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Comme chaque année avant l'hiver, les associations comptent sur les dons des Français pour assurer la distribution des repas.

Don de nourriture : "J'ai huit frères et sœurs, j'ai l'habitude de partager"

5 min
À retrouver dans l'émission

Entre la campagne d'hiver des Restos du cœur lancée mardi et la Collecte Nationale des Banques Alimentaires ce vendredi, la générosité des Français est très attendue. Si les associations disent craindre une chute des dons, beaucoup continuent de partager leur nourriture avec les plus démunis.

Comme chaque année avant l'hiver, les associations comptent sur les dons des Français pour assurer la distribution des repas.
Comme chaque année avant l'hiver, les associations comptent sur les dons des Français pour assurer la distribution des repas. Crédits : Pierre Verdy - AFP

Ceux qui iront au supermarché ce premier week-end de décembre 2018 pourront apercevoir, juste après le passage en caisse, quelques gilets oranges siglés "Banque Alimentaire". Cette tenue des bénévoles de la fédération marque le lancement de la grande collecte de nourriture organisée comme chaque année, quelques semaines avant l'hiver. L'occasion de faire appel à la générosité des Français qui pourront déposer à l'envie et selon leurs moyens une conserve de viande ou un paquet de riz sur les stands. Objectif : 23 millions de repas pour les plus en difficultés, avec des appels aux "gilets jaunes" à ne pas perturber l'opération. Et si les dons d'argent à des associations caritatives semblent baisser ces derniers mois, le partage de nourriture mobilise toujours autant. Grâce à certains donateurs réguliers et à plusieurs initiatives individuelles. Témoignages recueillis par Steven Gouaillier, avec vos réactions et vos participations sur les réseaux sociaux. 

De nouveaux frigos solidaires

Pour partager un peu des stocks de nourriture disposés dans le placard de la cuisine, plus besoin d'attendre l'ouverture des locaux de l'association caritative la plus proche. Dans le 11e arrondissement de Paris par exemple, on inaugurait ce mardi 27 novembre le quatrième "Frigo Solidaire" de la capitale, réfrigérateur en libre-service où chacun peut venir déposer ses produits à destination des plus démunis. La première à venir s'investir, c'est Élodie, nouvelle venue dans le quartier. 

Je ne connaissais pas. Je suis tombée sur cet événement par hasard. J'avais déjà entendu parler des frigos solidaires à Londres. J'avais des yaourts dont mon fils ne voulait plus, ils périment en décembre... ça peut servir à quelqu'un d'autre !        
Élodie

On doit ce concept de Frigos Solidaires dans l'Hexagone à une jeune restauratrice du 18e arrondissement. Dounia Mebtoul a été la première à mettre en place un appareil en libre-service devant son établissement, "La Cantine", en juin 2017. Un frigo qu'elle utilise elle-même pour éviter de jeter ses invendus. 

Dounia Mebtoul, présidente-fondatrice de l'association "Les Frigos Solidaires"
Dounia Mebtoul, présidente-fondatrice de l'association "Les Frigos Solidaires" Crédits : Steven Gouaillier - Radio France

Chez moi je vais peut-être gaspiller un peu plus, je vais avoir l’achat impulsif à vouloir acheter rapidement et finalement ne pas consommer les denrées. Donc, ça me permet aussi de redonner dans le frigo.                                        
Dounia Mebtoul, présidente-fondatrice de l'association "Les Frigos Solidaires"

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"Le gaspillage est inadmissible en 2018"

"Ça ne correspond pas au cahier de commercialisation mais ça reste un produit tout à fait consommable"

On retrouve aussi cette volonté de lutter contre le gaspillage pour les dons de plus grande envergure. Par exemple avec Mathieu Joret, producteur de carottes et de poireaux à Saint-Germain-sur-Ay, dans le département de la Manche. "La majeure partie des produits que je donne sont surtout des poireaux abîmés, avec des pieds coupés, des feuilles abîmées par la machine. On met dans des caisses de côté pour qu’une fois tous les quinze jours les organismes viennent collecter". Le tout est organisé par l'association SOLAAL (SOLidarité des producteurs Agricoles et des filières ALimentaires), qui fait le lien entre agriculteurs et associations d'aide alimentaire. 

"Le don alimentaire, c'est quelque chose qui a passé les générations"
"Le don alimentaire, c'est quelque chose qui a passé les générations" Crédits : Mathieu Joret
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"On est peut-être autour de 200 à 500 kilos par semaine"

C'est quand même un peu dommage d'avoir d'un côté des gens qui ne peuvent pas consommer de légumes et d'un autre d'avoir des producteurs qui jettent leur production.        
Mathieu Joret, producteur 

Des lois plus sévères

Ces dons se développent aussi du côté de la grande distribution ces dernières années, poussée à adopter de bonnes pratiques contre le gaspillage alimentaire par la Loi Garot, en 2016. Avec notamment l'interdiction de verser de l'eau de javel sur les invendus ou l'obligation, pour les plus grosses structures, de conclure des conventions avec des associations caritatives pour faire don des produits alimentaires non-commercialisables. Pour les Banques Alimentaires par exemple, les dons venus des distributeurs reste la principale source de collecte. 

Source : rapport d'activité 2017 des Banques Alimentaires
Source : rapport d'activité 2017 des Banques Alimentaires Crédits : Réseau des Banques Alimentaires

Depuis quelques temps, le législateur s'est même attaqué au gaspillage alimentaire dans les institutions, avec la loi Agriculture et Alimentation dite "Egalim". En encourageant par exemple la restauration collective à se tourner vers les associations pour redistribuer leur surplus alimentaire.

Expérimentation dans deux hôpitaux parisiens

L'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris a anticipé cette mesure. Dès 2015, elle a réfléchi à donner son trop-plein de plats cuisinés. Depuis le 17 septembre dernier et jusqu'au 14 décembre, deux établissements expérimentent le concept : l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière et l'hôpital Cochin. Les autres établissements "attendent la fin de l’expérimentation (...) mais nous sommes déjà sollicités par deux autres hôpitaux pour pouvoir démarrer rapidement d'autres partenariats" explique le référent restauration de l'AP-HP, Joe-Pascal Saji.  

Joe-Pascal Saji, référent restauration à l'AP-HP
Joe-Pascal Saji, référent restauration à l'AP-HP Crédits : Steven Gouaillier - Radio France
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"Les éléments non-consommés étaient jetés le lendemain matin"

Sur une semaine, il y a quatre journées de signalement de surplus alimentaires. Cela peut aller jusqu'à 130 éléments repas (entrée, viande, laitage, etc.) par semaine, sur deux cuisines centrales qui font 14 000 repas. Ce qui est très très peu. Deux associations sont partenaires : Entraide et partage avec les sans logis et les Restos du coeur.

Ces partages et initiatives sont plutôt bien accueillis par les associations qui s'inquiètent de la baisse récente des dons d'argent, que l'on constate également grâce à vos réactions sur Twitter. 

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Autant de dons de nourriture qu'avant, mais des produits plus chers

La collecte de denrées alimentaires n'est pas touchée par cette récente diminution. Les Français donneraient même des produits de plus en plus onéreux d'après le Président du réseau des Banques Alimentaires, Jacques Bailet. En attendant d'en avoir confirmation avec la collecte nationale qui se tiendra jusqu'à dimanche, à la sortie des supermarchés. 

Jacques Bailet, Président du réseau des Banques Alimentaires
Jacques Bailet, Président du réseau des Banques Alimentaires Crédits : Fédération Française des Banques Alimentaires

Il y a des produits comme l'huile, le café, la farine, les conserves de viande et de poisson qui n'ont pas de date limite de consommation ni de défauts. La Collecte Nationale nous permet d'avoir ces produits que nous n'aurions pas ailleurs. Et en complément, des programmes européen et de l'Etat français nous donnent des produits que nous n'avons pas du tout : des surgelés de viande, de poisson, et de la farine et du lait en grande quantité.                    
Jacques Bailet, Président du réseau des Banques Alimentaires

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"En un week-end, deux millions de personnes vont donner 11 500 tonnes de nourriture"

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