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Le quartier du Marais à Paris.

Géographie des quartiers gays et lesbiens

1h02
À retrouver dans l'émission

Dans les villes, certains quartiers constituent des lieux importants de sociabilité gay et lesbienne : c'est le cas du Marais à Paris ou du Village à Montréal. Comment ces espaces, pour certains historiques, se sont-ils formés ? Par qui sont-ils habités et fréquentés ? Et quel est leur avenir ?

Le quartier du Marais à Paris.
Le quartier du Marais à Paris. Crédits : CHRISTOPHE PETIT TESSON - Maxppp

Ce soir, pour ligne d’horizon : une immersion dans les quartiers gays et lesbiens. 

Le Castro, à San Francisco. Le Village à Montréal. Le Marais à Paris. Le Principe réal à Lisbonne. Le Chueca à Madrid. Canal Street à Manchester. Eixample à Barcelone. Schöneberg à Berlin. San Telmo à Buenos Aires.  

Depuis quatre ou cinq décennies, ces quartiers ont participé à dessiner, structurer, transformer l’espace urbain des grandes métropoles du monde.  

Espace de visibilité homosexuelle et de concentration commerciale, lieux d’entraide et de disparités, de tension ou de libération, leur perception est souvent chargée de clichés et de représentations déformées. Une autre preuve, s’il en fallait une, que les homosexualités ne sont pas encore banalisées.  

Mais pourquoi a-t-on vu se structurer, au sein de l’espace urbain, des quartiers gays ? Et plus rarement, des quartiers lesbiens ? Comment ces quartiers ont vu le jour ? Qui choisit de s’y installer  ? D’y vivre ? De les faire vivre  ? Qu’est-ce qui se joue en leur sein et le long de leurs frontières ? Enfin, comment se transforment-ils ? Et assiste-t-on à leur disparition progressive ?  Autant de questions et de thématiques qui traverseront ce soir notre émission Géographie à la carte.   

Pour en parler, trois invité·e·s :  

Colin Giraud, sociologue, maître de conférence à l’Université de Nanterre et actuellement chercheur à l’INRAE, Karine Duplan, géographe et enseignante à l’Université de Genève, et Hervé Latapie, activiste, membre de l’association Paris Gay Village, et animateur de la boîte de nuit, Le Tango. 

Ce que l'on fait dans l'association, c'est qu'on visite les différents quartiers gays, parce qu'évidemment, il y a eu le Marais. Mais avant le Marais, il y avait d'autres quartiers avec d'autres caractéristiques. Il y avait par exemple, dans les années de l'entre-deux-guerres, Montmartre. Il y a eu ensuite, après la Seconde Guerre mondiale, Saint-Germain-des-Prés. Et puis, dans les années 1960 jusqu'au début des années 1980, c'était la rue Sainte-Anne, près l'opéra. Et dans nos visites, on essaie de recirculer dans ces quartiers, dans les lieux qui existaient avant et d'expliquer ce qui s'est passé. Hervé Latapie

La place des lesbiennes dans les quartiers gays, je pense qu'il faut la penser en amont en tant que place des lesbiennes dans la ville ou dans l'espace urbain, de façon générale, la place des femmes dans l'espace public. Donc, si les lesbiennes sont moins présentes dans les espaces gays, dans les quartiers gays, c'est effectivement une question de genre. Et le fait qu'on a tendance à assigner les femmes à l'espace privé ou domestique et puis les hommes à l'espace public, et donc une moins grande facilité de circulation dans l'espace public. Karine Duplan

Je pense que c'est fondamentalement ça, en partie, à un moment de l'histoire des gays, des lesbiennes et aussi pour certains et certaines d'entre elles et d'entre eux, c'est une figure qui est quand même très marquante dans l'histoire et les cultures homosexuelles, la figure du quartier refuge, de la fuite vers la ville. Et l'idée que ces espaces, s'ils sont safe, s'ils sont des refuges, c'est aussi parce que, par opposition aux espaces, par exemple familiaux, aux espaces des origines, à des espaces qu'on a quittés parce qu'il était impossible, compliqué, difficile d'y vivre son homosexualité, d'y faire ses apprentissages sociaux, affectifs, etc.      Colin Giraud

Pour aller plus loin :

Être gay à Paris ou à la campagne, pas la même histoire, un article Slate du 26/09/18

Comment San Francisco est-elle devenue « la ville la plus gay » des USA ?, un article Têtu du 18/09/17

LGBT : « L’égalité n’est pas atteinte, elle reste sous condition », un entretien Médiapart du 23/06/19 avec Sylvie Tissot, autrice de Gayfriendly – Acceptation et contrôle de l’homosexualité à Paris et à New York (éditions Raisons d’agir, 2018)

Site du Tango, bar gay et lesbien situé rue au Maire à Paris, dans le 3è arrondissement.

Eléments sonores 

Extrait d'une archive INA : Californie : les nouvelles mœurs, diffusée sur Antenne 2 (1978)

Extrait du film La Vie d'Adèle : Chapitres 1 et 2, d'Abdellatif Kechiche (2013). La scène de rencontre dans un bar lesbien 

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Chanson Smalltown Boy de Bronski Beat (1984)

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J'ai fait ce choix là parce que je trouve qu'à cause du titre et du texte de cette chanson, Smalltown Boy, qui raconte au milieu des années 1980 le témoignage mis en musique d'un jeune gay britannique qui raconte la nécessité de quitter la maison, de quitter la "smalltown" pour rejoindre la grande. Et donc, qui décrit aussi dans son clip le départ de ce jeune garçon de chez lui. Il prend le train avec des amis et il va rejoindre la grande ville. Alors, il va être confronté aussi à de l'homophobie : il va se faire tabasser par un groupe de garçons homophobes. Mais je trouve que c'est une chanson qui a eu un grand succès à l'époque, qui fait partie des cultures gay, on va dire, et qui reprend en fait cette image ou cette thématique de la trajectoire de la fuite vers la ville au milieu des années 1980. Je trouvais qu'elle était intéressante par rapport à nos réflexions sur l'idée que la grande ville avait pu être, à un moment donné, un refuge très particulier, très prisé pour les populations LGBT. Colin Giraud

Intervenants
  • activiste, membre de l’association Paris Gay Village, et animateur de la boîte de nuit Le Tango
  • maître de conférences en sociologie à l'université Paris Ouest-Nanterre La Défense
  • maîtresse-assistante en Géographie et collaboratrice scientifique en Études sur le genre à l’Université de Genève
L'équipe
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