LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Femmes communardes en 1871 à Versailles dans un camp de concentration, attendant leur procès

1. Les songes de Louise Michel

58 min

À quoi ressemble l'enfance de l'écrivaine révolutionnaire Louise Michel ? Si elle est née dans un château, cela ne l'empêchera pas de se rêver hors des carcans de son époque et d'entamer une révolution politique.

Femmes communardes en 1871 à Versailles dans un camp de concentration, attendant leur procès
Femmes communardes en 1871 à Versailles dans un camp de concentration, attendant leur procès Crédits : Hulton Deutsch - Getty

Le 16 décembre 1871, Louise Michel entre dans la lumière de l’histoire, jour de sa comparution devant le conseil de guerre qui juge les communards. On trouve, dans les archives, le détail de son procès. Comme celui du jugement d’autres femmes de la Commune,  "les pétroleuses" disait-on alors, accusées d’avoir mis le feu à Paris. "Elles sont pires que le pire des hommes", tonnent leur procureurs, car une femme qui sort de son rôle de mère et d’épouse fait vaciller la société toute entière. Et on le leur a bien rendu : toutes ont été volontairement effacées par l’histoire. 

Seul le nom de Louise Michel a traversé les siècles. Pourquoi ?

"Quel est le mobile qui a poussé Louise Michel dans la voie fatale de la politique et de la révolution ?" martèle l’accusation à son procès. 

C’est l’occasion de revenir sur son enfance. De plonger dans ses mémoires écrites en prison, comme dans sa correspondance avec Victor Hugo. Car, c’est au poète, alors lointain pair de France, qu’adolescente, elle raconte le mystère de sa naissance dans des lettres écrites comme on jette des bouteilles à la mer. 

Elle est née dans un vieux château de Haute Marne, fille naturelle d’une servante et de père inconnu. Mais soit elle est l’enfant du fils du châtelain, soit celle du châtelain lui-même, vieux notable converti aux idéaux de la révolution qu’elle considère comme son grand-père, et qui la traite comme sa petite fille et l’instruit. 

Incendie du château d'eau, place du Palais Royal, le 24 février 1848, par Eugéne Hagnauer
Incendie du château d'eau, place du Palais Royal, le 24 février 1848, par Eugéne Hagnauer Crédits : Philippe Lissac - Getty

A la froide vérité de sa condition, elle préfère d’emblée le songe et l’écriture. Se fondre dans la grande cause de tous les hommes, portée par son siècle, gorgé de poésie et d’utopies.  

Elle devient institutrice pour mieux détourner le cours de son destin. Louise Michel s’en va vers la capitale à peine remise des révolutions et des bains de sang de 1848, s’installe dans un Montmartre bouillonnant et populaire en butte à l’Empire, où germe le mot socialisme. Elle se rêve écrivaine. Refuse le mariage. Continue d’écrire à Victor Hugo exilé à Guernesey. Lorsqu’il publie Les Misérables en 1862, Louise Michel lui emprunte le patronyme de son personnage révolutionnaire : elle signe désormais Enjolras, comme si elle annonçait quelque chose. 

Une émission de Judith Perrignon

Réalisée par Gael Gillon et Annabelle Brouard 

Prise de son : Arthur Gerbault, Tahar Boukhlifa, Marie Lepeintre, Eric Boisset

Mixage : Philippe Merscher

Archives Ina : Hervé Evanno

Et les voix de :

Clara Chabalier

Laurent Lederer

Jerôme Kircher

Pascal Thoreau

Mathieu Rauswarger

Intervenants
  • historienne, professeure émérite d’histoire contemporaine à l'université Paris-Diderot.
  • Éditrice de la correspondance générale de Louise Michel, fondatrice de la Collection des œuvres de Louise Michel au sein de l'unité de recherche : Littérature, idéologies et représentations au XVIIIe-XIXe siècles.
  • Journaliste
  • Professeur de littérature française à Sorbonne Université
  • Professeure émérite d’histoire contemporaine et d’histoire du genre à l’université Paris-VIII, historienne du politique et du féminisme.
  • Maitresse de conférences en Sciences politiques à l’Université de Lille et chercheuse au CERAPS.
  • Ancienne conservatrice aux archives nationales
L'équipe
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......