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Une pancarte contre le bruit à côté du Carreau du Temple, dans le 3e arrondissement de Paris

"Le prix du silence, c'est m'isoler dans ma caravane à 800 mètres de toute habitation !"

4 min
À retrouver dans l'émission

#leprixdusilence |Le bruit des moteurs en ville, les pas du voisin du dessus, la musique de celui d’à côté… Nous sommes de plus en plus sensibles aux nuisances sonores : pour les 3/4 des Français, l’environnement sonore est désormais un critère essentiel dans le choix de son lieu de vie. Une tendance très récente.

Une pancarte contre le bruit à côté du Carreau du Temple, dans le 3e arrondissement de Paris
Une pancarte contre le bruit à côté du Carreau du Temple, dans le 3e arrondissement de Paris Crédits : Bruno Levesque - IP3 PRESS - Maxppp

Le bruit des soirées qui se prolongent un peu trop, les motos qui passent au pied de l'immeuble, le voisin qui répète son violon ou sa trompette... Les nuisances sonores prennent différentes formes. Mais elles n'ont qu'un effet : elles décuplent l'agressivité. Face au problème, la tendance est à l'isolation; phonique et personnelle. Toutefois, elle a un prix : plusieurs milliers d'euros de rénovation, voire déménager au milieu de nulle part !

"La rumeur de la ville ne désemplit jamais"

Christian Hugonnet est ingénieur acousticien, et président de la Semaine du Son, qui débute lundi 23 janvier. Il arpente les rues de Paris avec son sonomètre. "Il reste figé sur une ligne continue, autour de 75 décibels. Un continuum qui ne varie presque jamais. La rumeur de la ville, faite du bruit des moteurs et des ventilations, ne désemplit pas. C’est ce qui est très fatigant en ville, nous sommes exposés en permanence à un bruit d’une hauteur d’environ 75 décibels, alors que la limite supportable est plutôt autour de 65 décibels. »

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Le bruit continu et à un niveau trop élevé épuise les gens. Il les oblige aussi à élever la voix pour parler, ce qui les rend plus agressifs." Christian Hugonnet, ingénieur acousticien.

"J'aime le silence. Mais mes voisins n'en ont rien à foutre."

Depuis 10 ans, Hélène Odier vit au 6ème étage d'un immeuble hausmannien du 11ème arondissement de Paris. Moins que les bruits du dehors, c'est ceux des voisins qui la dérangent le plus. "Les cloisons entre les appartements, c'est du papier à cigarette. Et mes voisins ont leur télé et leur sono le long de ce mur. Malgré mes démarches pour obtenir le calme, ils refusent de changer leur comportement." Police, médiateur municipal, rien n'y a fait.

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"J'ai tenté d'isoler mon appartement. Mais cela coûte cher, et surtout, c'est à celui qui fait du bruit d'isoler son logement. Mon dernier recours pour trouver le calme : ma caravane, dans un coin paumé de France, sans eau, sans électricité et sans téléphone." Hélène Odier, habitante du 11ème arrondissement de Paris.

"La tendance est à la recherche du calme"

« Vouloir se prémunir contre le bruit est une préoccupation récente », explique Elizabeth Leriche. Elle est tendanceur : c’est elle qui a aidé le salon Maison et Objet, qui s’ouvre ce vendredi, à concevoir une thématique autour du silence. « Il y a une prise de conscience actuellement, que tout va tellement vite dans la vie, dans la journée, le travail, les transports, tout se fait dans le bruit. Le soir, les gens veulent pouvoir être au calme, chez eux. Ce goût pour le silence accompagne d’autre tendances : se déconnecter, la méditation…"

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"Il y a une prise de conscience générale de la nécessité de se retrouver dans le calme, après une journée fatigante, pour pouvoir réfléchir ou penser à autre chose qu'à la vie quotidienne. Le silence ça n'est pas que l'absence de bruit. C'est aussi la déconnexion." Élizabeth Leriche, tendanceur design.

"Le silence est devenu une expérience originale"

Pierre-Emmanuel Vandeputte est un designer belge dont l'atelier se trouve à Bruxelles. Lors du salon Maison&Objet il expose deux pièces qu'il a créées sur la thématique du silence. "Le silence est parfois devenu une expérience inconnue des gens. Il y a toujours un bruit dans leur environnement qui les empêche de se retrouver absolument seuls avec eux-mêmes. Mes pièces permettent de trouver cette expérience d'isolement complet."

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Le silence est redevenu une expérience originale à laquelle les gens ne sont plus habitués. Mes deux objets permettent de se retrouver seul avec soi-même et pour beaucoup de monde c'est presque une expérience nouvelle." Pierre-Emmanuel Vandeputte, designer.

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