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Gisèle Halimi, Marie-Claire Chevalier et Michèle Chevalier, Bobigny, 1972.

4. La justice pour changer la société

59 min

Pour Gisèle, interdire le droit à l’avortement c'est réduire les femmes à l’esclavage ; en 1972 elle fait du Procès de Bobigny une “tribune” pour changer la loi. Ils restent bien d'autres combats, comme celui contre la “culture du viol” : s'ouvre un autre grand procès, celui d'Aix...

Gisèle Halimi, Marie-Claire Chevalier et Michèle Chevalier, Bobigny, 1972.
Gisèle Halimi, Marie-Claire Chevalier et Michèle Chevalier, Bobigny, 1972. Crédits : Michel Artault - Getty

Gisèle Halimi pense qu'on ne peut condamner une femme à avoir un enfant si elle a décidé du contraire. L'avocate refuse toute loi qui l'empêcherait de s’appartenir physiquement. Elle affirme en 1973 qu'on a "aboli tous les esclavages dans le monde sauf celui-là, ce n’est pas tolérable.

Quand Gisèle Halimi crée "Choisir la cause des femmes", ce n'est pas une voix discordante des mouvements féministes mais une voix un petit peu à part, son engagement n'est pas toujours bien vu. (Michelle Perrot)

Elle installe ‘Choisir’ à côté de son bureau d’avocate, juste en dessous de son appartement. Toute sa vie est là. Elle y étudie les procès à venir, comme celui de Marie-Claire Chevalier et sa mère, qui avait aidé sa fille adolescente à avorter. 

On tient là l'exemple typique des conséquences sociales de la loi sur l’avortement, qui touche particulièrement les femmes des classes populaires. Elles ont la double peine de devoir subir des avortements clandestins dangereux pour leur santé, et en plus, elles sont sujettes à la répression, ayant moins de ressources pour y échapper. (Bibia Pavard) 

Tout va se passer dans un prétoire dont l’avocate, au sommet de son art, fait une scène de théâtre. Elle est à la fois l’autrice, la metteuse-en-scène et l’actrice principale de la pièce qui se joue ici. 

Gisèle Halimi et Delphine Seyrig, Bobigny, 1972.
Gisèle Halimi et Delphine Seyrig, Bobigny, 1972. Crédits : Michel Clement - AFP

L’avortement est-il un meurtre ? Je dis que c’est un faux débat. C’est le meurtre de qui ? D'un embryon ? D’un fœtus ? D’une potentialité ? La vie de la femme, moi m’intéresse, parce qu’elle existe, elle est structurée, elle est autonome et certaine. (Gisèle Halimi)

Partout dans le monde on a entendu parler du Procès de Bobigny qui a permis de légaliser l’avortement en France, plusieurs années après le Royaume Uni, les Pays-Bas, et aussi la Tunisie natale de Gisèle. Ses paroles retentissent dans les journaux, les télés, les radios ; et arrivent aux oreilles d’une jeune femme en Belgique, victime d’un viol collectif, Anne Tonglet. Elle précise que Gisèle Halimi a été une bouée de sauvetage qui lui a permis de survivre : "C’est pour ça que je suis encore là, et que je veux continuer. Parce que le combat de Gisèle Halimi et le nôtre a été très dur. Finalement, on a donné notre vie à la cause des femmes. "

Gisèle Halimi, Anne Tonglet, Araceli Castellano et Pierre Emmanuel, Palais de Justice d'Aix-en-Provence, 1978.
Gisèle Halimi, Anne Tonglet, Araceli Castellano et Pierre Emmanuel, Palais de Justice d'Aix-en-Provence, 1978. Crédits : Gerard Fouet - AFP

Le viol, c’est la mort d’une femme dans une femme. Je ne connais pas de femme violée qui se soit complètement remise. (Gisèle Halimi)

Anne Tonglet
Anne Tonglet Crédits : Ilana Navaro

Lecture de texte : Françoise Gillard

Prise de son : Romain Luquiens, Nicolas Mathias, Pierre Henry, Nicolas Depas Graf

Mixage : Bernard Laniel

Archive INA : Haude Vincent

Documentation : Annelise Signoret

Avec la collaboration de : Mariam Ibrahim

Bibliographie : 

  • Gisèle Halimi, "Viol : le procès d'Aix-en-Provence", Ed. L'Harmattan, 2012.
Intervenants
L'équipe
Production
Réalisation
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