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La comédienne anglaise Margaret Rutherford (1892-1972) qui incarna Miss Marple à l’écran, dans le film éponyme de George Pollock (1907-1979) (Photo by )

Observation, déduction, paranoïa : la méthode Marple ?

1h47

Ce troisième volet de la Grande Traversée consacrée à la maîtresse du polar anglais propose deux lectures de nouvelles, des archives radiophoniques datant de 1974 et 1980, et un documentaire de M. Quenehen consacré à la célèbre détective Miss Marple, qui passe au crible ses méthodes d'investigation.

La comédienne anglaise Margaret Rutherford (1892-1972) qui incarna Miss Marple à l’écran, dans le film éponyme de George Pollock (1907-1979) (Photo by )
La comédienne anglaise Margaret Rutherford (1892-1972) qui incarna Miss Marple à l’écran, dans le film éponyme de George Pollock (1907-1979) (Photo by ) Crédits : Silver Screen Collection/Getty Images - Getty

Première partie : "L'aventure de la cuisinière de Clapham" (1923) et "Témoin à charge" (1969), deux nouvelles d'Agatha Christie lues par Madeleine Barbulée.

Ces lectures sont issues de deux numéros de l'émission "Bonnes nouvelles et grands comédiens" : "Témoin à charge" a été diffusé pour la première fois le 25 juin 1974 et L’aventure de la cuisinière de Clapham le 31 mai 1980.

Deuxième partie : "Strychnine et vieilles mitaines" un documentaire de Martin Quenehen et Julie Beressi

La paranoïa est un mode d’être chez Marple, comme les muffins et le thé !

Dans son autobiographie, Agatha Christie dit d’elle qu’elle est inspirée de sa propre grand-mère qui "pensait toujours le pire des gens... et avait souvent raison". Jane Marple fait sa première apparition dans une nouvelle en 1927. Décrite au départ comme indiscrète, faisant des remarques déplacées, voire méchante, elle revient, douze ans plus tard dans Un cadavre dans la bibliothèque avec une personnalité fortement adoucie par son auteure. Mais qu'en est-il de ses méthodes d'investigation ?

Dès la première enquête, elle se déplace sur la scène du crime. La méthode Marple est fondée sur l’observation. Ornithologue amateur, elle possède une paire de jumelles pour observer les oiseaux, jumelles mais elle s'en sert avant tout pour observer son voisinage et les petites intrigues qui se nouent sous son nez. Jacques Baudou

Une méthode fondée sur la déduction et à partir d'un poste d'observation villageois ?

Toujours se référer à son expérience personnelle : c'est ce qu’un critique anglais a appelé le "parallèle villageois". Pour Marple, le microcosme de St. Mary Mead sert à explorer le macrocosme, y compris quand elle se rend aux Antilles. En notant les réactions des gens qui vivent dans son village, la manière dont chacun garde ses squelettes dans le placard, elle déduit un certain nombre de choses pour des personnes dans des contextes très différents. Jacques Baudou

Marple ressort toujours la "bonne histoire" d’avant : un cas qu’elle a lu soit dans un journal, soit dans un roman, soit dans la vie et qui lui permet d'explique le cas présent. Elle déduit beaucoup. Face à la nouveauté, elle la rabaisse sur un schéma déjà connu. Il y a toujours chez elle cette idée que rien ne bouge alors que l’on est en plein chaos apparent. C'est un personnage pessimiste, elle croit en des caractères humains : si quelque chose s’est déjà produit, cela se reproduira. Xavier Mauméjan

Une héroïne paranoïaque ?

Jane Marple est un personnage méfiant, voire paranoïaque par loisir. N’étant pas un détective professionnel mais un amateur, elle n’a donc que la paranoïa qu’elle veut bien avoir. Cette idée que la nature humaine est prévisible dans le mal et qu’elle ne peut être qu’étonnante dans le bon fait d’elle un personnage nihiliste-optimiste. A chaque fois qu’elle résout une enquête, cela conforte son sentiment que la nature humaine est mauvaise, mais quand elle tombe sur un gentil couple de jeunes fiancés, là elle consent à donner encore une chance à l’humanité. Comme elle a toujours tout prévu, elle ne peut qu'être paranoïaque. C’est un mode d’être chez elle, comme les muffins et le thé ! Xavier Mauméjan

Avec les témoignages de Jacques Baudou, essayiste et écrivain, auteur de Les nombreuses vie de Miss Marple (Les Moutons électriques), Clive Emsley, historien, auteur de Crime and Society in England, 1750-1900 (Pearson Education), Sylvie Granotier, auteure de polars, Dominique Kalifa, historien, auteur de Les Bas-fonds. Histoire d'un imaginaire (Seuil), Merja Makinen , professeure de littérature anglaise à l'Université de Middlesex et auteure de Agatha Christie : Investigating Femininity (Palgrave Macmillan), Ali Marshall, chef jardinière du jardin de l'abbaye de Torre à Torquay, Xavier Mauméjean, écrivain et Perrine Rogiez-Thubert, capitaine de police à l'Identité judiciaire et auteure de La parole est au cadavre (Démos).

Dans la serre de Miss Marple à Torre Abbey
Dans la serre de Miss Marple à Torre Abbey Crédits : Radio France

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