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Louise Michel en uniforme de la Garde Nationale, après la bataille de 1871

4. Colère intacte

58 min

Après le bagne, le retour. Cheminement qui signe l'avènement de Louise Michel en figure symbolique de la Révolution, et bientôt de l'anarchie.

Louise Michel en uniforme de la Garde Nationale, après la bataille de 1871
Louise Michel en uniforme de la Garde Nationale, après la bataille de 1871 Crédits : ullstein bild Dtl. - Getty

L’accueil des déportés qui rentrent donnent lieu dans les gares de Paris à de véritables bains de foule criant "Vive la république", parfois "Vive la Commune". La police est sur les dents. Prête à réprimer tout retour de flamme. Spécialement ce 9 Novembre 1880, à midi, lorsque le train ramenant Louise Michel est annoncé. L’institutrice de Montmartre est désormais le visage de la Révolution.

Toute la presse veut recueillir son interview, même les journaux de droite, qu’elle fait payer pour financer la caisse des déportés qui rentrent sans un sou. Paris a changé. La vie politique aussi. Les révolutions appartiennent au passé, puisque la République s’est installée. Ses anciens combattants sont divisés, Georges Clémenceau y fait désormais figure de notable, tout comme Henri Rochefort le camarade de déportation. Ils l’attendent à la gare. Rochefort lui verse même une pension mensuelle dès son retour jusqu’à la fin de sa vie.

Mais le verbe de Louise Michel penche toujours pour la révolution. Elle s’affirme anarchiste. Qu’est-ce que l’anarchie ? Il faut redéfinir ce mot que la République agite comme un épouvantail, un simple chaos, alors que c’est un courant d’idée qui s’est forgé au fil du siècle, théorisant une forme d’auto-organisation ouvrière.

Louise Michel ne croit pas aux élections. Refuse les drapeaux tricolores sur les estrades où elle parle. Et elle parle beaucoup. Deux conférences par soir, dont la police et ses indics font de nombreux rapports.

En 1883, elle est recherchée, pour avoir conduit une manifestation de chômeurs qui finit en pillage de boulangerie. Elle se présente d’elle-même à la police. Elle est condamnée à six ans de prison, trois ans après son retour. Elle est incarcérée à la prison Saint-Lazare, où elle entame la rédaction de ses mémoires, retrouve au bout de sa plume la gamine qu’elle était, passée des évangiles à l’anarchie.

Bientôt sa mère se meurt, véritable fil souterrain de sa vie, qui n’aimait pas ses idéaux révolutionnaires.

Puis c’est Victor Hugo qui s’éteint, clôturant toute une époque.

Une émission de Judith Perrignon

Réalisée par Gael Gillon et Annabelle Brouard 

Prise de son: Arthur Gerbault, Tahar Boukhlifa, Marie Lepeintre, Eric Boisset

Mixage : Philippe Merscher

Archives Ina : Hervé Evanno

Et les voix de :

Clara Chabalier

Laurent Lederer

Jerôme Kircher

Pascal Thoreau

Mathieu Rauswarger

Intervenants
  • historienne, professeure émérite d’histoire contemporaine à l'université Paris-Diderot.
  • Professeur de littérature française à Sorbonne Université
  • Éditrice de la correspondance générale de Louise Michel, fondatrice de la Collection des œuvres de Louise Michel au sein de l'unité de recherche : Littérature, idéologies et représentations au XVIIIe-XIXe siècles.
  • Journaliste
  • Professeure émérite d’histoire contemporaine et d’histoire du genre à l’université Paris-VIII, historienne du politique et du féminisme.
  • Ancienne conservatrice aux archives nationales
  • Maitresse de conférences en Sciences politiques à l’Université de Lille et chercheuse au CERAPS.
L'équipe
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