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La jeune Céleste Albaret débute ses services pour Marcel Proust à l'âge de 21 ans

Les nuits et les jours

1h49

Durant huit années, jour et nuit, nuit et jour, Céleste Albaret prend soin de Marcel Proust. Plus qu'une simple gouvernante, elle l'épaule dans la rédaction de son oeuvre. Elle veille sur lui jusqu’à sa mort en 1922. Ce n’est qu’après qu’elle devient mère, à plus de 31 ans.

La jeune Céleste Albaret débute ses services pour Marcel Proust à l'âge de 21 ans
La jeune Céleste Albaret débute ses services pour Marcel Proust à l'âge de 21 ans Crédits : Avec l'aimable autorisation des Editions Robert-Laffont

Une série documentaire produite par Philippe Garbit et réalisée par Clotilde Pivin. 

En 1913, année de publication de Du côté de chez Swann, premier tome d'À la recherche du temps perdu, la jeune Céleste Albaret rencontre Marcel Proust. Quelques mois plus tard, elle deviendra le gouvernante et la confidente de l'écrivain. Très vite, elle s'installe au 102 boulevard Haussmann, et sera au service de Monsieur Proust de jour comme de nuit. 

C'est au début des années 1970 que Céleste Albaret accorde une série d'entretiens au journaliste Georges Belmont en vue de la publication de l'ouvrage de souvenirs Monsieur Proust, publiés aux éditions Robert Laffont. Céleste Albaret fait alors appel à sa mémoire, pour relater des souvenirs de la famille Proust. A force de côtoyer l'écrivain, elle finit par mieux connaître l'histoire des Proust, que celle de sa propre famille. 

Durant huit années, Céleste Albaret prépare à Marcel Proust ses repas, s'occupe de son intérieur, et l'épaule dans la rédaction de son œuvre. Elle veillera sur Proust jusqu’à sa mort en 1922. Ce n’est qu’après qu’elle devient mère, à plus de 31 ans.

Avec Céleste Albaret, Proust se livre, et aime beaucoup s'épancher sur ses souvenirs de jeunesse. Enfant à la santé fragile, le petit Marcel grandit avec un asthme sévère qui l'empêche de sortir à l'arrivée du printemps et qui fait de lui un garçon solitaire : 

Il me disait : "Ma vie est compliquée, je ne vois personne". Il ne voyait plus tellement sa famille. Mais il me racontait ses souvenirs de famille : la campagne, le château, l'Eglise... On sentait qu'il avait une bonne observation des choses. Mais il n'a pas pu rester longtemps à la campagne à cause de son asthme. Céleste Albaret 

Nous passions des soirées où il ne travaillait pas. Lui était dans son lit, et il me disait : "Céleste vous allez prendre dans mon tiroir la boîte à photographie". Il me racontait des histoires de famille. Céleste Albaret

Céleste se rend vite indispensable auprès de l’écrivain, se pliant à ses moindres désirs et s’adaptant même à sa vie nocturne.

C'était un homme très frileux, il vivait nuit et jour avec des bouillottes. Il y avait une réserve en tout en lui, une vraie dignité. Il était excessivement difficile, excessivement tyran, mais tout cela était fait avec un charme... Il me caressait avec sa voix, et je ne me suis jamais rendue compte de cela. Céleste Albaret

À 35 ans, le dessinateur et scénariste Stéphane Heuet découvre À la recherche du temps perdu de Marcel Proust et entreprend aussitôt son adaptation en bande dessinée. La série comporte aujourd'hui 6 tomes (Combray, À l'ombre des jeunes filles en fleurs volumes I et II et Un amour de Swann volume I et II et Noms de pays : le nom ).

Pour moi, c'est une jolie jeune femme. Elle a un joli visage assez rond qui est assez facile à dessiner. C'est une grande femme, Proust disait qu'elle était presque aussi grande qu'elle. Elle faisait 1m76, ce qui est grand pour l'époque. On me dit souvent que je dessine Bécassine quand je dessine Céleste Albaret. Stéphane Heuet

Marcel Proust aurait immortalisé sa gouvernante sous le nom de Françoise, un personnage de La Recherche. Dans Sodome et Gomorrhe (1921), un personnage porte le nom de Céleste Albaret.

Dans "La Recherche", les prénoms et les noms ont une certaine musicalité. Le prénom Céleste a dû inspirer Marcel Proust. Mais Françoise et Céleste ne sont pas la même personne. Quand on écoute Céleste dans les archives, on se rend compte que c'est une femme humble, gentille, qui s'excuse presque d'exister. Alors que Françoise, dans "La Recherche", elle donne des leçons. Mais on retrouve dans la Céleste Albaret de "Sodome et Gomorrhe", on retrouve le même langage que celui de la vraie Céleste. Stéphane Heuet

La jeune Céleste Albaret par Stéphane Heuet, auteur de la bande dessinée "A la recherche du temps perdu"
La jeune Céleste Albaret par Stéphane Heuet, auteur de la bande dessinée "A la recherche du temps perdu" Crédits : Stéphane Heuet
Céleste Albaret, âgée, par Stéphane Heuet, auteur de l'adaptation d'"A la recherche du temps perdu" en BD
Céleste Albaret, âgée, par Stéphane Heuet, auteur de l'adaptation d'"A la recherche du temps perdu" en BD Crédits : Stéphane Heuet
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