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Une aide-soignante aide une personne âgée dans une maison spécialisée à La Rochelle.

Ehpad : "Laissez-nous le temps de soigner nos aînés !"

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À retrouver dans l'émission

#montravailenEhpad |Les syndicats appellent mardi 30 janvier à une journée nationale de grève et de mobilisation dans les Ehpad publics et privés pour dénoncer le manque de moyens et d'effectifs. Un mouvement inédit pour un personnel à bout de souffle qui ne veut plus se taire. Ecoutez, lisez ses témoignages.

Une aide-soignante aide une personne âgée dans une maison spécialisée à La Rochelle.
Une aide-soignante aide une personne âgée dans une maison spécialisée à La Rochelle. Crédits : Xavier Léoty - AFP

La France vieillit : en 2030, 8 millions de Français auront plus de 75 ans, contre 5 millions aujourd'hui. Pourtant, les moyens pour accompagner la prise en charge des personnes âgées sont déjà insuffisants aujourd'hui. Le gouvernement vient d'annoncer 50 millions d'euros pour les Ehpad (établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes), "une goutte d'eau" estiment les syndicats. Il faudra faire bien plus pour assurer la prise en charge décente de nos aînés. A commencer par embaucher du personnel. Dans les Ehpad en France, le taux d'encadrement est de 0,6 emploi par résident quand chez nos voisins allemands il est d'un 1,2, soit le double. Longtemps ignorés, mal considérés et sous payés, les personnels des Ehpad n'en peuvent plus. Comment prendre soin de nos aînés quand on passe son temps à courir ?
Témoignages recueillis par Annabelle Grelier, avec la collaboration d'Eric Chaverou.

Anne-Marie Cieslak, aide soignante en Ehpad depuis 30 ans  

Anne-Marie Cieslak travaille à l'Ehpad Hector Malot, de Fontenay-sous-Bois depuis près de 30 ans. Elle a vu petit à petit l'organisation des équipes soignantes changer. Aujourd'hui, les agents doivent tout consigner à la fin de leur service. La traçabilité des soins est une formalité qui lui prend beaucoup de temps, du temps en moins qu'elle ne passe plus au côté des résidents estime-t-elle, qui déshumanise son travail. Elle a le sentiment de devoir toujours aller vite pour remplir les objectifs, des objectifs intenables. Selon la prescription, elle doit faire prendre le petit déjeuner à un résident en 5 minutes, lui faire la toilette en 10 minutes. Elle passe son temps à culpabiliser.

On est peu mais il faut tout faire. On ne regarde plus le soin, on regarde le temps. Et en plus on nous dit que ce n'est pas encore assez, qu'il faut en faire plus. On rentre chez nous et on se dit : eh bien voilà, je ne sais pas si tu as bien travaillé, mais tu l'as fait."  

Martine Brinis, aide soignante de nuit à l'Ehpad des Lilas de Vitry-sur-Seine 

Pour Martine Brinis, s'occuper des personnes âgées est un rêve depuis l'adolescence. On peut parler de vocation. Elle n'a jamais songé à changer de métier. Pourtant, avec les années, elle s'inquiète de voir de plus en plus de collègues craquer. Les sous effectif les poussent à l'épuisement. 14 ans qu'elle travaille la nuit, une mission que l'on dit des plus difficiles, et c'est encore pour celles de la journée qu'elle se fait le plus de soucis.       

Quand je prends mon service à 21h15, on se retrouve des fois avec une quinzaine de résidents à coucher car le soir elles étaient en sous effectif, donc le dernier résident peut parfois être couché à minuit, 1 heure du matin. Mais le matin, quoiqu'il arrive, il sera réveillé à 7 heures et quart. La journée, c'est catastrophique. J'ai vu la dégradation par rapport aux repas par exemple : le grammage a diminué. Ils ont moins à manger. Le directeur m'a dit qu'il en avait marre de nourrir les poubelles. Je lui ai dit qu'il avait une autre solution peut-être : que ce soit meilleur. Et puis que le personnel ait un peu plus de temps pour faire manger. Il ne m'a pas répondu.

Virginie Lorendi, aide soignante à l'Ehpad Hector Malot de Fontenay-sous-Bois depuis l'âge de 17 ans

Virginie voudrait elle aussi prendre plus de temps avec ses résidents. Quand ils arrivent à l'Ehpad, ils ont souvent perdu leur conjoint, ils ont quitté leur maison et ils savent qu'ils ne rentreront plus chez eux. Le temps de trouver leurs marques et d'accepter la situation, ils passent souvent par des phases dépressives. Ils ont besoin qu'on leur remonte le moral, qu'on leur parle, qu'on les rassure. Mais comment s'assoir un petit moment avec eux sans prendre du retard et se faire réprimander ?    

Quand il faut choisir entre la direction et un résident, je choisis le résident. Mais ça coûte cher. On est mal noté et on ne touche pas nos primes.   

Nathalie Kafka, aide soignante depuis 40 ans 

Quand elle parle de ses résidents, Nathalie a les larmes aux yeux. Quand elle a commencé le métier, c'était plus humain. Elle avait plus de temps pour parler avec eux. Aujourd'hui, elle les voit s'enfoncer dans la solitude et elle ne peut rien y faire. Il faut toujours aller plus vite, il ne faut pas s'attacher lui dit sa direction. Pas d'affect ! Mais il est impossible pour un aide soignant d'agir comme un robot, nous sommes des humains, s'insurge-t-elle et nos résidents aussi ! Pourquoi a t-on oublié que même vieux, même dépendants, ils sont toujours des êtres humains ?     

J'arrive, j'ai pas le temps, leur répond on... On regarde toujours l'horloge. Que la ministre vienne passer une journée avec nous, qu'elle vienne voir ce qui se passe dans les Ehpad !  

Barbara Filhol, personnel administratif en Ehpad et secrétaire générale des Ehpad du Val-de-Marne pour la CGT

Petit bout de femme, mais quelle énergie ! Barbara Filhol ne fait pas partie du personnel soignant mais elle se sent tout aussi concernée et proche de ses collègues. Il y a 87 métiers dans les Ehpad et tous souffrent du même problème. Manque de moyens financiers et manque de personnels. La CGT, premier syndicat du secteur, a recensé 120 conflits en 2017 dans les Ehpad. Le taux d'absentéisme est en moyenne de 10%. Les accidents du travail seraient aujourd'hui deux fois supérieurs à la moyenne nationale et supérieurs à ceux du secteur du BTP.  Le malaise est profond et ce n'est pas l'annonce de 50 millions d'euros de fonds supplémentaires de la ministre de la Santé qui calmera la colère des agents, estime Barbara Filhol.

On exige d'avoir un moratoire sur la loi d'adaptation au vieillissement, d'avoir un vrai plan d'investissements pour les Ehpad, de revoir les ratios de personnel et qu'on arrête de nous malmener ou de nous culpabiliser. Qu'on permette à nos résidents de vivre et mourir dignement !

Boris, "monsieur problèmes"

Boris Cieslak est électricien. Il fait partie de l'équipe technique des Ehpad du Val-de-Marne. Quand il a commencé, ils étaient 25 dans l'équipe. Aujourd’hui, ils sont deux. Il faut savoir tout faire et être partout, raconte-t-il. Les toilettes sont bouchées, le lève malade ne marche plus, l'ampoule est grillée, on appelle le technicien.       

Si on ne nous permet plus d'assurer notre mission, la sous traitance va passer au privé et le privé a très bien compris qu'il y avait de l'argent à se faire. 

Pascal Champvert, président de l'AD PA, association des directeurs au service des personnes âgées

Pascal Champvert juge la France très en retard dans l'aide aux personnes âgées par rapport à ses voisins européens. Il faudrait au moins 1 agent par résident, selon lui, et la situation s'aggrave dans les maisons de retraite et pour les aides à domicile. Il craint de nouvelles réductions budgétaires qui pourraient avoir un impact sur la qualité des soins. Et de souligner aussi "l'urgence d'être entendus par le président Macron et ses conseillers, et que nous puissions avoir un dialogue avec lui que nous avons eu avec ses prédécesseurs". "C'est un élément fondamental du pacte social de savoir comment vieillissent les plus âgés." (photo ci-dessous : Emmanuel Macron en campagne en décembre 2016, à Talence. Par Georges Gobet / AFP)

Un mois dans une maison de retraite coûte en moyenne 2 200 euros. Il faut cesser cette spoliation de nos aînés et créer une prestation autonomie.  

Vous avez aussi beaucoup témoigné sur les réseaux sociaux

Véronique Lacombe : Je suis aide soignante en Ehpad. Nous ne sommes plus dans le soin de confort... Tout est histoire à présent de rendement... cadence... budget. C'est triste quand on travaille avec de l'humain 😣 Le gouvernement ne se soucie point de ses personnes âgées.... C'est lamentable... Où est la bientraitance là-dedans ? Et la bientraitance du personnel en sous effectif, on en parle ? 😡😡😠

Juana Lorenzo Ayllon : Si on bouge c'est pour le respect dans son intégralité de Nos Aînés, on ne supporte plus que tout c'est bureaucrates s'en mettent plein les poches et font tout pour nous faire CULPABILISER sur le manque de moyen que nous subissons.
Nous tirons la sonnette d'alarme depuis trop longtemps. J'invite qui veut à mettre ma blouse d'aide-soignant et de réaliser avec le peu de moyen humain et matériel et avec le temps qui nous est imparti d'assurer l'ensemble des soins. La critique est facile mais l'art est difficile.
J'ai 25 ans d'ancienneté. Nos plaintes et craintes ont été remontées aux Cadres de Santé et Direction. Le cadre, quant à lui nous donne l'impression d'être pieds et mains liés face aux réponses et/ou management de la direction qui elle se place derrière les directives de l'État du fait des enveloppes de plus en plus réduite.
Tout est argent........et l'être humain délaissé.
Les Familles ont écrit aux responsables concernés : aucun changement.....rien n'y a fait.
Depuis quelques mois, nous rencontrons un Mr qui fait parti du syndicat CFDT du CHU de Nîmes, et petit à petit on se rend compte que nous ne sommes pas un petit cas isolé. Qu'en fait aujourd'hui c'est NATIONAL, et que nous tenons Tous et Toutes le même langage.

Lapetite Lulu : Une toilette en général devrait durer 45 mins. Si on en a 20mins / PA c’est déjà bien !
Dans l’absolu, favoriser l’autonomie de la personne âgée (PA) lors des toilettes serait un plus contre l’évolution de la maladie, mais là aussi on a pas le temps. Quand on a pas le temps on fait mal, on est moins précis dans le geste et on perd patience. De la maltraitance, oui, on peut dire le mot.
Quand le directeur de l’EhPaD fait appel à X intérims et qu’il refuse d’embaucher c’est que volontairement il accepte la situation.... 

J’ai travaillé 1 ans et demi en Ehpad privée, et effectivement il y a un gros souci dans la répartition des budgets qui a une conséquence directe dans le soin.

Maintenant, le gouvernement sucre les subventions dans le médico social. Y’a moins de moyens donc moins de qualité. Ça ne m’étonne pas que l’hospitalisation à domicile soit si répandu. En plus de la dignité et du confort, les PA ont droit à du personnel sans nul doute plus épanouis que celui des institutions.

Richard Cluzeau : Je suis aide-soignant et j'ai aimé mon métier jusqu'au jour où un directeur est venu me dire que 12 minutes par personne était nécessaire, car après ce n’était plus rentable !
Moins de matériel, un personnel à bout de souffle et les résidents qui trinquent hélas....
Aujourd'hui, je ne peux plus psychologiquement exercer ce métier.

Ophélie : Je suis aide soignante depuis 1 an et demi (j’ai 22 ans), et je suis fatiguée par la cadence du travail, avec parfois des semaines où l’on nous fait travailler le lundi, mardi, mercredi, vendredi, samedi, dimanche et lundi. C’est très difficile. Les personnes âgées sont de plus en plus grabataires. On nous demande de faire de plus en plus de choses. Entendre une directrice dire qu’elle est fatiguée d’accord, mais il serait peut-être bien qu’elle écoute notre fatigue également. On travaille sans arrêt. Le mal de dos est présent, la fatigue physique et mentale également. Malgré la passion du métier, franchement, ce n’est pas simple tous les jours :/

Laura Burguin : On apprend l'importance de la bientraitance à l'école d'infirmier. L'importance de passer du temps auprès des patients, résidents, d'être à l'écoute, d’être à son rythme. Mais aussi de faire les soins d’hygiène impeccablement, dans les règles, à son rythme là encore.
Mais la réalité est qu'on ne peut pas concilier les deux quand il y a trop de résidents et pas assez de temps. Faut choisir, c'est ça qui est malheureux. Perso, je faisais 1h sup par jour en EHPAD en tant qu'aide soignante, pas de pause (si, 30 secondes chrono pour boire de l'eau), et un rythme fou non stop pour bien faire toutes les toilettes. Épuisant. J'étais juste vacataire, quelques jours. Toute une vie c'est pas possible... Ça retombe sur les patients et les résidents malheureusement. 😢

Magali Chesneau : Il faut que le gouvernement donne plus de crédits et un changement de direction pour certains Ehpad. Nous sommes tous en maltraitance institutionnelle. C’est scandaleux. On doit le respect aux résidents dû à leur âge. Ils sont indirectement nos employeurs. Ils ont travaillé dur toute leur vie. Alors aidez nous à faire changer les choses.
Il faut aussi que certains soignants revoient leurs implications professionnelles ou changent de travail. Certaines avs sont plus compétentes que des as diplômées. Il faut que la direction de certains établissements arrête de se voiler la face et de vivre au pays des Bisounours. Que de choses à changer ou à améliorer, ça fait peur, quelle tristesse la France.

Etienne Cressot : Infirmier dans un Ehpad privé il y a quelques années.... Dimanche après midi : 3 aides soignants et seul IDE (infirmier diplômé d'Etat), des sonnettes de partout. Une famille râle parce que j'ai mis 15 minutes avant de venir....
Regard réprobateur : "Vous êtes l'infirmier de l'étage ?"
-"Non, madame. De l'établissement..."
3 étages, 100 patients.

Anaïs Salakis Brebis : J'ai travaillé comme aide soignante puis infirmière dans différents Ephad. En tant qu'AS, je faisais les toilettes à la chaîne à une vitesse folle et je n'osais même pas compter combien je pouvais en faire.
On m'a reproché un jour de m'asseoir pour donner à manger à un résident car cela invite à prendre le temps. Souvent, on pose les repas devant les personnes âgés qui sont dans l'incapacité de manger seul mais personne ne peut leur donner. Puis, le plateau, encore intact, est enlevé. Ce sont des patients qui ont des risques de fausses route mais il faut les gaver comme des oies.
En tant qu'IDE, je vais vous raconter une journée dans un Ephad, sachant que ce genre de journée sont récurrentes.
Les médicaments n'étaient pas dans un emballage. Je ne pouvais vérifier ce que je donnais. Je devais vite faire avaler les médicaments par manque de temps. Un patient a fait une détresse respiratoire. 15 jours qu'il était malade et aucun médecin n'est venu le voir. C'était l'été, en plein mois d'août. Une patiente a son pied qui a névrosé par arrêt brutal de son traitement anti coagulant sur prescription médicale de son cardiologue. Tous les patients étaient sous perfusion d'hydratation sous cutanée, alors que la plupart pouvaient boire. Mais personne n'a le temps de leur tenir le verre et d'attendre qu'ils avalent.
J'étais intérimaire, je ne connaissais aucun patient. J'ai aussi fait des toilettes ce jour là pour aider les AS, malgré les deux urgences que j'ai eu car il faut jouer au chat et à la souris avec les familles pour ne pas qu'ils voient l'état des résidents qui baignent dans leurs excréments.
Un jour aussi j'ai fait une toilette à une patiente, elle avait des cafards sur elle.
Et si jamais une famille se plaint, ce sont les AS et IDE qui vont se faire engueuler alors qu'on ne nous donne pas le temps de faire convenablement notre boulot. Puis après on dira qu'on est pas pros et qu'on manque d'humanité... Et on nous fera culpabiliser si tous les soins ne sont pas faits.

Céline Leroux : C'est un peu dur que notre empathie et notre professionnalisme soient perpétuellement remis en cause. Oui, beaucoup d'entre nous font leur métier d'aide soignant ou d'IDE avec dévotion, amour, empathie et passion. Et ce malgré le salaire, malgré les dimanches, les jours fériés, le manque de matos, d'organisation et de personnel.
J'aime mon travail, j'aime mes résidents, sans quoi je ferais autre chose.
Et je trouve ça triste qu'on nous tape dessus en systématique en nous accusant de ne pas faire notre job avec l'amour de l'autre dans le fond des tripes.
Juana Lorenzo Ayllon : Je rejoins les dires de Céline Leroux. Elle a tout dit.
Si on bouge, c'est pour le respect dans son intégralité de nos Aînés. On ne supporte plus que tous ces bureaucrates s'en mettent plein les poches et font tout pour nous faire CULPABILISER sur le manque de moyen que nous subissons.
Nous tirons la sonnette d'alarme depuis trop longtemps. J'invite qui veut à mettre ma blouse d'aide-soignant et de réaliser avec le peu de moyen humain et matériel et avec le temps qui nous est imparti d'assurer l'ensemble des soins. La critique est facile mais l'art est difficile.

Audrey Simon : Merci l'Agence régionale de santé. Merci pour le grand respect de notre profession. L'Ehpad ne peut rimer avec le mot argent. La maltraitance institutionnelle, le quotidien ordinaire. Vous pouvez faire des classes de 100 élèves, rien ne changera le fait que peu d'entre eux exercera le métier d'as. Cela commence déjà pendant les stages : nous sommes utilisés pour remplacer du personnel manquant. Par la suite, en poste, on se rend compte de la dureté de cette profession. Tiraillé entre le besoin de bien faire dans la bientraitance et cette notion de productivité. Oui, productivité. Car il faut aller vite avec des corps douloureux. Peu de temps voire pas du tout pour leur parler. On mélange des pathologies qui ne sont pas compatibles. On entend très souvent "j'ai envie de mourir"

Myriam Bénévole Mems : Conditions de travail difficiles (physiquement et moralement), personnel en manque de formation et faisant fonction de.., manque de personnel et de reconnaissance, salaire peu attractif malgré le rythme de travail les week-ends et jours fériés.... C'est aussi les mentalités qui doivent être évoluer pour que la personne âgée soit reconnue en tant que telle.

Genevieve Drai Haentzel : Quand on sait ce que coûte une maison de retraite, on est en droit de se demander où va cet argent ? Sûrement pas dans le personnel et encore moins ds les repas ??

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