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Lobsang Sangay avec le Dalaï-lama qui l'a désigné Premier ministre du gouvernement tibétain en exil (août 2011).

2008-2014 : XIVe Dalaï-lama et dernier de la lignée ?

1h48

Focus sur le bilan politique du Dalaï-lama.

Lobsang Sangay avec le Dalaï-lama qui l'a désigné Premier ministre du gouvernement tibétain en exil (août 2011).
Lobsang Sangay avec le Dalaï-lama qui l'a désigné Premier ministre du gouvernement tibétain en exil (août 2011). Crédits : The Asahi Shimbun - Getty

Le 10 mars 2011, le Dalaï-lama fait à nouveau les gros titres de la presse internationale : à 75 ans, il annonce sa retraite de la vie politique. Il décide de faire élire par la diaspora tibétaine un nouveau premier ministre. C’est à Lobsang Sangay, 46 ans, ancien professeur de droit à Harvard, que revient maintenant la responsabilité d’assumer le destin du peuple tibétain.

En réalité, on peut le voir très clairement au Tibet, ce qui arrive est une sorte de destruction culturelle. 99% des monastères et des couvents ont été détruits pendant les années 1950 et 1960. 99% des moines et des nonnes ont été défroqués de force. [...] En ce qui concerne la langue tibétaine, le chinois a été imposé comme moyen de détruire notre langue, au niveau de l'université, du lycée, du collège, et même de l'école primaire. Cela va jusqu'aux chansons tibétaines, qui sont elles aussi sinisées. Cela se retrouve aussi dans l'habillement. Si vous regardez bien, cela se voit même dans les panneaux de signalisation : il y a les caractères chinois immenses, et en-dessous, en plus petit, les caractères tibétains, puis la traduction en anglais. Tous ces changements continuent à avoir lieu. Cela représente un des plus grands défis à relever. Ce qu'essaie de faire le gouvernement chinois, c'est de s'attaquer aux racines mêmes de notre fierté et de notre identité : notre fierté, c'est notre civilisation tibétaine, qui est fondée sur une culture bouddhiste. C'est ça que le gouvernement de Pékin veut effacer, qu'il veut faire disparaître. C'est-à-dire qu'il veut faire de nous des Chinois. C'est un objectif impossible, mais il est clair que c'est cela qu'il recherche. C'est à cela qu'il faut mettre fin.                          
Lobsang Sangay

Mais le gouvernement chinois refuse dès le début de communiquer avec ce nouveau premier ministre. Pour les Tibétains et l'opinion internationale également, le Dalaï-lama reste malgré tout la figure de référence. La tâche s'annonce donc difficile pour Lobsang Sangay.

Sur place au Tibet, les manifestations ont fait laissé la place à des immolations de moines privés de liberté religieuse. D'autres Tibétains se jettent dans des rivières, du haut de falaises. Le Tibet est de plus en plus chinois. Le Dalaï-lama, lui, garde le sens de l’humour, même quand il maintient le suspens sur sa future réincarnation, censée continuer son œuvre…

Avec :

  • Katia Buffetrille (docteur en ethnologie et ingénieur de recherche de l’EPHE, auteur notamment de Le Tibet est-il chinois ? et Tibétains, 1959-1999, quarante ans de colonisation)
  • Lobsang Sangay (premier ministre du gouvernement tibétain en exil)
  • Kanyal Tsering (moine au monastère de Kirti)
  • Ji Zhe (chercheur chinois au CNRS, affecté au Groupe Sociétés, Religions, Laïcités)
  • Tenam Namgyal (traducteur tibétain)
  • Namgo Zardo (activiste tibétain)

Extraits lus :

  • "Levez les yeux, ô Tibétains", poème de Sang Yeh Dolma, nonne tibétaine immolée en 2012

Extraits audio :

  • "Gyallou", hymne national tibétain
Intervenants
  • ethnologue, chercheuse au Centre de documentation sur l’aire tibétaine (CDAT – EPHE).
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