliens ou polonais. A quelques rares exceptions près, peu de groupes venant d’ailleurs que « l’anglosphere » ont su innover véritablement la chanson rock. L’originalité du funk brésilien, du rap chinois ou du punk tchèque se trouve surtout dans les textes. Et les petites innovations musicales locales ne retiennent pas l’attention du public globalisé. Bref, si vous ne chantez pas en anglais vous n’avez aucune chance de rentrer au panthéon du rock. Et j’utilise le mot « rock » pas tellement pour définir un style musical particulier, mais plutôt comme une sorte d’esprit, plutôt rebelle. Cet esprit ne connaît pas de frontières. Même à l’époque de la Guerre froide, le rideau de fer laissait passer, à travers le brouillage bien sûr, la musique occidentale. Je peux témoigner de ma propre expérience. Sur le fond de la grisaille soviétique et la propagande communiste c’était à peu près la seule chose qui nous paraissait comme vraie, authentique. L’esprit émanant des chansons rock ne mentait pas. Aujourd’hui ce sont les musicologues, les universitaires qui étudient « le phénomène du rock à l’époque soviétique ». Pour les francophones je signale la parution l’année dernière du livre de Joël Bastenaire « Back In The USSR »…Cette année, on peut célébrer le 40ème anniversaire du premier album rock enregistré en langue russe. Le groupe Akvarium, l’a enregistré à la maison, avec les moyens du bord. Evidemment ce disque n’a pas été mis à la disposition du public à l’époque, car l’esprit rock n’avait rien à voir avec le réalisme socialiste. En me replongeant dans les archives du groupe j’ai fait une découverte. Etonnant, comment un violoncelle transforme une simple ballade!

gakkel
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Le violoncelliste s’appelle Seva Gakkel. Lui, avec Grebenchikov, ils ont formé un noyau dur du groupe le plus populaire des années 80 en URSS. Il y avait aussi un flutiste, comme chez Jethro Tull, des guitaristes et des percussionnistes, comme dans n’importe quel autre groupe rock. Mais c’est Gakkel et Grebenchikov, qui était le centre spirituel du groupe. Maintenant, essayez de vous souvenir d’un autre groupe rock, pas avant-gardiste, vraiment populaire, faisant des chansons, utilisant un violoncelle de la même manière qu’une guitare ? Je n’en connais pas ! Donc, aux travaux sérieux sur le rock venant de « la russosphere », soulignant la persistance de la tradition poétique, le contexte social et politique particulier, je peux ajouter une simple phrase. Le rock russe c’est le violoncelle de Seva Gakkel ! C’est la seule originalité musicale absolument évidente dans laquelle l’esprit du rock, universel, s’est incarné en Russie

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