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Alain Resnais et Gérard Depardieu sur le tournage de "I want to go home" en 1988.

Quelle politique des acteurs ?

1h49

Y a-t-il un jeu français ? Peut-on parler d’une politique des acteurs à la française ? Quelle place accordée à l'acteur dans un cinéma qui valorise avant tout le metteur en scène ? En analysant la manière d'Alain Resnais, envisageons les questions de théâtralité, de jeu "faux" ou réaliste, de troupe

Alain Resnais et Gérard Depardieu sur le tournage de "I want to go home" en 1988.
Alain Resnais et Gérard Depardieu sur le tournage de "I want to go home" en 1988. Crédits : Jacques PRAYER/Gamma-Rapho - Getty

Première partie

Michel Ciment s'entretient avec Alain Resnais de son film "Vous n'avez encore rien vu" dans "Projection privée" le 6 octobre 2012. 

Deuxième partie

Quand le cinéaste et critique Luc Moullet publie La Politique des acteurs , il y a 20 ans, développant alors la thèse provocante que, par la continuité dans le travail corporel et la gestuelle qui peut s’étendre sur toute une carrière, un Cary Grant, par exemple, est plus un auteur de film qu’un Feyder ou un Coppola, il ne prend symptomatiquement comme exemple que des acteurs américains. Continuant par là une vieille dichotomie entre acteurs français, qui ne seraient que tête et parole, et leurs collègues américains, corps et action. La Nouvelle Vague, avec ses Jean-Paul Belmondo ou Jean-Claude Brialy, ses Bernadette Lafont ou Jeanne Moreau, marqueront l’avènement d’acteurs fort éloignés du "type" français classique. Pour autant, peut-on d’une manière ou d’une autre caractériser ce que serait l’acteur, le jeu français ? Et peut-on parler, de la même façon, d’une politique des acteurs à la française ? Quelle place accordée à l'acteur dans un cinéma qui valorise avant tout le metteur en scène ? Sont également abordées, dans la lignée de Resnais, les questions de théâtralité, de jeu "faux" ou réaliste, de troupe…

Eléments de réponse avec

Marilyne Canto , elle était adolescente dans L’Hôtel de la plage  de Michel Lang et dans la série télévisée Pause-café , petit Chaperon Rouge déluré dans Elle voit des nains partout ! , avant d’étudier plus sérieusement Shakespeare et Tchekhov à l’école du Théâtre National de Strasbourg. Ce qui lui a permis de croiser la route de Jacques Doillon, Philippe Garrel, dont elle fut l’actrice et assistante à la réalisation sur Le Cœur fantôme , et de devenir l’actrice fétiche de cinéastes apparus dans les années 90 comme Manuel Poirier, Dominique Cabrera ou Hervé Le Roux. Il y a eu aussi Jean-Claude Biette, Trois ponts sur la rivière  et Saltimbank , Raoul Ruiz, Trois vies et une seule mort , ou encore Claude Chabrol, la juge Erika dans l’Ivresse du pouvoir , et plus récemment Robert Guédiguian dans *Les Neiges du Kilimandjaro. * Et puis plusieurs courts métrages comme réalisatrice, et un long, sorti cette année, un beau et très touchant film de résilience, Le Sens de l’humour.

Nathalie Richard , d’abord danseuse, à l’occasion clarinettiste, formée au Conservatoire national d’art dramatique, elle est révélée par Chantal Akerman dans Golden Eighties , fait partie de La Bande des quatre  de Jacques Rivette, qu’elle retrouvera pour Jeanne la Pucelle  et Haut bas fragile . On la voit aussi bien ensuite chez Olivier Assayas, Marie Vermillard, Michael Haneke ou Ilan Duran Cohen, mais aussi chez Arnaud des Pallières ou dans les aventures singulières pour une actrice que sont les films de Judith Abitbol, *Avant le jour * et A bas bruit . Parallèlement, elle mène une prolifique carrière théâtrale sur les grandes scènes nationales et au Festival d’Avignon, avec Jean-Pierre Vincent, André Engel, Jean-François Peyret et Jean-Louis Benoit, dont elle fut récemment la Lucrèce Borgia  au Théâtre des Célestins à Lyon. Elle a également mis en scène la pièce de Martin Crimp, Le Traitement .

Charles Tesson , délégué général, depuis l’édition 2012, de la Semaine de la Critique à Cannes (où il aime sélectionner des films réalisés par des actrices, comme Sandrine Bonnaire ou Mélanie Laurent), ancien rédacteur en chef des Cahiers du Cinéma de 1998 à 2003. Professeur d’histoire et d’esthétique du cinéma à l’Université Paris III, il a écrit de nombreux livres, sur Buñuel, Satyajit Ray, Allan Dwan ou Akira Kurosawa. Mais celui que nous invitons ce matin, ce n’est pas l’amoureux de la série B ou du cinéma asiatique, qu’il a contribué à faire connaître en France avec Olivier Assayas au début des années 80, c’est l’auteur d’un précieux petit livre paru en 2008, Théâtre et Cinéma , qui synthétise les enjeux et relations entre les deux frères ennemis, ou pas, qui ont en partage la personne de l’acteur.

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