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Alain Resnais et Sabine Azéma après la cérémonie des César en 1994

Où est le grand public ?

1h49

Même si Providence est un triomphe critique et le premier grand succès public, ce n'est qu'en 1993 avec Smoking/No Smoking et On connaît la chanson, 2 670 877 entrées, auxquelles il faut ajouter 7 César, qu'Alain Resnais alors qualifié de cinéaste difficile pourra jouir d’une reconnaissance méritée.

Alain Resnais et Sabine Azéma après la cérémonie des César en 1994
Alain Resnais et Sabine Azéma après la cérémonie des César en 1994 Crédits : ARNAL/PICOT/Gamma-Rapho - Getty

Pour Alain Resnais, même si Providence  sera un triomphe critique et le premier grand succès public, c’est bien avec Smoking/No Smoking  et On connaît la chanson , 2 670 877 entrées, un succès quand même étonnant pour un film aussi singulier, auquel il faut rajouter 7 César, que le cinéaste alors qualifié de difficile et pour intellectuels pourra jouir d’une reconnaissance méritée.

Qu’un film dit "d’auteur" rencontre le succès paraît toujours surprenant. Et pourtant, si on remonte juste avant la rupture de l’apparition de la Nouvelle Vague, les grands auteurs que célébrait la critique la plus "auteuriste", les Ford, Hitchcock, Hawks, Huston, Wilder, s’inscrivait tous dans un cinéma commercial, et étaient la plupart du temps récompensés par d’immenses succès populaires. Les jeunes Turcs devenus cinéastes, comme Chabrol et Truffaut, continuaient eux-mêmes à considérer le cinéma comme art de masse.

Sauf que c’est aussi le moment, fin des années 50, début des années 60, où le cinéma français commence à se casser en deux, d’un côté le cinéma commercial, le spectacle populaire, de l’autre, le cinéma d’auteur, les œuvres d’art, lieu de la recherche, de l’expérimentation, et pas forcément du public.

Un Claude Sautet, par exemple, mettra beaucoup de temps à conquérir son statut d’auteur, car dans son cinéma, il y avait des vedettes, et dans les salles, il y avait du public…

Première partie

Archive "Projection privée" des 19 décembre 1993 et 8 novembre 1997. Michel Ciment reçoit Alain Resnais à propos de "Smoking / No Smoking" et "On connaît la chanson" 

Deuxième partie

Comment le cinéma d'auteur se préoccupe-t-il du grand public ? Quel rapport au cinéma populaire ? Y a-t-il trop de films français produits, et pas assez de spectateurs pour les voir ? 

Eléments de réponse avec...

Sylvie Pialat , LA productrice de l’année, puisqu’elle a reçu de ses pairs en février le prix Daniel Toscan du Plantier du meilleur producteur de cinéma de l'année. Epouse de Maurice Pialat, scénariste de trois de ses films, Police , Sous le soleil de Satan  et Le Garçu , elle a créé en 2003 les Films du Worso, dont sont sortis Meurtrières , de Patrick Grandperret, La Faute à Fidel !  et 3 fois 20 ans , de Julie Gavras, Propriété interdite , d’Hélène Angel, A perdre la raison , de Joachim Lafosse, La Religieuse  et ce film incroyable qu’est L’enlèvement de Michel Houellebecq , de Guillaume Nicloux. Elle est derrière le succès surprise, on y reviendra, de L’Inconnu du lac  d’Alain Guiraudie, et était présente cette année à Cannes avec l’injustement non récompensé, parce que vraiment magnifique, Timbuktu , d’Abderrahmane Sissako, et Jauja , de Lisandro Alonso.

Emmanuel Chaumet, producteur prolifique avec sa société Ecce Films, fondée elle aussi en 2003, de courts, longs et moyens métrages. L’an dernier, à Cannes, on ne parlait que de ses productions : La Bataille de Solférino , de Justine Triet, La Fille du 14 juillet , d’Antonin Peretjatko, Sophie Letourneur, et ses Coquillettes ou La Vie au Ranch , et il y a encore Benoît Forgeard, réalisateur de Réussir sa vie en 2012, et Gaz de France avec Philippe Katerine.

N.T. Binh , critique et historien de cinéma, habitué de France Culture et pas seulement des Projections privées de Michel Ciment, rédacteur à la revue Positif, auteur de nombreux livres sur Mankiewicz, Lubitsch ou Bergman, et Claude Sautet. Il lui a d’ailleurs consacré un documentaire, Claude Sautet ou la magie de l’invisible . Il a également organisé les expositions Paris au Cinéma  et Jacques Prévert, Paris la belle  à l’Hôtel de Ville de… Paris. Il enseigne le cinéma à l’Université de Paris I.

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