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Gisèle Halimi, la Goulette, Tunis, 1951.

2. Qui êtes vous Messieurs les Juges ?

59 min

En 1949, Gisèle s’inscrit au barreau de Tunis. Elle se marie, a deux enfants, puis, peu avant l’indépendance de la Tunisie, s'installe à Paris. Mais la guerre d’Algérie va faire d'elle une "avocate irrespectueuse"...

Gisèle Halimi, la Goulette, Tunis, 1951.
Gisèle Halimi, la Goulette, Tunis, 1951.

Gisèle Halimi remarque une forme de décalage, elle n'est pas certaine de répondre aux traits de personnalité requis pour être une bonne avocate, car il faut prendre des distances. Chose très difficile pour Gisèle Halimi, qui dira en 2012 "avoir toujours l’impression que c’est elle-même qu'elle défend."

Jean-Yves Halimi et Serge Halimi, photographie non datée.
Jean-Yves Halimi et Serge Halimi, photographie non datée.

Dans l’album de famille que feuillette Jean-Yves Halimi, son fils aîné, il y a des photos de Gisèle Halimi, en Italie, en voyage de noces, au bras de son deuxième mari, Paul Halimi, dont elle conservera le nom. On essaye de deviner derrière ces photos de jeunes amoureux le contexte politique qui les séparera bientôt : entre communisme, sionisme, anticolonialisme… 

Gisèle et Paul Halimi, Rome, 1952.
Gisèle et Paul Halimi, Rome, 1952.

L'Algérie était considérée comme faisant partie de la France, comme un département français. Donc tous ceux qui voulaient s'opposer à la présence française en Algérie sous la forme d'une possible indépendance étaient considérés comme des terroristes ou des ennemis, évidemment, qui voulaient détruire la nation française. (Benjamin Stora)

C'est à ce moment-là qu'elle découvrit peu à peu, la brutalité de la guerre et la réalité d'une justice qui détonne avec ses lectures d'enfance.  " Aussi mes plaidoyers contre la torture devinrent-ils tout naturellement une succession de questions, presque de cris. J’interpellais les tribunaux. “Qu’est la France ? Le Siècle des Lumières, les droits de l’Homme ou cette barbarie ? Qui êtes-vous, messieurs les Juges ? Qui représentez-vous, à l’ombre de ce drapeau ?” J’avais mal, je réglais mes comptes. “Qui ment ? Les philosophes, l’histoire de ce pays ou vous ? Les livres ou la réalité de la guerre ?” Gisèle Halimi, Le Lait de l’Oranger, 1988.

C'est elle, l’ancienne colonisée, indigène, juive tunisienne, de La Goulette, qui va donner des leçons à la République française. (Karima Dirèche)

Lecture de texte : Françoise Gillard

Prise de son :  Nicolas Mathias, Romain Luquiens, Stéphane Beaufils et Clara Galivel

Mixage : Bernard Laniel

Archive INA : Haude Vincent

Documentation : Annelise Signoret

Avec la collaboration de : Mariam Ibrahim

Remerciements : Erige Sehiri, Habib Kazdaghli, Karim Miské

  • Gisèle Halimi, "Le lait de l'oranger", Ed. Gallimard, 1988.
  • Gisèle Halimi, "Avocate Irrespectueuse", Ed. Pocket, 2003. 
Intervenants
  • historienne, directrice de recherche au CNRS, a dirigé l’ouvrage intitulé « L'Algérie au présent : entre résistances et changements », ed. Karthala / IRMC.
  • Historien, membre du conseil d'administration de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, et ancien président du conseil d'orientation de la Cité nationale de l'histoire de l'immigration.
  • historienne, spécialiste de l'Afrique subsaharienne et du Maghreb, ainsi que de la condition des femmes dans le monde arabe
  • Avocat, fils de Gisèle Halimi
  • Historienne et sociologue, docteure de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales
  • Juriste
  • Cousin de Gisèle Halimi
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