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Au mois de mai dernier, le gouvernement britannique a dû renationaliser pour la deuxième fois la ligne de trains East coast mainline, qui relie Londres à l'Ecosse.

Renationalisations en Grande-Bretagne : state is back

55 min
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Surprenant mais au pays de Margaret Thatcher, les pouvoirs publics ont repris le contrôle d'une prison, d'une ligne de trains et de certains services locaux. L'opinion est largement favorable à un mouvement de nationalisation de plus grande ampleur quand la France libéralise par exemple le rail.

Au mois de mai dernier, le gouvernement britannique a dû renationaliser pour la deuxième fois la ligne de trains East coast mainline, qui relie Londres à l'Ecosse.
Au mois de mai dernier, le gouvernement britannique a dû renationaliser pour la deuxième fois la ligne de trains East coast mainline, qui relie Londres à l'Ecosse. Crédits : Tolga Akmen - AFP

Télécom, gaz, eau, électricité puis trains... Dans les années 80 puis 90, le Royaume-Uni a fait figure de pionnier des privatisations des services publics. Dernier en date : le courrier, sous le mandat de David Cameron en 2014. Aujourd'hui, trop tôt pour parler de retournement de tendance, mais les choses semblent prendre le chemin inverse. En mai dernier, l'alliance (privée) Virgin-Stagecoach a jeté l'éponge sur la East coast mainline, qu'elle opérait depuis 2015. Pas assez rentable, selon les deux entreprises. L'Etat a donc repris le volant via la compagnie ferroviaire publique LNER. Le Gouvernement – pourtant conservateur – a dû également reprendre les commandes à la prison de Birmingham l'été dernier. L'inspecteur des prisons venait de rendre un rapport au vitriol pointant les violences, la drogue, et les conditions d'hygiène déplorables de l'établissement géré par l'entreprise privée G4S. (lire ce rapport

La faillite du géant Carillion a elle aussi joué : le groupe assurait notamment le ménage de certaines casernes, ou encore les repas de cantines scolaires. Des conseils locaux ont décidé de reprendre la gestion en direct.

Ce retour en force du « public » dans l'économie semble aller à rebours de la trajectoire française. Dans l'hexagone, l'exécutif entend mener à bien la libéralisation du rail, bientôt ouvert à la concurrence. Et la loi PACTE, qui doit être adoptée au Sénat pendant ce mois de janvier, prévoit la cession de plusieurs participations publiques, comme dans Engie, la FDJ et Aéroports de Paris.

Qui choisit la bonne voie aujourd'hui ? Rien n'est simple, et le rôle joué par l'Etat comme régulateur et investisseur compte aussi beaucoup. Mais l'opposition travailliste au Royaume-Uni bénéficie d'un soutien massif de l'opinion pour faire revenir les services publics – eau, électricité, gaz, courrier – dans le giron de l'Etat. Quitte a devoir à court terme dépenser quelques dizaines de milliards de livres.

"Renationalisations en Grande-Bretagne : state is back", un "Grand Reportage" de Marion Lhour, présenté par Mathieu Laurent.

Intervenants
  • Économiste, chercheur au Centre d’Economie de la Sorbonne (Université Paris 1), membre des Economistes atterrés
  • Professeure de civilisation britannique à l’université Sorbonne Nouvelle
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