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Images des différents jeunes dont l'ONG a choisi cette année de médiatiser le sort pour expliquer la situation des droits humains dans le monde entier

Signer pour sauver des vies et défendre des droits, pour l'Égypte, le Mexique, le Canada

55 min
À retrouver dans l'émission

L’engagement de la jeunesse au cœur de la campagne d’Amnesty international "10 jours pour signer" débute ce vendredi. Dix jours pour aider autant de jeunes à travers le monde qui luttent contre les violences policières, pour la planète, le droit au logement, l'aide aux migrants.

Images des différents jeunes dont l'ONG a choisi cette année de médiatiser le sort pour expliquer la situation des droits humains dans le monde entier
Images des différents jeunes dont l'ONG a choisi cette année de médiatiser le sort pour expliquer la situation des droits humains dans le monde entier Crédits : Amnesty international

Comme chaque année, à l’approche de la journée internationale des Droits de l’Homme, France Culture s’associe à la campagne d’Amnesty international, "10 jours pour signer". 

Pendant 10 jours, l’ONG appelle à se mobiliser en faveur de personnes dont les droits sont bafoués.

Signer une pétition, écrire une lettre aux autorités, faire connaître (via les réseaux sociaux) ces cas de persécutions, d’abus de pouvoir ou de discriminations : autant de façons de manifester son soutien et de devenir – même modestement – un défenseur des droits humains. Un défenseur cette année de jeunes militants qu'Amnesty défend. 

La jeunesse se lève… Du Mexique à l'Iran, du Canada à l'Egypte en passant par la France, la Grèce, le Bélarus, Nigeria ou encore les Philippines, des jeunes s'engagent pour dénoncer les injustices, la pauvreté, les discriminations, les violences, la répression politique ou l'inertie des gouvernements. Ils constituent selon Amnesty international "de puissants moteurs du changement", comme on a pu le voir lors des mouvements de grève pour le climat Fridays for Future à l'initiative de la jeune Greta Thunberg.

Avec cette nouvelle campagne, Amnesty international braque ses projecteurs sur dix situations emblématiques et appelle par exemple à soutenir Sarah Mardini et Seán Binder, 25 ans, qui risquent autant d'années de prison pour avoir porté assistance aux migrants sur l'île grecque de Lesbos, les jeunes de la communauté amérindienne de Grassy Narrows, dans l'Ontario, empoisonnée au mercure depuis un demi siècle et qui attend toujours aides et soins médicaux ou encore Ibrahim Ezz El-Din. Ce jeune Égyptien, enquêtait, lui, sur le droit au logement pour la Commission égyptienne des droits et libertés (ECRF). 

Les disparitions forcées, marque du régime Al-Sissi

Quand Ibrahim Ezz El-Din commence ses recherches sur les bidonvilles du Caire, nous raconte notre correspondant au Caire Martin Roux, il a seulement 24 ans. Il sort tout juste de la faculté d’architecture.

En Egypte, le sujet est sensible. Éradiquer les bidonvilles est l’une des priorités affichées du président Abdel Fattah Al-Sissi.

Des quartiers entiers sont démolis, les habitants expulsés à la périphérie du Caire. Quand ils expriment leur colère, ils sont violemment réprimés. Le sujet est absent des médias. Ibrahim en était l'un des voix qui s'en faisait l’écho.
Enlevé la nuit du 11 juin 2019, il a été détenu au secret. Nous retraçons l'itinéraire d'Ibrahim Ezz El-Din. Le directeur de l'ONG, la seule en Egypte à oser enquêter sur les disparitions forcées du régime Al Sissi, revient sur les circonstances de la disparition du jeune chercheur. Depuis la prise de pouvoir du président Al-Sissi, une vague de répression sans précédent s’est abattue sur le pays. L'ONG Human Rights Watch dénombre plus de 60 000 prisonniers politiques. Des détenus qui sont bien souvent enlevés par la sécurité d’État, le tout puissant service de surveillance du ministère de l’Intérieur. On parle alors de disparitions forcées. L'histoire d'Ibrahim Ezz El-Din illustre les attaques brutales portées par le régime du président Al-Sissi contre la jeunesse militante égyptienne. Son avocat a tellement peur qu'il refuse de témoigner et même de rendre son nom public. 

Nous irons aussi dans les locaux de Mada Masr. Ce site d’information, dernier média indépendant et critique, a subi un raid de la sécurité d'Etat après avoir publié un article sur le pouvoir grandissant du fils du président égyptien.
 

Enlevé sans raison par la police et torturé : ce jeune Maya n'a que 14 ans

Au Mexique, un an après son arrivée au pouvoir, le président Andrés Manuel López Obrador (AMLO) n'a pas réussi malgré ses promesses à endiguer la militarisation de la police et endiguer une répression toujours plus importante.

José Adrian, un jeune d’origine Maya n’avait que 14 ans lorsqu’il a été enlevé sans raison par la police, torturé. Pour le faire sortir de prison, sa famille a dû s’endetter. Les policiers restent impunis. Avec Alix Hardy, nous retracerons le calvaire du jeune José et dresserons le bilan d’un an de pouvoir du président Lopez Obrador, bien maigre en matière de lutte contre les violences des forces de sécurité. L'impunité règne en maître. Souvent en raison d'une culture du résultat explique un spécialiste du système pénal mexicain. Pour faire du chiffre, les policiers n'hésitent pas à multiplier les abus. Une militante dénonce une "rupture de l'ordre démocratique" au Mexique.

Une rupture de l'ordre démocratique

Comme les deux dernières années, nous raconte Alix Hardy depuis Mexico, 2019 devrait battre des records et devenir l’année la plus violente jamais enregistrée. Depuis 2006, une guerre de basse intensité se déroule au Mexique, depuis que les forces armées sont descendues dans la rue pour combattre le crime organisé. 250 000 morts plus tard, le nouveau président Andrés Manuel López Obrador a lui été élu sur un discours pacifiste. Il dit qu’il refuse de combattre le feu par le feu. Mais rien n'a changé.

Dans ce "Grand Reportage", nous avons choisi d'évoquer aussi les droits des peuples autochtones souvent bafoués, particulièrement ceux de la communauté de Grassy Narrows, au Canada. Une communauté de l’Ontario qui se bat pour obtenir des avancées dans l’empoisonnement de ses cours d’eau au mercure et la contamination de 90% de sa population. 

En juin 2019, plus de 40 représentants de la collectivité de Grassy Narrows ont parcouru 1 700 km de leur domicile jusqu'à Toronto, exigeant que le gouvernement canadien construise une maison et un centre de traitement pour empoisonnement au mercure.
En juin 2019, plus de 40 représentants de la collectivité de Grassy Narrows ont parcouru 1 700 km de leur domicile jusqu'à Toronto, exigeant que le gouvernement canadien construise une maison et un centre de traitement pour empoisonnement au mercure. Crédits : Allan Lissner

Voici ce qu'écrit Amnesty international "Des jeunes autochtones exigent la dépollution de leurs terres ancestrales. _Depuis plus de cinquante ans, du mercure empoisonne les rivières et les poissons, essentiels à la subsistance du peuple autochtone Anishinaabe de Grassy Narrows, dans le nord-ouest de l’Ontario (Canada)_. C’est à l’heure actuelle l’une des pires crises sanitaires jamais connues dans le pays. Tout a commencé dans les années 1960, lorsque le gouvernement a autorisé une usine de pâte à papier à déverser 10 tonnes de mercure dans le réseau hydrographique. En raison des fortes concentrations de ce métal lourd dans le poisson et de l’inaction du gouvernement, les Anishinaabe ont perdu leurs traditions culturelles, leurs moyens de subsistance et ont développé de graves problèmes de santé en grandissant. À Grassy Narrows, neuf habitants sur dix présentent des symptômes liés à un empoisonnement au mercure, parmi lesquels des troubles neurologiques. En 2017, le gouvernement a promis de régler la crise liée au mercure « une bonne fois pour toutes ». Mais rien n'a changé et les promesses de Justin Trudeau sont restées lettre morte. Nous entendrons le désespoir et l'indignation des membres de cette communauté dans le reportage de Pascale Guéricolas.

La criminalisation des ONG d'aide aux migrants

Deux jeunes enfin, la Syrienne Sarah Mardini et l'Allemand Seán Binder, deux bénévoles qui portaient secours aux migrants sur l’île grecque de Lesbos risquent 25 ans de prison. Autant que leur âge. Tous deux travaillaient au sein de l'ONG grecque ERCI (Emergency Response Centre International) "C'est ironique, nous raconte Seán, parce que j'avais justement choisi de travailler avec cette ONG car elle intervenait en coordination avec les autorités et à leur demande. Or ce sont les policiers avec lesquels nous travaillions depuis plusieurs mois qui nous ont arrêtés !". Seán et Sarah sont accusés de participation à une organisation criminelle, blanchiment d'argent, fraude, espionnage. Notre dossier est vide, dénoncent-ils. Tous deux sont disent-ils "dans les limbes", en attendant le verdict. Ils ont déjà fait plus de 100 jours de prison. Ils espèrent être acquittés. Mais d'ores et déjà, regrette Seán, la police a réussi. "Plus aucune ONG n'intervient sur les rivages de Lesbos où nous sauvions des vies, par crainte de poursuites interminables et coûteuses, même en cas d'acquittement".  

Leur défense par Amnesty prend la forme d’un réquisitoire contre la criminalisation des ONG d’aide aux migrants et réfugiés. Nous irons à Lesbos où les poursuites ont découragé plusieurs bénévoles engagés aux côtés des réfugiés et migrants mais où d'autres continuent à porter le flambeau des valeurs européennes, de solidarité et tentent de sauver des vies. Car les traversées vers l'Europe se poursuivent, elles sont juste plus meurtrières. "La mer Méditerranée, explique Seán, est devenue la mer la plus meurtrière du monde". Un gigantesque cimetière où se perdent des vies, et les valeurs d'humanité qui fondent l'Union européenne.

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Journaliste
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