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Portrait de Simone Veil à son bureau lors de ses fonctions au Conseil d'administration de l'ORTF, et de Secrétaire générale du conseil supérieur de la magistrature  en 1972

Histoire de la famille Jacob

1h50

C'est l'histoire d'une famille juive française dont le destin bascule à jamais en 1944. Simone Veil, rescapée d'Auschwitz-Birkenau, a fait pour la première fois le récit de sa déportation à la télévision en 1976. Nous écoutons son récit.

Portrait de Simone Veil à son bureau lors de ses fonctions au Conseil d'administration de l'ORTF, et de Secrétaire générale du conseil supérieur de la magistrature  en 1972
Portrait de Simone Veil à son bureau lors de ses fonctions au Conseil d'administration de l'ORTF, et de Secrétaire générale du conseil supérieur de la magistrature en 1972 Crédits : Jean Pierre Loth / Ina - AFP

On parlait beaucoup avec Maman, très peu avec papa. On a eu la radio très tard, en 1940, on n'était pas censés lire les journaux, sans doute parce que mes parents n'avaient pas les mêmes idées politiques.

Simone Veil est née le 13 juillet 1927 à Nice, elle est morte le 30 juin 2017, à Paris. Entre ces deux dates : Une vie, le titre, emprunté à Maupassant, qu’elle choisit pour son autobiographie. C’est à son écoute, en parcourant les archives de l’Institut National de l’Audiovisuel, que tout au long de la semaine nous vous racontons son histoire. 

Ma mère avait une personnalité tout à fait particulière. Quand elle était là, on ne voyait qu'elle. Elle était grande, les cheveux auburn, des yeux dorés, et surtout un visage d'une très grande pureté de lignes. Je crois qu'elle ressemblait un peu à ce profil de Greta Garbo, avec des traits très purs. Ma vie d'enfant, c'est le souvenir d'être sur ses genoux. Jusque dix-douze ans, je m'installais sur ses genoux, elle m'embrassait. Le matin, quand mon père n'était pas là, c'était la joie d'aller dans son lit.

Aujourd’hui, celle d’une enfance niçoise heureuse, et du destin d’une famille. André Jacob, le père, architecte, et Yvonne Steinmetz, la mère, se sont mariés en 1922. André avait trente-deux ans ; Yvonne, vingt-et-un. Un an plus tard est née leur première fille, Madeleine, que tout le monde appelle bien vite Milou ; l’année suivante : Denise ; et en 1925 : Jean. Deux ans plus tard enfin, la petite dernière : Simone... 

Je crois que mon père n'y croyait pas. Il était ancien combattant, son père avait fait la guerre de 1870, il était très patriote. Il n'imaginait qu'il puisse lui arriver quelque chose, pendant très longtemps. En 1940, 1941, il était de ces Français qui disaient : avec le Maréchal Pétain, ça ne peut pas arriver. Maman était beaucoup plus sceptique, et consciente de la réalité, sûrement.

Références archives : 

- Quand j'serai grand, France Inter, Philippe Bertrand, 4 mars 2005
- Deux ou trois choses qu'elle nous dit d'elle, TF1, Jean-Emile Jeannesson, 2 septembre 1976
- Suspension de séance, France Inter, Kathleen Evin, 7 janvier 1996
- L'histoire en direct : 1945, le retour des déportés, France Culture, Patrice Gélinet, 2 mai 1988
- « L'enseignement de la Shoah », discours de Simone Veil prononcé au Conseil de l'Europe le 18 octobre 2002

Merci à Alun Drake du Conseil de l'Europe pour son aide à retrouver l'enregistrement de ce discours.

Simone Veil, pour mémoire

Les cinq épisodes de la Grande traversée "Simone Veil, pour mémoire" sont disponibles dès le lundi 23 juillet en téléchargement.
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Bibliographie

Une vie

Une vieSimone VeilStock, 2007

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