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Le psychiatre et révolutionnaire d'origine antillaise Frantz Fanon dans les années 1950. Il prit position pour la révolution algérienne et milita pour la révolution des pays du tiers monde.

Frantz Fanon : la violence en héritage ?

1h49

Comment Fanon est-il devenu le défenseur de la violence politique ? Peu avant sa mort, il rencontre Sartre et passe trois jours à Rome sans presque dormir, qui aboutissent à la préface par le philosophe des "Damnés de la terre". Livre référence pour tous les peuples en quête d’émancipation.

Le psychiatre et révolutionnaire d'origine antillaise Frantz Fanon dans les années 1950. Il prit position pour la révolution algérienne et milita pour la révolution des pays du tiers monde.
Le psychiatre et révolutionnaire d'origine antillaise Frantz Fanon dans les années 1950. Il prit position pour la révolution algérienne et milita pour la révolution des pays du tiers monde. Crédits : A gauche : STF / AFP. A droite : Pacha J. Willka (via Wikimedia Commons)

Né en 1925 à Fort-de-France et enterré en 1961 en Algérie, Frantz Fanon pourrait faire partie d’un temps révolu, le temps des colonies. On aimerait pouvoir remiser soigneusement sa pensée sur l’étagère des témoignages d’une histoire passée comme une relique, comme la trace ténue d’une histoire lointaine, cicatrisée. Ses écrits, de Peau noire et Masques blancs aux Damnés de la terre font pourtant toujours écho de manière incendiaire aux relations raciales du XXIe siècle. 

Né aux Antilles françaises dans l’entre-deux-guerres, Frantz Fanon est devenu l’emblème de la décolonisation à travers son engagement dans la guerre d’Algérie aux côtés du FLN. Le problème avec Frantz Fanon ce sont les multiples mythes qui surgissent à son évocation : le psychanalyste, qu’il n’était pas, l’élève d’Aimé Césaire, pas plus, le virulent défenseur d’une violence politique vengeresse, pas tout à fait. 

Aujourd’hui, le nom de Frantz Fanon résonne à l’échelle planétaire, une référence incontournable lorsqu’on évoque la condition noire et la violence coloniale qui explose après la Deuxième Guerre mondiale. Dans l’embrasement des années 60 et 70 Fanon est là, dans les têtes. Inspirateur de nombreux combats, des Black Panthers aux Palestiniens en passant par les militants anti-apartheid d’Afrique du Sud, il reste un des penseurs révolutionnaires qui a marqué de son empreinte la fin des empires coloniaux et l’analyse des relations interraciales. 

Comment est-il devenu le défenseur de la violence politique ? A la veille de sa mort, Fanon rencontre un des auteurs qui l’ont accompagné dans la construction de sa pensée : Jean-Paul Sartre. Trois jours à Rome sans presque dormir, sous l’œil méfiant de Simone de Beauvoir, qui aboutissent à la préface des Damnés de la terre, le dernier livre de Fanon devenu dès sa publication une référence pour tous les peuples en voie de libération. 

Trois jours à Rome et peut-être aussi l’histoire d’un malentendu.

Avec : Frédéric Ciriez, Alice Cherki, Aurélia Michel, James Toner, Victor Permal, Achille Mmembe, Michel Giraud, Mireille Fanon-Mendès-France, Sarah Fila Bakabadio, Pap N’Diaye, Elaine Mokhtefi, François Gèze, Jean Khalfa, Magali Bessone et Romuald Fonkoua. 

Lectures : Gaël faye, Hélène Lesoer et Daniel Kenigsberg

Prise de son : Alexandre Abergel et Bernard Laniel

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