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Portrait de la comtesse de Ségur par Etienne Carjat

3. Une femme, une mère, une grand-mère

58 min

La comtesse de Ségur avait beaucoup à dire sur l’éducation des enfants. Ses romans sont ceux d’une mère et d’une grand-mère devenue écrivaine.

Portrait de la comtesse de Ségur par Etienne Carjat
Portrait de la comtesse de Ségur par Etienne Carjat Crédits : API/Gamma-Rapho - Getty

Après quelques années de mariage avec Eugène de Ségur, Sophie s’installe durablement dans son château des Nouettes, que lui a offert son père afin qu’elle ait un lieu à elle. Elle y élève ses huit enfants et bientôt ses vingt petits-enfants. 

Mais cette vie ne la satisfait qu’en partie. Longtemps dépressive, elle passe une décennie dans une neurasthénie plus ou moins profonde selon les moments, avant de se lancer dans l’écriture de romans. C’est sans doute l’écriture qui la sauve, en lui offrant une seconde jeunesse.

Vie heureuse et champêtre

Quand j'étais enfant, au début des Vacances, il y avait une phrase que je ne comprenais pas : "Ils arrivent, ils arrivent, (...) ils entrent dans le bois." Je ne comprenais pas que le château était complètement entouré de bois. Michel Zink

Cela devait être joyeux, les enfants allaient souvent à la ferme et le château des Nouettes était un centre d'échanges, à l'opposé des châteaux fermés qu'on peut s'imaginer. Marie Desplechin

C'est un lieu de bonheur immobile, qui s'anime surtout à la belle saison. Il est vrai que le salon des Nouettes est très fréquenté. On y mange bien, la comtesse de Ségur reçoit toute une parentèle, ils sont souvent vingt-cinq à table. Marie-Joséphine Strich

La comtesse de Ségur souhaite proposer un autre cadre de vie à ses enfants et petits-enfants, différent de ce qu'elle a pu vivre et des habitudes de la famille de Ségur. Elle souhaitait un milieu plus ouvert, doux et attentif que ce qu'elle vivait au domaine de Voronovo

Psychologie des enfants

Je ne pense pas qu'elle connaissait la psychologie des enfants mais je pense qu'elle avait encore accès à sa propre enfance. Par exemple, les enfants s'expriment comme des adultes, ils ne sont pas des adultes en miniature, ils sont à égalité. 

Les enfants s'entendent bien. Ils vont tous être dans l'histoire religieuse, écrivent tous les uns sur les autres. Ce qui me donne envie de rêver c'est quand ils sont petits, quand ils sont élevés aux Nouettes, c'est aussi mêlé à la trilogie. Elle sait très intimement ce que c'est qu'être un enfant. Marie Desplechin

Une noblesse anti capitaliste ? 

On peut dire que son obsession est la famille. Marianne Alphant

Il est certain que la comtesse de Ségur avait le culte de la noblesse de cœur, d'âme, mais aussi de la noblesse sociale. Le fait est qu'elle est une aristocrate russe, elle s'est convertie au catholicisme pour se rapprocher des habitudes de la noblesse française. Mais l'argent ne figure pas dans les valeurs aristocratiques, or elle parle d'argent sans arrêt, ce qui est assez amusant. Geneviève Brisac

Elle témoigne d'un mode de vie aristocratique plus simple, on peut imaginer que les grands bourgeois vivaient de manière beaucoup plus luxueuse à cette même époque. Mais il y a pourtant des problèmes d'argent, la famille de Ségur était plus riche par son nom que par ses comptes. Comme beaucoup d'autres nobles de son époque, elle est souvent à la recherche d'argent. Francis Marcoin

Son hostilité à l'égard des industriels n'est pas seulement une hostilité de classe, elle observe très bien un type d'exploitation différent, beaucoup plus sauvage. Oui, on peut dire qu'elle est anticapitaliste d'une certaine manière. Francis Marcoin

La Comtesse de Ségur a quand même un rapport assez détaché vis à vis de ces domestiques, même si en littérature la hiérarchie s'estompe. Maialen Berasategui 

La fatigue d'être soi

Elle a de véritables problèmes physiques, elle est migraineuse, a des problèmes gynécologiques... Cela lui a aussi permis d'arrêter toute relation avec son mari. 

Les années de dépression de la comtesse de Ségur sont en partie dues à son enfance terrible, mais aussi à la relation qu'elle a avec son mari. 

Elle vit quelque chose d'assez banal dans cette société du deuxième Empire, elle reste une étrangère, éloignée des sensations de son enfance. Pendant des années, elle vit aux Nouettes et a parfois du mal à parler et est obligée d'utiliser une ardoise pour s'exprimer. Le château est le cadre de sa solitude. La sortie de cette dépression coïncide avec la religion et l'écriture. 

MUSIQUE GÉNÉRIQUE : Un souffle remua la nuit, Sylvain Chauveau 

Intervenants
  • écrivaine
  • écrivaine, professeure agrégée de philosophie à l’Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis
  • Pédopsychiatre et psychanalyste
  • professeur au Collège de France, Chaire de Littératures de la France médiévale
  • professeure en classes préparatoires au lycée Louis le Grand
  • psychanalyste et philosophe. Elle exerce la psychanalyse en cabinet libéral et enseigne et dirige des recherches en psychanalyse et psychopathologie à l’Université Paris Diderot-Paris 7. Elle est par ailleurs présidente de l’Association
  • Essayiste, traductrice et critique littéraire (rédactrice en chef du site En Attendant Nadeau), professeure de littérature comparée à l'Université Paris 3 - Sorbonne Nouvelle et directrice d'études à l'EHESS.
  • journaliste littéraire
  • professeur émérite université de Rennes II
  • écrivain, docteur es lettres, professeur de littérature
  • Professeure d'histoire de la Russie et de l'Union soviétique à l'université Paris 1 - Panthéon Sorbonne, et directrice du Centre de recherches en histoire des Slaves
  • Ecrivain, auteure de livres pour adultes et pour enfant.
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