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L'une des épreuves incontournables à 18 ans c'est le baccalauréat, l'étape de transition entre l'enfance et l'âge adulte.

"Je ne suis pas du tout pressé d'entrer dans la vie active, ça me fait trop peur"

4 min
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#AdulteEn2018 |Le permis, le droit de vote, le baccalauréat, les études supérieures, l'année des 18 ans est une étape charnière dans la vie d'un adolescent. Mais certains n'attendent pas d'être adulte pour prendre plus de responsabilités. Comment ces jeunes ressentent-ils leur passage à l'âge adulte ?

L'une des épreuves incontournables à 18 ans c'est le baccalauréat, l'étape de transition entre l'enfance et l'âge adulte.
L'une des épreuves incontournables à 18 ans c'est le baccalauréat, l'étape de transition entre l'enfance et l'âge adulte. Crédits : Richard Bouhet - AFP

Education, engagement politique, citoyen ou associatif. Les futurs #AdulteEn2018 prennent déjà les choses en main, par des actions ou des soutiens sur différents projets. La vie est très chargée lorsque l'on a 17 ans, il faut réviser pour son baccalauréat à la fin de l'année, réfléchir aussi à ce que l'on souhaite faire après le lycée mais aussi passer son permis, sortir avec ses amis, bref, le temps manque et le stress est permanent. De nombreux jeunes appréhendent leur arrivée à l'âge adulte car ils devront être responsables de leurs actions mais aussi moins dépendant de leur famille. Ils se rapprochent également de la vie active et du jour où ils vont devoir travailler pour gagner leur vie, une perspective qui en inquiète certains comme Charlélie, 17 ans, il habite à Quesnoy sur Deule, dans le Nord. L'un des témoignages recueillis par François-Pierre Noel. 

Charlélie, lycéen, Quesnoy sur Deule, Nord : " Petit à petit, je serai le seul responsable de tout et ça me stresse "

Élève en terminale S à Lambersart, la perspective de devenir adulte angoisse Charlélie. Aujourd'hui il vit toujours chez ses parents mais quand il voit tout ce qu'ils doivent faire pour payer les différents coûts de la vie, il n'est pas du tout impatient d'être indépendant. Dans quelques mois, il souhaite rentrer à la faculté de médecine à Lille. Une parenthèse étudiante avant le monde du travail qui le ravit. Si ça ne tenait qu'à lui, il resterait étudiant le plus longtemps possible. Ce qui va lui manquer le plus, ce sont surtout les vacances scolaires, c'est à dire passer de 4 mois et demi de congés à seulement 5 semaines par an. "J'ai juste l'âge des 18 ans à passer et après je serai tranquille. Les études scolaires, ça commence à me "saouler" , surtout que l'on a le même rythme depuis la maternelle". 

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Petit à petit, je serai le seul responsable de tout et ça me stresse. J'aurais toujours mes parents derrière moi pour m'épauler mais ils ne seront pas là pour dire : "On paye ta facture, tout ça". Il faudra que je me débrouille tout seul pour mes dépenses. Quand on rentre dans la vie active, on a un salaire tout petit par rapport à toutes les dépenses que l'on doit faire. On vit dans une société où il n'y a que l'argent qui compte. On est dans une société où tout le monde court après l'argent. J'ai surtout l'impression que c'est "la guerre" parce que tout le monde cherche des emplois. 

Sébastien, lycéen, Paris, Île-de-France : " Travailler dans une association (...) cela m'a aidé à grandir"

Avoir 18 ans c'est aussi avoir plus de responsabilité dans la vie et d'avantage de devoirs. Depuis un peu plus d'un an, Sébastien donne quelques heures de son temps chaque semaine pour aider, bénévolement, une association Hologramme Global. Il récupère les invendus des supermarchés pour les redistribuer ensuite à des personnes dans le besoin. Sébastien ne craint pas d'avoir 18 ans mais grâce à son activité dans l'association, il a pu prendre conscience de certaines responsabilités et donc de comprendre davantage ce que vivent les adultes : _" J'ai l'impression pour la première fois de ma vie de me sentir utile. D'être comme ça, aux côtés des gens dans le besoin, cela m'a permis de découvrir la réalité des choses. "__Sébastien souhaite intégrer l'école de Sciences Po. Avant d'aider les plus démunis, il ne savait pas trop quoi faire. Aujourd'hui, il a une idée bien plus précise : "Avant, je ne m’intéressais pas à tout ce qui était ONG et toutes ces choses là (...) alors qu'aujourd'hui, ça m'intéresse beaucoup plus. Je me suis rendu compte qu'en mettant un peu de concret à toutes ces thématiques, j'ai vu que l'on pouvait agir même si il n'y avait pas forcément de résultat tout de suite."_

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Au début, je me suis demandé si ça m'a aidé à grandir, je me disais que je faisais ça comme ça, je consacre deux heures par semaine, ce n'est pas grand chose. Mais en me posant 2 minutes, quand j'en ai parlé autour de moi, les gens étaient un peu plus enthousiastes que moi. Et à ce moment là, je me suis rendu compte que ça pouvait m'être utile. Si chacun passe une heure dans la semaine à aider les autres, ça peut donner des bons résultats, je pense que ça m'a aidé à grandir. 

Louise, 17 ans, lycéenne, Lomme, Nord : " Au collège et au lycée, on était materné. Maintenant, il y a le stress du bac et des admissions post-bac"

Louise sait que plus elle se rapproche de ses 18 ans, plus elle doit faire des choix importants pour sa future vie professionnelle. En ce moment, elle révise comme tous ses camarades lycéens, le baccalauréat scientifique. Derrière, elle espère intégrer la faculté de médecine mais elle sait que le chemin sera très difficile surtout le concours à la fin de la première année. Pour se préparer, elle révise déjà quelques notions d'anatomie, de SVT et de physique-chimie prévues au programme de médecine, pour être prête le plus rapidement possible l'année prochaine. Son lycée a mis une pression importante sur les élèves qui veulent s'orienter en médecine pour les études supérieures : " Limite, c'est le bagne, vu comment le lycée nous le décrit. On nous le déconseille quasiment, on nous met dans un cercle où on nous dit que ce sera compliqué "

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Entre le Bac, le permis, je pense qu'il y a beaucoup de choses qui s'enchaînent. Entre nous, on en parle, il y a le stress du post-bac, de se dire que si on y arrive pas, on ne fera pas forcément ce qu'on veut. Cette période est assez angoissante. D'autant qu'il y a le nouveau système d'admission post-bac ( Parcoursup ). Après, je trouve que c'est rassurant de ne pas être seule dans ces moments-là (en parlant de sa famille) sur les décisions à prendre au bac et au post-bac. On prend peu à peu notre indépendance et le fait que nos parents nous soutiennent , acceptent nos choix , c'est important 

Estelle, lycéenne, 17 ans, Paris : " Etre jeune, ça ne veut pas dire être passif "

Même avant d'être adulte, on peut tenter de changer les choses. Cette franco-polonaise a décidé de se lancer dans la politique après avoir vu l’extrême droite prendre plus de place dans son second pays de cœur, la Pologne. Il y a deux ans, elle décide de prendre les choses en main et après un reportage à la télévision, la lycéenne s'inscrit chez les jeunes avec Macron. Sa grande frustration est de ne pas avoir eu 18 ans en 2017 pour voter aux élections présidentielles. Du coup, elle a distribué des tracts pour soutenir son candidat. Aujourd'hui, de nombreux jeunes ne croient plus vraiment en la politique, mais Estelle pense que l'on peut encore changer les choses grâce à des actions comme la sienne. 

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C'est vrai que ça peut paraître curieux ( son engagement en politique ) mais quand je me suis engagée, c'était un choix que j'avais fait et que j'avais pris. C'était mûrement réfléchi, je ne trouve pas ça compliqué, car j'arrive à concilier mon engagement et ma vie personnelle, ça ne m'empêche pas de sortir en soirée, d'avoir des activés extra-scolaires. Je vois plutôt mon engagement comme une chance de bouger les lignes pour mon pays. Grâce à ce que je fais, je touche à beaucoup de sujets comme le handicap ou les inégalités femme/homme. Avec notre jeunesse, on peut apporter quelque chose de supplémentaire.

Mathieu, lycéen, 17 ans, Montreuil, Île-de-France : "Etre militant, ça permet de m'investir, pas forcément en tant que politicien, mais pour rendre la société plus juste et plus égalitaire"

Etre idéaliste quand on est lycéen, c'est possible mais quand on devient adulte c'est plus compliqué. Pourtant, Mathieu compte bien changer les choses, même quand il aura 18 ans en juillet prochain. Il y a un an, il a soutenu la campagne présidentielle de Benoît Hamon avec le Mouvement des jeunes socialistes. Avec les défaites de son parti à la présidentielle et aux législatives, il a quand même eu le droit à quelques remarques de ses camarades : " C'était des blagues après la double défaite du PS. Mais c'est toujours respectueux". Concilier engagement politique et les études ce n'est pas toujours évident 

Parfois, c'est assez "just" dans l'emploi du temps. Même si c'est consacrer seulement une heure par semaine, c'est déjà pas mal parce qu'on apporte petit à petit sa pierre à l'édifice. Typiquement, passer une heure de mon temps à discuter avec des gens de nos idées, ça permet de construire et de bâtir quelque chose. C'est déjà pas mal. Ça permet aussi de montrer que les idées du Parti socialiste sont encore vivantes et qu'on peut faire bouger la société.  

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