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Portrait de François Mitterrand, président, serrant la main au journaliste François de Closets sur le plateau de TF1 le 15 septembre 1983 à Paris.

3. François Mitterrand président : la gauche au pouvoir est-elle condamnée à décevoir ?

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Très vite après l’élection de François Mitterrand, l’opinion prend conscience que la transformation socialiste de la société tant espérée par la gauche n’adviendra pas. La gauche qui promet beaucoup pour accéder au pouvoir, et suscite d’énormes attentes ensuite, peut-elle gouverner sans décevoir ?

Portrait de François Mitterrand, président, serrant la main au journaliste François de Closets sur le plateau de TF1 le 15 septembre 1983 à Paris.
Portrait de François Mitterrand, président, serrant la main au journaliste François de Closets sur le plateau de TF1 le 15 septembre 1983 à Paris. Crédits : Jean-Claude FRANCOLON - Getty

Une série documentaire produite par Raphaël Bourgois réalisée par Somany Na

Lorsque François Mitterrand arrive au pouvoir, c’est un vent de libération qui souffle sur la société française. Abolition de la peine de mort, libération des ondes, semaine de 39h et nationalisations à 100% sont autant de mesures novatrices pour le peuple français. 

Robert Badinter, ministre de la justice s'adresse au Sénat pour défendre son projet de loi sur l'abolition de la peine de mort
Robert Badinter, ministre de la justice s'adresse au Sénat pour défendre son projet de loi sur l'abolition de la peine de mort Crédits : PIERRE GUILLAUD - AFP

Ces tensions se cristallisent finalement autour du projet éducatif porté par le ministre Alain Savary et finissent par faire vaciller le gouvernement en 1984. Le projet de loi qui voulait créer un grand service public de l’éducation, tenu hors de portée de l'influence de l'argent et des religions, est retiré par François Mitterrand face aux mobilisations de la droite française.

Manifestation du mouvement de l'Ecole libre de 1984 contre le projet de loi Savary, à Paris, le 24 juin 1984.
Manifestation du mouvement de l'Ecole libre de 1984 contre le projet de loi Savary, à Paris, le 24 juin 1984. Crédits : Patrick AVENTURIER - Getty

Le pouvoir à ce moment-là sous-estime l'ampleur de la mobilisation et de la résistance de la droite [...]. Et donc, oui, il y a une vraie défaite politique de la gauche à l'époque et qui va marquer effectivement la fin de ce qu'était le vrai cycle de transformation qui avait été ouvert par François Mitterrand dans son premier septennat. (Benoît Hamon).

Mais si la droite se mobilise dans la rue, ses idées infusent aussi la société. Le souffle de mai 68 est passé et le libéralisme économique se renforce à l’échelle mondiale. En France, se succèdent trois dévaluations, un choc pétrolier et l’inflation galopante. 

Le gouvernement se heurte à l’échec des politiques keynésiennes et prend le tournant d’une nouvelle politique économique. Finalement l’expression devenue mythique, “le tournant de la rigueur” prend le dessus des grandes mesures de gauche et ouvre une parenthèse jamais refermée dans les politiques radicales de transformation de la société.

Ouvriers manifestant contre le “plan Acier” de restructuration du secteur sidérurgique, 1984.
Ouvriers manifestant contre le “plan Acier” de restructuration du secteur sidérurgique, 1984. Crédits : Alain Nogues - Getty

Je me rappelle de cette période où on était glacés, on n'avait aucune idée, à part des songes creux, des choses qui ne tiennent pas debout. [...] A ce moment-là, il y a une panne totale parce que là, il n'y a pas de stratégie.” (Jean-Luc Mélenchon).

Les courants intellectuels dominants de la société française des années 1980 inspirent la deuxième gauche, notamment par le biais de la fondation Saint-Simon qui impulse par exemple cette émission “Vive la crise” présentée par Yves Montand. On y explique qu’aucun gouvernement ne peut résoudre la crise et que seules les motivations individuelles pourront sortir les citoyens et citoyennes du désastre économique.

Cette gauche plus encline au libéralisme économique, François Mitterrand ne veut pas y être associé, il n’assumera jamais la politique social-démocrate qu’on lui reproche. Pourtant, et sans que cela ne soit jamais explicité c’est bien cette voie que prend le gouvernement et ce, jusqu’à la fin de son deuxième mandat. 

Archives INA : Clary Monaque et Manuela Dubessy 

Prise de son : Frédéric Cayrou, Yves Lehors, Fabien Capel, Philip Merscher et Jérémy Tuil

Mixage : Eric Boisset

Textes lus : Max Gallo, _"_Le silence des intellectuels" dans Le Monde, 1983.

Intervenants
  • Historien, Président de l'université Blaise-Pascal Clermont III
  • Homme politique français et ancien président de la République
  • Fondateur du mouvement Génération.s, ancien ministre, ancien candidat socialiste à l'élection présidentielle de 2017
  • Historien, journaliste et essayiste
  • Sociologue, directrice de recherches émérite au CNRS
  • Député LFI de la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône, président du groupe LFI à l'Assemblée nationale, ancien candidat à l'élection présidentielle
  • Historien et président de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS)
  • Professeur de science politique à l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne
  • Historien
L'équipe
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