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La crise affecte d'abord les enfants. Un sur deux est pauvre en Argentine, selon l'Unicef. Ici, goûter populaire à la Matanza, à l'Ouest de Buenos Aires.

Argentine : vivre avec 50% d’inflation

56 min
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En Argentine, les prix ont augmenté de 50% en un an. Comment fait-on pour vivre avec une telle inflation des prix ?

La crise affecte d'abord les enfants. Un sur deux est pauvre en Argentine, selon l'Unicef. Ici, goûter populaire à la Matanza, à l'Ouest de Buenos Aires.
La crise affecte d'abord les enfants. Un sur deux est pauvre en Argentine, selon l'Unicef. Ici, goûter populaire à la Matanza, à l'Ouest de Buenos Aires. Crédits : Caroline Vicq - Radio France

Difficile à imaginer chez nous, mais en Argentine tout le monde a appris à vivre avec l'inflation. Tout le monde y est habitué et préparé. 

L'assurance anti-inflation des Argentin.es, c'est le dollar. 

Ceux qui en ont en Argentine, sont, avec cette crise, deux fois plus riches, puisque le peso ayant été dévalué, on en a deux fois plus pour un dollar. 

Les grands perdants sont ceux qui n'avaient déjà pas la capacité d'épargner pour en acheter. 

Le dollar est facteur d'inégalité, remède à l'inflation, mais aussi la cause de l'inflation, chaque crise renforçant son attrait, et la dollarisation de l'économie et donc le problème. 

Une économie qui se caractérise par son très faible niveau de bancarisation. Les Argentin.es n'avaient déjà pas confiance dans les banques, depuis 2001, chaque crise les en éloigne un peu plus. A la différence que cette fois, il n'y a pas eu cette fois de blocage des capitaux. Les Argentin.es peuvent toujours sortir l'argent de leurs comptes, contrairement à 2001, ce qui avait déclenché des manifestations monstres. 

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Aujourd'hui encore, les "piqueteros" et leur batteries défilent et occupent les rues. 

C'est "compliqué" disent souvent les Argentin.es pour décrire leur système. 

Bienvenu dans un pays où l'on met l'argent sous le matelas, où l'on achète sa maison en cash, où l'on emprunte à plus de 60%, où l'on paye plus de 100% d'intérêt pour un découvert. 

Bienvenu dans un pays qui a déjà fait huit fois défaut sur sa dette, mais continue de séduire régulièrement les marchés financiers, et notamment les capitaux hirondelles, "capitales golondrinas", ces capitaux de court terme qui profitent des taux d'intérêt extravagants dans le pays, puis repartent d'un coup, ce qui peut provoquer la panique, comme ce fut le cas en avril. 

Bienvenu dans un pays qui a su emprunter sur 100 ans en 2017, et n'inspirait plus la confiance un an plus tard. 

Bienvenu dans un pays qui a su encore une fois recevoir un prêt gigantesque du FMI, 57 milliards de dollars, malgré son histoire tourmentée avec le fonds. 

Bienvenu dans un pays qui dans un an élit son ou sa présidente, ce qui laisse la porte ouverte à tous les scénarios. Un pays où presque 30% des habitants sont en dessous de l'indice de pauvreté, et surtout un enfant sur deux. 

Reportage à Buenos Aires et à la Matanza de Marie Viennot, avec Caroline Vicq (repérages et traduction), et Santiago Benitez Araujo.

Intervenants
  • géographe, professeur à l'université Paris 3, ancien directeur de l'Institut des hautes études de l'Amérique latine (IHEAL) et du Centre de recherche et de documentation des Amériques (CREDA)
L'équipe
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