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Offres d'emploi en Allemagne pour les Français

"A 50 ans, en France, vous êtes au chômage. Alors qu'en Allemagne, pas du tout"

4 min
À retrouver dans l'émission

Angela Merkel est la grande favorite des élections législatives allemandes de ce dimanche. Chancelière depuis 2005, elle doit notamment sa longévité à un bon bilan économique, avec un taux de chômage très bas, d'environ 5,6 %. L'Allemagne a-t-elle un meilleur modèle de travail que la France ?

Offres d'emploi en Allemagne pour les Français
Offres d'emploi en Allemagne pour les Français Crédits : Philippe Riedinger / LE RÉPUBLICAIN LORRAIN - Maxppp

Environ 2 millions et demi de personnes, c'est le nombre de chômeurs en Allemagne. Soit deux fois moins qu'en France. L'Allemagne est souvent citée en exemple pour son faible taux de chômage, pour la réussite de ces entreprises, notamment les Mittelstand, ces sociétés "familiales" qui occupent une spécialité de niche dans le monde entier et qui génère de gros bénéfices (souvent en milliards d'euros). Un genre d'entreprise qui n'existe pas en France. Les chiffres d'outre-Rhin font rêver beaucoup, mais les méthodes de travail sont très différentes. Entre le modèle de travail français et allemand, quelles sont les différences ? Témoignages recueillis par François-Pierre Noel, avec l'aide d'Eric Chaverou.

Alex Benoehr est né en Allemagne, il travaille à Bordeaux : "Le modèle de travail français offre plus de liberté"

De l'autre côté du Rhin, Alex a fait ses études dans la finance. C'est là-bas qu'il a obtenu son premier emploi. Aujourd'hui, il travaille dans une société de conseils à Bordeaux, en Gironde. Alex Benoehr a travaillé pour une entreprise française en Allemagne et une société allemande en France. Il a pu voir de grandes différences entre les deux modèles, deux façons de travailler "très différentes", selon lui.

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On a des notions de droits et de priorités qui sont différentes. L'entreprise allemande est très structurée et tout le temps dans le consensus. On parle beaucoup de la façon consensuelle dont les Allemands travaillent, mais c'est une réalité. Quand il y a un accord, une fois qu'il a été décidé, il est suivi. Le côté positif c'est qu'il y a une marche à suivre. Mais si on la suit jusqu'au bout, on peut prendre 'un mur'. Alors que du côté français, on va rentrer dans une discussion sans fin, qui n'aura pas de conclusion, et si on décide de quelque chose, ce ne sera pas forcément suivi (..), ce qui nous laisse plus de liberté.

Des employés qui suivent scrupuleusement les règles qui ont été décidées et écrites lors des réunions, c'est ce qu'a remarqué Jérôme Dequidt, 23 ans. Ce nordiste a travaillé pendant trois ans pour une entreprise allemande de fabrication de fenêtres, dans les Yvelines.

Jérôme Dequidt, 23 ans : "Mes collègues allemands n'ont pas la même approche du client"

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En Allemagne, ils n'ont pas la même approche par rapport au client. En France, on n"hésite pas à intégrer les nouvelles demandes du client en cours de route, même si ça doit nous poser des problèmes d'approvisionnement et de délais. Alors que là-bas, les salariés allemands établissent un planning et les employés en sortent très rarement, ils n'hésitent pas à dire non.

Jérôme a d'abord été apprenti puis il a été embauché à la fin de ses études. Une méthode encore méconnue en France mais habituelle en Allemagne. Les jeunes apprentis allemands sont trois fois plus nombreux qu'en France et l'Allemagne compte trois fois moins de jeunes au chômage.

"En Allemagne, l'apprentissage est très valorisé" : Christophe Charoy, entrepreneur

Ce chef d'entreprise dirige une société allemande basée en France. L’entreprise travaille dans la maintenance de machines agroalimentaires. Avant cela, Christophe Charoy a vécu pendant un peu moins d'une quinzaine d'années en Allemagne. En tant que patron, il a pu voir les différences de modèles entre les travailleurs français et allemands. "L'apprentissage, c'est la clé", selon lui, "la seule clé pour avoir du personnel qualifié" :

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Que ce soit dans mon ancienne entreprise allemande ou aujourd'hui en France, dans mon entreprise allemande, en moyenne, 80 % de nos recrutements sont des apprentis. Il ne faut pas s'imaginer que l'apprentissage, c'est seulement les personnes en 'bleu de travail'. Tous les services sont concernés, le secteur commercial, de l'exportation et de la communication. (...) Culturellement, c'est la plus grosse différence entre nos deux pays. En Allemagne, l'apprentissage est très valorisé. Là-bas, si un jeune rentre du travail avec un t-shirt BMW par exemple, les autres vont le regarder avec respect. Alors qu'en France, tous les professeurs regardent de travers, les jeunes qui refusent de faire un BAC en Terminale ou si l'un d'entre eux souhaite faire un travail manuel.

Le taux de chômage frôle les 25 % pour les moins de 25 ans chez les jeunes Français. Une situation qui est aussi inquiétante chez les plus de 50 ans. En France, le taux de chômage des plus de 55 ans est de 7,2 % (chiffre de 2016, Eurostat). Tandis qu'en Allemagne, il est environ deux fois moins élevé, à 3,9 %. C'est ce qu'a pu constater Huguette Pfister, 51 ans. Cette ancienne vendeuse travaille dans une société de logistique à Lahr, à quelques kilomètres de la frontière allemande. En contrat CDD d'un an, la quinquagénaire n'arrivait plus à trouver un emploi en France.

Huguette Pfister : " Quand on a 51 ans en France et que l'on cherche du travail c'est difficile "

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"En France, j'ai cherché, cherché, mais il y avait toujours le barrage des 50 ans. Dans la majorité des cas, on n'avait pas le droit de me le dire mais on me le faisait ressentir et pourtant je ne fais pas mon âge. En France, après 50 ans, si vous êtes au chômage, vous ne trouvez plus rien. En Allemagne, au contraire, c'est même un plus d'avoir de l'expérience".

Cette Alsacienne espère que son contrat en Allemagne sera prolongé, même si elle ne se voit pas rester là bas jusqu'à sa retraite. Aujourd'hui, elle fait des allers-retours, tous les jours, entre la France et l'Allemagne. Certaines de ses habitudes ont changé, notamment le temps de travail. Un employé à temps plein en France travaille 35 heures. Huguette, elle, doit faire 5 heures de plus en Allemagne chaque semaine. Ce travail dans la logistique, elle l'a trouvé grâce à un nouveau bureau Pôle emploi transfrontalier qui existe depuis 2013. Un service de placement à Kehl, en Allemagne.

Anne François, conseillère Pôle Emploi : "Le conseiller allemand s'occupe seulement de son portefeuille de chômeurs"

Ce service de placement transfrontalier a pour but de permettre à des chômeurs français de travailler en Allemagne et inversement. Ces bureaux sont partagés par des membres de Pôle Emploi et de la Bundesagentur fur arbeit (le service chargé de l'emploi en Allemagne). Ils reçoivent des chômeurs qui doivent remplir certains critères, le principal est de parler allemand si on veut travailler de l'autre côté du Rhin. Pour cela, des formations sont proposées par Pôle Emploi.

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Entre un conseiller Pôle Emploi en France et en Allemagne, il y a des différences. Déjà au niveau des horaires, ils commencent à travailler plus tôt et ils sont en congés le vendredi après-midi. Il y a aussi un suivi un peu plus poussé du côté allemand. (...) Après, c'est peut-être un peu difficile de comparer car le conseiller pôle emploi français est sur d'autres activités dans l'agence, tandis que le conseiller de la Bundesagentur fur arbeit ne s'occupe que des chômeurs dont il s'occupe.

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