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Graffiti de Gisèle Halimi, Palais de justice, Paris, mars 2021.

1. Gisèle Halimi, la révoltée de la Goulette

59 min

Comment une petite tunisienne de la Goulette est-elle devenue l'icône du féminisme français ? C’est dans la Tunisie sous protectorat français que commence l’histoire de Gisèle Halimi, au sein d’une famille où l’on parle le judéo-arabe et où l’on admire la France.

Graffiti de Gisèle Halimi, Palais de justice, Paris, mars 2021.
Graffiti de Gisèle Halimi, Palais de justice, Paris, mars 2021. Crédits : Marie-Pierre Ulloa

J'avais un grain, mon grain, c'était non. Non, c'est non. Je ne considère pas que j'ai à servir mes frères parce qu'ils sont garçons. Ce n'est pas parce que je suis une fille que je devais renoncer à mes études. (Gisèle Halimi)

Tunis, 1950.
Tunis, 1950. Crédits : Gamma-Keystone - Getty

Nous sommes dans les années 30, le colonialisme en Tunisie est à son apogée et il suffit de fermer les yeux pour imaginer l’enfance de Gisèle Halimi à la Goulette : "si les Français trouvent que les Arabes ne sont pas des gens comme nous, ils n'ont qu'à les abandonner à eux-mêmes. Laisser tomber, mais pas nous tirer dessus", écrit-elle dans le Lait de l’Oranger, 1988. 

Une majorité de Juifs ont vu dans la présence française un facteur d’émancipation. C'était pour eux, une façon d'échapper, disons, à leur condition minoritaire. (Sophie Bessis)

Gisèle Halimi évoluait et grandissait, entourée de ses frères et de sa sœur aînée. Hormis la révolte constante qui l'animait, un autre événement va marquer son enfance : la perte dramatique d’un petit frère.

Je me dis que finalement, tout ce qu'elle a plaidé, tous ces hommes qu'elle a défendu après, c'était quelque part pour les sauver de la mort... Elle ne raconte pas simplement des ‘anecdotes de sa vie’. C'est beaucoup plus que ça. (Samia Kassab-Charfi) 

Gisèle Halimi est profondément intéressée par la littérature, elle est une élève studieuse qui se jette dans la lecture avec une passion boulimique. Ces livres la transportent dans un monde “dangereux”, celui du féminisme, selon Fritna, sa mère.

"Problème réglé, Gisèle ne servirait plus ses frères ni à table, ni dans la chambre, ni jamais : "l'accord conclu et un premier potage avalé, je me jetais sur les makrouts. Semoule frite farcie de dattes et enrobées de miel spécialement confectionnées par ma grand-mère pour briser la grève. Il accompagnèrent délicieusement ma première victoire féministe !” écrit Gisèle Halimidans le Lait de l’Oranger, 1988. 

Gisèle Halimi et son père Edouard Taieb
Gisèle Halimi et son père Edouard Taieb

Apprendre, s’instruire, c’était bien, mais à condition de « ne pas sortir de sa sphère », comme on répétait chez elle. Une question s'impose, comment s’émanciper sans trahir sa famille ?

Lecture de texte : Refka Payssan 

Prise de son : Romain Luquiens, Nicolas Mathias, Stéphane Beaufils et Clara Galivel

Mixage : Bernard Laniel 

Archive INA : Haude Vincent

Documentation : Annelise Signoret

Avec la collaboration de : Mariam Ibrahim

Remerciements : Erige Sehiri, Meriem Ben Mansour, Habib Kazdaghli, Karim Miské, Daniel Cohen, Raja Ben Slama

Bibliographie : 

  • Gisèle Halimi, "Le lait de l'oranger", Ed. Gallimard, 1988.
  • Gisèle Halimi, "Une embellie perdue", Ed. Gallimard, 1995.
  • Gisèle Halimi, "Fritna", Ed. Pocket, 2008.
Intervenants
  • Avocat, fils de Gisèle Halimi
  • Cousin de Gisèle Halimi
  • historienne, spécialiste de l'Afrique subsaharienne et du Maghreb, ainsi que de la condition des femmes dans le monde arabe
  • Professeure de littérature à l'université de Tunis
  • historienne, directrice de recherche au CNRS, a dirigé l’ouvrage intitulé « L'Algérie au présent : entre résistances et changements », ed. Karthala / IRMC.
  • Habitant de la Goulette, Tunisie.
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