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Rassemblement du G7 devant a pyramide du Louvre en 1989

4. François Mitterrand : une politique étrangère socialiste ?

59 min

En 1981, François Mitterrand est porteur d’une vision du monde construite dans le sillage de la seconde guerre mondiale, en pleine guerre froide. Mais on attend de lui aussi qu'il sache accompagner les grandes transformations de la fin du XXe siècle. Quel bilan tirer alors de ses deux septennats?

Rassemblement du G7 devant a pyramide du Louvre en 1989
Rassemblement du G7 devant a pyramide du Louvre en 1989 Crédits : Peter Turnley/Corbis/VCG - Getty

Une série documentaire produite par Raphaël Bourgois réalisée par Somany Na

François Mitterrand devient président en ayant déjà une certaine connaissance des relations internationales. Il a ses réseaux, ses positionnements et une certaine idée du monde héritée d’ouvrages géographiques et littéraires.

Dans les années 60 et 70, en tant qu'opposant politique, il s’était surtout positionné comme soutien des leaders socialistes et communistes d'Amérique latine et du Tiers-Monde. Une fois arrivé au pouvoir, il prend la posture de l’homme d'État, représentant de la France à l’étranger. 

Son action est d’abord conditionnée par l’intérêt de la France et il délaisse le tropisme latino-américain. S’inscrivant dans le sillage du général De Gaulle, il joue le jeu du multilatéralisme et du combat pour la paix mondiale. Pour mieux comprendre son action, on peut regarder vers les vrais succès remportés en Europe, et ses échecs en Afrique.

Salvador Allende et François Mitterrand dans les années 1970
Salvador Allende et François Mitterrand dans les années 1970 Crédits : Jean-Claude FRANCOLON/Gamma-Rapho - Getty

Mener les pays européens vers une plus forte intégration constitue un enjeu majeur de son second septennat et pour lui une conviction profonde. Structurer l'Europe est la meilleure manière d’éviter la guerre. Le traité de Maastricht en 1992 vient structurer le projet mais au détriment de la construction d'une Union Européenne sociale espérée par la gauche. 

J'avoue que j'ai voté "oui" à l'époque en me disant que ça allait créer une dynamique d'unification des peuples. L'Union de l'Europe n'est pas un projet Mitterrandiste, c'est le projet de Léon Trotski, c'est le projet de Victor Hugo, c'est le projet de pratiquement toutes les générations de gauche. (Jean-Luc Mélenchon )

Conseil Européen à Madrid le 26 juin 1989
Conseil Européen à Madrid le 26 juin 1989 Crédits : Daniel SIMON/Gamma-Rapho - Getty

En Afrique, sa victoire aux élections présidentielles laisse penser qu’une autre politique à l’égard des anciennes colonies sera menée, mais en réalité François Mitterrand poursuit la politique de ses prédécesseurs et maintient les canaux de communication direct entre l’Élysée et les chefs d’État Africain.

Le président Français semble toutefois avoir conscience que les aspirations sont en train d’évoluer, et modifie sa position lors de son second septennat, en promouvant la défense des droits humains et de la démocratie lors d’un discours resté célèbre au sommet de La Baule en 1990. 

Seulement, le génocide des Tutsis du Rwanda, alors que le soutien de Mitterrand au régime de Juvénal Habyarimana ne s’est jamais démenti, est venu totalement contredire ce nouveau narratif, et interroge la responsabilité de la France.

Seizième sommet franco-africain à la Baule, le 20 juin 1990
Seizième sommet franco-africain à la Baule, le 20 juin 1990 Crédits : William STEVENS/Gamma-Rapho - Getty

Si sur beaucoup d’enjeux internationaux, François Mitterrand s’approprie la posture Gaullienne, il  le fait dans un monde en pleine transformation. Le président se bat alors continuellement pour ne pas se voir dépassé par les nouveaux enjeux de la fin du XXe siècle : la fin de la guerre froide, la réunification allemande, la construction de l’Europe,l'accélération de la mondialisation, et l'impossibilité de maintenir les mêmes liens avec des dictatures.

Prise de son : Frédéric Cayrou, Philip Merscher et Yves Lehors

Archives INA : Clary Monaque et Manuela Dubessy

Mixage : Eric Boisset 

Intervenants
  • professeur à l'Institut des hautes études internationales et du développement (IHEID, Genève)
  • historienne, maîtresse de conférences à l'université Bordeaux Montaigne
  • de l'Université Paris III
  • historien, chercheur titulaire à l'Ehess, inspecteur général de l'Education nationale, professeur associé à Sciences-Po.
  • Fondateur du mouvement Génération.s, ancien ministre, ancien candidat socialiste à l'élection présidentielle de 2017
  • Député LFI de la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône, président du groupe LFI à l'Assemblée nationale, ancien candidat à l'élection présidentielle
  • Historien et journaliste - correspondant BBC
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