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"Pensées de Jacques Copeau" au Théâtre du Vieux Colombier

Mai : dehors et demain, de la guerre à la guerre

1h49

La Comédie-Française, ce n’est pas que la salle Richelieu, c’est aussi le Vieux-Colombier qui est une salle historique, mais d’une autre façon. De Copeau, en 1913 à David Lescot en 2016, passons en revue quelques uns de ses temps forts...

"Pensées de Jacques Copeau" au Théâtre du Vieux Colombier
"Pensées de Jacques Copeau" au Théâtre du Vieux Colombier Crédits : MAXIME BEAUFEY - Maxppp

Jacques Copeau voulait un théâtre éloigné de la facilité, de la vulgarité, un théâtre du XXe siècle, poétique et métaphysique. Avec Jouvet, Artaud, Dullin et Barrault il a imprimé une marque exigeante et novatrice. Camus disait : il y a un avant et un après Copeau.
Les derniers jours de l’humanité, nous les avons vécu de près avec toute l’équipe, c’était bien dans cet esprit-là.

On y a joué aussi, le 9 avril dernier une de ces journées particulières qui réinventent notre passé.
C’était l’anniversaire du 9 avril 1848, et Musset et Rachel en étaient les vedettes.
Rachel est l’ancêtre des stars d’aujourd’hui, et Musset un écrivain tellement moderne.
Et nous avons eu envie de nous attarder un peu sur cette Rachel, si touchante, si calomniée, un des modèles de l’ Esther Kahn d’Arnaud Desplechin. Une figure revisitée récemment par Elisabeth de Fontenay.

La diaspora de la Comédie-Française, c’est aussi le Studio Théâtre, on y voit des choses étonnantes, des performances d’acteurs comme Compagnie de Beckett par Christian Gonon , ou un cabaret autour de Léo Ferré...
Enfin, la diaspora nous mène dans la cour du Palais des Papes.
Comme au Vieux Colombier où David Lescot montait Les Derniers Jours de l’Humanité de Kraus, on y parle de la guerre, celle qui monte en Allemagne en 1933, à travers les Damnés, que réinvente Ivo van Hove. Mais chut, on ne sait rien, rien de rien.
Écoutons en attendant le merveilleux spectacle que Didier Sandre donna à Avignon. On y parle du Théâtre Français, des acteurs, de la fascination bizarre que nous éprouvons pour eux, pour elles.
Marcel Proust parle de La Berma. La Berma qui n’est autre – en partie – que Sarah Bernhardt.
Sarah Bernhardt qui fut notre étoile pour traverser ce labyrinthe, SB, qui fut Cyrano et qui fut Roxane, et devint la Berma, pour l’éternité.
Hamlet, l'Aiglon, Lorenzaccio, sont des cerveaux hantés par le doute et la désespérance, des coeurs battant toujours plus fort et sans cesse torturés par leurs rêves évocateurs. L'âme brûle le corps. Il faut en voyant et en entendant agir ces Hamlet, il faut qu'on ait la sensation que le contenu va faire éclater le contenant. Il faut que l'artiste soit dépouillé de virilité. Il nous fait voir un fantôme amalgamé des atomes de la vie et des déchéances qui conduisent à la mort. C'est un cerveau sans cesse en lutte avec la vérité des choses. C'est une âme qui veut s'échapper de son enlacis charnel. C'est pourquoi je prétends que ces rôles gagneront toujours à être joués par des femmes intellectuelles qui seules peuvent conserver leur caractère d'êtres insexués, et leur parfum de mystère.
Si j'avais été un homme, il me semble que j'aurais eu une si belle carrière !
Toujours au théâtre, la part faite aux hommes est la plus belle. Et c'est cependant le seul art où les femmes peuvent parfois être supérieures aux hommes.

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