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L'athlète Vanessa Low au saut en longueur

Ils sont aux Jeux paralympiques

4 min
À retrouver dans l'émission

Ils sont handicapés et sportifs de haut niveau : parole de champions aux Jeux paralympiques de Rio.

L'athlète Vanessa Low au saut en longueur
L'athlète Vanessa Low au saut en longueur Crédits : MAURO UJETTO / NURPHOTO - AFP

Les Jeux paralympiques s'achèvent ce week-end à Rio de Janeiro au Brésil. Les participants sont des sportifs aux parcours souvent extrêmement lourds. Mais ils sont passionnés par le haut niveau et leur discipline avant tout. Handicapés de naissance ou suite à un accident, ils racontent à Laetitia Bernard ce que le sport de haut niveau leur a apporté.

"Le sport de haut niveau m’a permis de me créer une autre identité"

Michaël Jeremiasz, 34 ans, joueur professionnel de tennis en fauteuil

Le porte- drapeau de la délégation tricolore à Rio a été quatre fois médaillé en tennis sur des jeux paralympiques. En fauteuil depuis un accident de ski à 18 ans, il a fait du tennis une carrière, à laquelle il vient de mettre un terme à Rio. Il y a cinq ans, il a lancé avec sa femme et son frère l’association Comme les autres qui accompagne les personnes handicapées victimes d’accident de la vie dans leur parcours de reconstruction

On se reconstruit par le sport, car c’est un formidable outil pour devenir autonome. Quand tu es paraplégique, tes bras c’est tes jambes. Cela veut dire beaucoup de musculation du haut corps pour être autonome. C’est aussi un moyen de s’échapper, de sortir de ce milieu médicalisé et d’affronter une société encore assez hostile pour les personnes handicapées. J’avais des aptitudes, j’étais un bon joueur de de tennis. La petite anecdote, c’est très drôle, c’est que j’ai toujours eu un mauvais jeu de jambes, alors que j’étais très fort du haut du corps, j’avais une bonne main et un bon œil. Et donc quand j’ai commencé le tennis en fauteuil je me suis adapté très vite.

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Le sport de haut niveau m’a permis de me créer une autre identité. Quand tu as un accident, tu deviens d’abord une personne handicapée. Tu es « le jeune homme handicapé », « le barbu handicapé ». Etre sportif de haut niveau fait qu’on te voit d’abord comme un champion, un athlète. Cela te donne une identité et une vraie reconnaissance dans la société. J’ai la chance d’avoir accès à des secteurs qui ont du pouvoir pour changer le quotidien des personnes handicapées, que ce soit la politique, les médias, le monde de l’entreprise ou associatif. J’ai choisi de me servir de toutes les portes que m’ont ouvert le sport de haut niveau pour défendre une société plus juste, plus égalitaire avec les personnes handicapées

"Je suis fan de tout ce que le haut niveau implique en termes de préparation et de concentration."

Tanguy de la Forest, 38 ans, champion de tir sportif

En fauteuil électrique, Tanguy de la Forest s’entraîne près de 15 h par semaine en parallèle de son travail, en famille. Avec sa sœur, il a créé un cabinet de recrutement, spécialisé dans l’embauche de travailleurs handicapés ; avec son frère, il a reprise une entreprise de communication.

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Je viens d’une famille de sportif amateurs. J’ai toujours été passionné par tous les sports. Quand j’ai commencé le tir à la carabine, j’ai eu la chance d’être accueilli dans un club bien accessible avec des entraîneurs qui m’ont permis de trouver les moyens de compensation pour accéder à la pratique. Donc je n’ai pas eu trop de difficulté au départ. Evidemment plus on avance vers le haut niveau plus il faut trouver des moyens d’adaptation plus importants. Le tir sportif c’est un choix qui a été orienté par mon handicap. Parce que c’était bien accessible pour ma faiblesse musculaire. Mais les résultats ont été bons assez rapidement. Je suis fan du haut niveau et de tout ce que cela implique en terme de préparation et de concentration. c’est ça qui me plaît dans ma pratique sportive qui m’attire et c’est vrai que j’ai beaucoup de mal à m’en passer aujourd’hui.

"J’ai commencé le triathlon par simple défi"

Gwladys Lemoussu, 27 ans, médaillée de bronze en triathlon

Née sans avant- bras gauche, la championne de triathlon est désormais membre de l’Armée de Champions, l’équipe d’athlètes du Ministère de la Défense.

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J’ai été autodidacte, j’ai appris seule à faire du vélo. Même petite je n’acceptais pas les prothèses. Le sport, ça a été dès toute petite Je voulais faire comme tout le monde majorettes, tennis, rugby, escalade, cross, de tout… J’ai commencé le triathlon par simple défi – je me suis mise à nager tardivement, vers 16 ans. J’ai eu la chance de décrocher un contrat avec l’armée de champions. Je suis rattachée au ministère de la Défense pour faire du triathlon ma vie. J’envisage les jeux de 2020. Depuis mars je m’entraîne entre 15 et 20 heures. Et maintenant que j’ai une médaille, et plus de temps grâce à l’armée, je vais essayer d’allonger les horaires. J'aimerais bien accrocher l’argent même l’or .

La seule chose qui m’a reconstruit c’est le sport.

Pascal Pereira-Leal, 33 ans, joueur de tennis de table, schizophrène depuis l’adolescence.

J’ai cru que je n’allais pas m’en sortir, j’ai fait trois ans d’hôpital. L a seule chose qui m’a reconstruite c’est le sport. Je ne fais que du tennis de table dans ma vie. Je joue en valide, en individuel par équipe toute l’année. Ca m’apporte beaucoup pour le sport adapté. et c’est un moyen d’avoir un rythme plus important. Mes copains du valide comme du handisport me soutiennent beaucoup. Je conseille le sport à tous les gens qui ont des problèmes psychologiques.

Chroniques

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18 min

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