L’ancien conseiller stratégique de Donald Trump veut aujourd’hui peser dans la campagne européenne. Après avoir aidé Nigel Farage à propager les idées pro-Brexit au Royaume Uni, il prétend fédérer tous les partis eurosceptiques européens. Reportage d'Annabelle Grelier.

Matteo Salvini se voit déjà remplacer Jean-Claude Juncker. Le patron de l’extrême-droite italienne, homme-fort du nouveau gouvernement, croit à la victoire d’une coalition souverainiste aux élections européennes de mai prochain au point d’envisager une candidature à la présidence de la Commission Européenne. La Ligue s’est lancée dans la campagne aux côté du Rassemblement national, de Marine Le Pen, et elle compte un autre allié, plus surprenant : l’américain Steve Bannon. L’ancien conseiller stratégique de Donald Trump (et artisan de la victoire du président américain) veut aujourd’hui peser dans la campagne européenne. Après avoir aidé Nigel Farage à propager les idées pro-Brexit au Royaume Uni, il prétend fédérer tous les partis eurosceptiques européens, et les aider à conquérir le Parlement européen.
Du slogan « America First » à la défense des Etats-nations en Europe
Veste de combat sur le dos, Steve Bannon sillonne l’Union Européenne. Il a rencontré le Hongrois Viktor Orban, le tchèque Milos Zeman, il a des contacts avec l’AFD en Allemagne et place, donc, de grands espoirs dans Matteo Salvini. Il y a quelques semaines, il a annoncé la création d’un think Tank, intitulé « Le mouvement » : un club qui défend les valeurs de la civilisation judéo chrétienne. Mais peut-on facilement passer du slogan « America First » à la défense des Etats-nations en Europe ? Et au delà des discours offensifs, quelle est la réelle force de frappe de Steve Bannon, limogé de la Maison Blanche, et mis sur la touche par le milliardaire Robert Mercer ?
Un reportage d'Annabelle Grelier, réalisé par Jean-François Braun
- politologue, directeur de l'Observatoire des radicalités politiques à la Fondation Jean-Jaurès
- historien



